Je vous embête encore, pour une femme qui a le don, ou avait le don, d'en énerver certains. C'est avec son roman des années 70 Le lit défait que Sagan m’a intriguée.
Une romancière très talentueuse, gracile, agile, intelligente et raffinée, mais plus que tout "féroce" comme ses personnages féminins. Je parlerais rapidement du personnage de metteur en scène Jolyet (vieux sage malicieux et mourant), qui est comme la cerise sur le gâteau de cet opus signé Sagan, évidemment. Une histoire d'amour donc, entre Édouard, jeune écrivain de pièces de théâtre, et Béatrice, jeune actrice déjà maintes fois adorée et courtisée. Sagan a retenu les leçons de ses lectures de Proust et de ses "prisonnière" et "disparue" ; le roman psychologique à son paroxysme sans jamais faire tâche ou attendre, j'aime énormément son idéologie dépourvue d'idéologie, son détachement, sa grâce, bref son panache à nous parler du futile, de l'amour/passion et du désagréable, parfois de l'agréable pour sûr… son don de déplaire justement.
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