Il m’a, semblé après la fin de la lecture du roman, que Gogol s’est entièrement projeté dans l’histoire, au point de ne pas résister à la tentation d’y insérer son nom, se qualifiant au passage de superbe. Pourquoi pas ? Après tout c’est son roman, il en fait ce qu’il veut. Surtout que le personnage principal est une machine de guerre sur pattes. Tout le monde a un jour voulu être dans la peau d’un preux chevalier qui n’a peur de rien, réduisant tout ce qui se trouve dans son passage à l’état du non-être.
Lire un auteur aussi investi a ses avantages pour le lecteur, puisque ses pensées deviennent transparentes et faciles à saisir. En somme, Gogol exprime une sorte de nationalisme exacerbé, doublé d’un trop-plein de religion, mettant le mieux possible en avant le courage et la bravoure de ses héros dans de très belles descriptions de batailles, ne manquant pas bien sûr de les humaniser avant qu’ils ne rendent majestueusement l’âme. Les sentiments, ça compte.
On a en tout cas là, une sorte de Brave Heart sans Mel Gibson, pas désagréable à lire, mais qui met trop l’accent sur le pathos à mon gout, rendant toute réflexion critique presque impossible.
Je rappelle que, dans le roman, la guerre qui a eu raison des cosaques a été déclenchée par eux. Mais bon, on me dira que ce n’est pas le moment de chipoter…