Fort du succès du premier tome, Bernard Werber publie cette suite à Les Fourmis seulement un an après.
On y retrouve la même construction tripartite : le récit du côté des humains, celui des fourmis et, en contrepoint, les extraits de l’« Encyclopédie du savoir relatif et absolu », qui servent de passerelles entre les deux mondes.
Cette structure, comme dans le premier tome montre ici ses limites : l’alternance entraîne parfois une baisse de rythme et quelques longueurs.
Mais l’enjeu dépasse la simple observation du monde des fourmis : Werber en fait une vaste métaphore de l’humanité, multipliant les parallèles avec la religion (inquisition, croisades, rituels funéraires, utopies sociales), et donnant au récit une portée allégorique.
L’arrière-plan mystique est renforcé par les extraits encyclopédiques, qui oscillent entre aphorismes philosophiques (« vis le présent », « accepte-toi tel que tu es ») et petites curiosités érudites sur l’histoire ou l’origine des mots. Parfois éclairants, parfois un peu convenus.
On assiste ainsi à une véritable synchronisation entre les deux univers, miroir permanent entre société humaine et société fourmi.
Le roman reste un divertissement solide, riche en idées, mais moins percutant que le premier. Il esquisse néanmoins une réflexion sur notre propre avenir collectif et, peut-être, inspira plus tard d’autres récits de science-fiction, comme ceux de Liu Cixin (Les fourmis et les dinosaures).