Imaginez vous à Paris en 1819, 5ème arrondissement, rue Neuve Sainte-Geneviève.
Vous faites face à la discrète porte cochère d'une modeste pension qui, sur les 3 étages dont elle est composée, abrite tous les archétypes de la vie française post impériale si chers à Balzac : un étudiant petit bourgeois de province monté à Paris pour ses études. Une vieille acariâtre, autant avare de ses sous qu'elle est prodigue de son fiel. Une jeune vierge, aussi pure que peut l’être une pure Parisienne née dans la roture. Un aventurier, parfois philosophe, parfois farceur, toujours roublard et enfin un vieil homme, qu'on appelait Monsieur et qu'on insulte désormais Père, et dont l'ancienne vie fastueuse est insoupçonnée de tous.
Dans ce livre vous trouverez aussi, pas si loin de cet établissement, parfois même sur la même rive, des personnages aux destinées plus favorables mais aux morales toutes aussi questionnables. Des parvenus, des perfides, des experts de la phrase à double sens et du compliment assassin…
Toute une galerie de personnages qui vont graviter autour d’Eugène de Rastignac, jeune méridional fraîchement arrivé à Paris, qui a l’ardeur d'un soleil d'août qui cherche une fleur à faire éclore.
Face à un désir viscéral de se faire voir, connaître, et surtout, parvenir, le jeune Rastignac va être balloté de salons en bouges, de viles tentations en potentielles actions de grâce et tout cela, dans le vaste océan de la scène parisienne. Tel Ulysse durant son Odyssée, il aura la chance d'être accompagné par la Providence : tantôt sous les traits d'un forçat, tantôt sous les traits d'un vermicellier, et il prendra tous les risques pour arriver à ses fins : conquérir Paris.
Ce livre, c’est une plongée dans le Paris sous la Restauration, des portraits finement brossés et surtout un roman d’apprentissage de l’un des plus emblématiques personnages de Balzac.