9ème tome des Rougon-Macquart, on retrouve ici Anna la fille déjà très dévergondée de Gervaise, la blanchisseuse de l’Assommoir. Son plan semble avoir réussi, après avoir pas mal galéré de bordel en bordel, elle fréquente enfin les hommes les plus fortunés de Paris, se fait un nom, et croque à pleine dents la fortune de ses amants.
Tel un parasite tueur, elle doit régulièrement changer d'hôte, des qu'elle a ruiné un homme elle en retrouve un, voir deux ou trois. On a donc autour d'elle une cour énorme, que l'on découvre très rapidement, d'où beaucoup de noms et personnages à retenir dès le début. Et mis à part certains personnages forts (ou très faibles), on a parfois un peu de mal à s'y retrouver dans tous ces gogos.
Nana traverse donc la vie de ces messieurs, brûlant tout sur son passage, fortune, mariages, alliances, carrières, de plus en plus vite. Son besoin est tel que lorsqu'elle se retrouve en panne de combustible, le feu se retourne sur elle.
Le récit est flamboyant, mais terriblement vain, tant l'existence de cette cocote est inutile et la vie de ses conquêtes vides. Ces gens sans buts ni réels désirs lui tournent autour, pensant peut-être trouver dans ses bras une certaine félicité. Mais Nana n'est pas là pour faire le bien, elle ne sait pas ce que c'est, elle n'est même pas capable de le faire pour elle-même.
Nana est un livre vaudeville, très coquin, qui me laissera un peu le même souvenir que son heroine : aussi flamboyant que superficiel, on l'aura vite oublié une fois passé à autre chose. Mais sans aucune raison valable (si ce n'est encore une fois pour le portrait d'une époque), on est quand même un peu fasciné.