6
57 critiques
Poids plume
Lecture terminée avec un sentiment mitigé. Amoureuse de la neige, de sa beauté fantasmée, l'emprisonnement de ces deux hommes m'est d'abord apparu comme un ravissement. Pourtant pas si simple de se...
le 10 mai 2019
Le poids de la neige est le premier roman qui - il y a presque huit ans - m'a ramenée à la lecture en me faisant découvrir la littérature québécoise. Je porte donc une affection toute particulière à l'égard de ce texte, que j'avais alors lu sans savoir qu'il constituait le deuxième tome d'une trilogie. De fait, l'ouvrage de Christian Guay-Poliquin s'aborde très bien sans préambule. Il passe également avec brio le test de la relecture - cette fois après en avoir dévoré le premier tome (voir ma critique ici).
Publié en 2016, Le poids de la neige s'inscrit pleinement dans ce mouvement littéraire québécois contemporain que Benoît Mélançon appelle "École de la tchén’ssâ" (comprendre chainsaw, la tronçonneuse), ou encore dans la "ruralité trash" de Mathieu Arsenault. L'univers, principalement masculin (on ne compte que très peu de personnages féminins, tous secondaires) est empreint de fragilité alors que le narrateur a les deux jambes brisées dans un accident de voiture, tandis qu'une coupure d'électricité majeure paralyse le pays et rend la survie incertaine en région. Ainsi privée de technologies (soin, communication, transport, approvisionnement...), c'est une ruralité exacerbée et quasi-fantasmée que le texte donne à lire. La forêt y est omniprésente, le narrateur logeant en retrait d'une ville qui n'a plus grand chose du centre urbain. L'apocalypse se déroule sans fracas ni zombies, dans le calme terrifiant de la neige qui s'accumule et ne fondra pas avant la fin de l'hiver...
Outre les très belles descriptions de la nature et de son évolution au gré des nuances météorologiques, Le poids de la neige est porté par une écriture sobre et délicate, à la fois réaliste et poétique. Toutefois, le texte est loin d'être contemplatif, et les actions ne manquent pas dans ce huis clos avec l'hiver. Si la trame narrative peut apparaître convenue de prime abord, le déroulement classique d'une histoire où l'homme ressort vainqueur face à l'adversité semble mis à mal au fur et à mesure que la nature investit le récit. Ainsi, loin de toute nostalgie passéiste, Guay-Poliquin dévoile progressivement la faillibilité inscrite au creux de nos de vies, mais propose du même coup un véritable manuel de survie - notamment quant à la nécessité de faire société.
Un texte qui aura probablement sa place dans les manuels scolaires québécois d'ici peu - quand on enseignera la littérature des années 2010. Dommage que la place des femmes soit si marginale et stéréotypée.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Index de Littérature Québécoise, L'Hiver et sa Neige dans la Littérature Québécoise, Des livres (québécois) qui parlent de livres, Les meilleurs livres qui parlent de nourriture et Les meilleurs romans dystopiques
Créée
le 8 mars 2026
Modifiée
le 13 mars 2026
Critique lue 10 fois
6
57 critiques
Lecture terminée avec un sentiment mitigé. Amoureuse de la neige, de sa beauté fantasmée, l'emprisonnement de ces deux hommes m'est d'abord apparu comme un ravissement. Pourtant pas si simple de se...
le 10 mai 2019
7
667 critiques
Comme en écho au petit bouquin de l'espagnol Santiago Pajares (Imaginer la pluie dans un désert), voici presque l'exact opposé avec Le poids de la neige du québécois Christian Guay-Poliquin. Toujours...
le 16 mars 2019
8
863 critiques
Ca se passe au Québec, en hiver ; Ce livre décrit les relations entre Matthias, vieil homme qui vit dans une maison à l'écart d'un village, et un homme qui est blessé suite à un accident de voiture...
le 22 août 2018
4
50 critiques
Ouvrage lu en version originale.On m'avait parlé de bell hooks comme étant une grande penseuse féministe, et c'est donc avec cette idée en tête que je me suis plongée dans la lecture de Communion. Je...
le 6 mars 2026
6
50 critiques
Ouvrage écouté dans sa version sonorisée proposée gratuitement en ligne par Radio Canada.Banlieue de Toronto, de nos jours. Un cadavre est déterré lors de la rénovation d'une piscine. Frank, vieux...
le 21 févr. 2026
3
50 critiques
Quand le monde dort est un essai de la juriste et rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés Francesca Albanese. Toutefois, il ne s'agit ni d'un...
le 7 févr. 2026
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème