Rhinocéros
7.2
Rhinocéros

livre de Eugène Ionesco (1959)

Rhinocéros :

Ça se lit bien, ça coule, mais ça manque de folie. La folie est importante dans l'absurde. J'aurais voulu rire un peu ou, au moins, être surpris, dérouté. Là, c'est assez linéaire et on comprend vite le manège. C'est trop terre à terre, démonstratif ? Pourquoi les gens qui aperçoivent le premier rhinocéros toussent-ils ? Parce qu'ils sont atteints, parce que le phénomène les fascinent. Dès le début, on entrevoit la fin. Ionesco répète, insiste et on comprend. Y'a aussi des bouts plus ou moins chiants comme l'explication du syllogisme par le logicien. On voit les failles tout le temps, on sait quand ça tourne.

Après, Le fond est sympathique : monté du totalitarisme, de l'uniformisation de la pensée, des gestes et virgule sur le racisme (pas très subtile, mais bon). Déshumanisation, aussi, évidemment. C'est fait assez grossièrement, mais on peut pas en vouloir à Ionesco de changer de cap brutalement : c'est l'absurde, quand même. Sinon, l'intérêt de Bérenger m'échappe (quel platitude molle que celui-là).

Enfin, je crois que cette pièce est définitivement plus intéressante quand on la voit. C'est un texte riche, mais trop carré et sans surprise ; son essence brûle et fume sûrement mieux dans une représentation, quand on a autre chose que du noir et blanc devant les yeux. Mais je dis ça avec réserve : les acteurs mauvais et les mises en scène ennuyeuses, ça existe. Toujours est-il que l'autoportrait de Man Ray en couverture est cool.
Megillah
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Odéon court vers le jardin.

Créée

le 19 oct. 2010

Critique lue 3.2K fois

Megillah

Écrit par

Critique lue 3.2K fois

16

D'autres avis sur Rhinocéros

Rhinocéros

Rhinocéros

10

Angie_Eklespri

le 14 août 2015

Suivre

Je ne capitule pas.

    L’homme n’a pas encore atteint le stade ultime de son évolution. Le stade final, c’est le rhinocéros. Voilà un des nombreux bouquins qui avait mauvaise réputation quand on...

Rhinocéros

Rhinocéros

6

Megillah

le 19 oct. 2010

Suivre

Brrr...

Rhinocéros : Ça se lit bien, ça coule, mais ça manque de folie. La folie est importante dans l'absurde. J'aurais voulu rire un peu ou, au moins, être surpris, dérouté. Là, c'est assez linéaire et on...

Rhinocéros

Rhinocéros

9

Eggdoll

le 18 juil. 2011

Suivre

Tous les chats ont quatre pattes - un chien a quatre pattes - donc un chien est un chat, et vice-...

... versa. J'ai trop kiffé sa mère, tmtc. Non, mais sérieusement hein ! Plus que La Leçon et La Cantatrice chauve. C'est drôle, prenant, absurde, les faux syllogismes sont fascinants, le processus de...

Du même critique

Soleil vert

Soleil vert

3

Megillah

le 14 oct. 2010

Suivre

Comment déguster un ragoût de boeuf gorgé de whisky avec un excès de sourire pour plus tard traiter

Je voulais voir ce film-là depuis un bout et là, j'avoue que je m'attendais pas à ce que ça ait l'air aussi bâclé. On est en 2022. On nous montre une ville de New-York débordant de ses 40 millions...

Rhinocéros

Rhinocéros

6

Megillah

le 19 oct. 2010

Suivre

Brrr...

Rhinocéros : Ça se lit bien, ça coule, mais ça manque de folie. La folie est importante dans l'absurde. J'aurais voulu rire un peu ou, au moins, être surpris, dérouté. Là, c'est assez linéaire et on...

Dracula

Dracula

6

Megillah

le 21 déc. 2010

Suivre

Poor, poor dear Madam Mina's poor dear suffering fellow of a husband Jonathan Harker.

L'influence du Dracula de Stoker sur le mythe des vampires est évidente puisqu'il a cristallisé une vision des suceurs de sang qu'on a à peu près toujours 113 ans plus tard (moins le côté...