En ce 9 février 2025, j’étais fiévreux. Pour passer le temps, je me suis laissé tenter par cette nouvelle.
Si l’on connaît un peu la vie – et la mort – de Stefan Zweig, ce n’est pas une surprise que le livre aborde le nazisme de manière très pessimiste. Zweig dépeint avec une grande acuité l’oppression et la déshumanisation infligées par ce régime.
Les thèmes de l’isolement et de la résistance mentale sont au cœur du récit. Dr. B., le personnage principal, utilise les échecs comme échappatoire à la torture psychologique, démontrant comment l’esprit humain peut se protéger face à l’horreur.
En tant que joueur assidu d’échecs, j’ai toutefois trouvé dommage que l’œuvre perpétue le cliché du joueur d’échecs fou. La différence entre les joueurs dilettantes et les joueurs professionnels – en l’occurrence Mirko Czentovic et Dr. B. – est très marquée par Zweig. On a l’impression que, dès lors que l’on excelle dans un jeu mental, nous perdons nécessairement d’autres capacités. Cette dichotomie me semble réductrice et ne reflète pas la complexité des joueurs d’échecs dans la réalité, comme les champions du monde actuel le démontrent.