Ce roman se présente comme un récit de décomposition psychologique d’un fonctionnaire dont la vie se trouble de plus en plus, et de plus en plus à partir du moment où un double de lui-même, de chair et de sang, apparaît.
Dans ce monde, on navigue confusément entre un narrateur accusé de fautes jamais réellement claires – et jamais résolues –, et entre un monde qu’on soupçonne d’être compliqué à l’absurde mais sans vraiment en être certain puisqu’on soupçonne aussi le narrateur de n’être pas fiable, ou du moins très orienté du côté du personnage principal.
Si la fin est grandiose, ce qui m’a gênée c’est le style et le personnage principal. Le style, certes adapté à l’énergie du personnage, est comme souvent chez Dostoïevski (en tous cas dans les traductions d’André Markowicz) assez oral – ce que j’aime dans pleins de ses romans – qui transpire avec ce rythme qui répond au souffle saccadé de “notre héros”. J’avoue que ça m’a un peu agacé parfois tout de même, de même que l’incapacité de communiquer entre les personnages. Le héros est en détresse mais semble un peu idiot également… Mais au moins ça montre l’incommunicabilité dans les relations sociales, ce que j’aime mais ce n’était pas ce qui me fallait à ce moment-là (fautes partagées!).
En somme, le roman est plus intéressant à étudier qu’à lire : non-dits, questions sur la vérité dans un monde absurde préfigurant Kafka, l'incapacité de communiquer avec ses semblables, etc. Finalement, il m’a manqué l’attrait de la compassion que j’avais pour l’homme du Sous-sol et sa complexité. Donc pas un mauvais livre, loin de là, mais je trouve que Dostoïevski a fait mieux dans des récits semblables.