Un véritable coup de cœur que ce roman sans prétention !
Roman épistolaire, ce texte se situe dans les années 1880, en Bretagne, où est venu se retirer un jeune artiste hésitant entre peinture et photographie, belge d'origine, résolument en rupture avec sa bourgeoise de famille (les Boch de Villeroy et Boch), et qui va dès lors rencontrer et côtoyer ses contemporains (Gauguin pour le plus connu). Sa correspondance avec sa cousine et un ami des Beaux Arts, artistes eux aussi, est l'occasion de très belles pages sur l'Art en général, sur la création, la créativité, mais aussi la solitude, la réalisation de soi, la modernité, la société en devenir (la place des femmes, des artistes, l'Exposition Universelle).
Ce qui m'a un peu déroutée, c'est le fait de mêler personnages fictifs (Hugo Boch, l'écrivant principal notamment) et réels (Gauguin, Anna Boch sa cousine...), mais au final cela s'avère nécessaire et permet d'éviter de tomber dans la biographie romancée. C'est très bien écrit, on voudrait relever tout un tas de petites phrases très jolies sur l'art, la vie, l'amitié... Très sobre, mais tout de même assez long, ce roman est aussi une invitation à se plonger dans les mouvements picturaux de cette époque (impressionnisme, Nabis, émergence de la photographie). Et finalement il est plaisant de croiser des noms connus et d'aller (re)voir leurs tableaux sur Internet !
Une belle écriture pour parachever le tout, et on se retrouve avec un roman épistolaire historico-fictif d'une grande qualité et très plaisant.