Comme j'en ignorais tout à fait le sujet, il est amusant que je me mette à lire les Indes noires juste après avoir vu une adaptation de Germinal.
Parce que c'est ça les Indes noires : les mines de charbon du Royaum-Uni, ici en Ecosse.
Mais le regard de Jules Verne n'est pas celui de Zola. Loin s'en faut.
Ici les mineurs sont satisfaits de leur sort, au point qu'ils en redemandent, jusqu'à vivre sous terre s'ils trouvent une caverne assez grande. Chez Jules Verne, il n'y a de grève qu'en bordure de mer.
Et qui sait, nous dit Jules Verne, si dans le futur les ouvriers ne vivront pas sous terre, où le peu de variation de température et l'absence de précipitation rend l'existence saine?
Oui, qui sait? Voilà donc l'origine des morlocks.
Les Indes noires se présente comme un roman gothique. Dans le genre Jules Verne a également écrit Le château des Carpathes. Ce ne sont pas ses romans les plus aboutis. Peut-être que, s'il en a le style emphatique, la vision de Verne, éternel enfant dans ses récits, ne se marie que peu avec un tel style.
Ou peut-être qu'il n'était tout simplement pas très inspiré.
Parce qu'il manque quelque chose, dans cette histoire. L'antagonisme n'y est qu'une menace indiscernable, et finalement ce qui intéresse Jules Verne, c'est la description de cette ville poussant sous Terre.
Et l'Ecosse bien sûr, comme en témoignent ces nombreux lieux scrupuleusement nommés et décrits, et ces constantes références à Walter Scott.
Mais si tout ça ne va pas chercher très loin, il y a tout de même un plaisir certain dans le style de l'auteur, si plein d'enthousiasme qu'on aurait bien du mal à ne pas en ressentir à notre tour.