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le 7 août 2025
SuivreLovecraft modernisé
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Pourquoi les scènes liées à l'eau font-elles toujours de si bonnes scènes horrifiques ?
Est-ce que Lovecraft a régné en maître sur nos peurs primaires, avec ses nombreuses créations étroitement liées à l'univers aquatique? Ou est-ce que Lovecraft avait saisi l'essence même des mystères marins, suffisamment hermétiques pour nourrir son imagination entre l'effroi et la fascination?
Dans les films, les scènes aquatiques sont souvent très marquantes : que ce soit dans les salles de bain, les piscines, dans la mer, les lacs, les rivières ou même sous une pluie battante lorsqu'un petit garçon poursuit son bateau en papier qui dérive avec le courant jusqu'à la bouche d'égout…
Chimiquement, nous croyons la comprendre ; scientifiquement, nous tentons de la dompter. Pourtant, l'eau reste maîtresse des lieux. Elle nous hydrate, nous purifie, mais elle nous dévore aussi, nous submerge, nous ensorcelle. Elle est la vague qui emportent nos enfants au fond de la mer et des étangs, elle est les pluies qui inondent nos demeures, les tsunamis qui nous ravagent.
L'eau c'est aussi la vie. Un des très rares éléments qui, à son état solide, ne coule pas dans son liquide. Ce simple détail qui pourrait paraître anodin, est absolument essentiel, car sans cet aspect qui lui confère cette particularité que la grande majorité des éléments chimiques ne possèdent pas, sans cette particularité, la vie n'aurait jamais pu émerger sur Terre.
Si elle est le symbole du baptême qui nous garde une place auprès des yeux de Dieu, elle est également le symbole qui mène à l'Enfer, à travers Le Styx. Le Styx n'est pas seulement un passage entre deux mondes : il est une frontière, une limite que seuls les morts peuvent traverser. Dans ce reflet inversé du baptême, l'eau cesse d'être régénératrice pour devenir l'incarnation même de la fatalité, scellant le destin des condamnées.
Et comme elle nous fascine autant qu'elle nous fait peur, nous pouvons aisément y trouver des explications pour justifier nos angoisses : des monstres marins, des créatures horrifiques ou merveilleuses, réalistes ou imaginaires…
Il était une fois, des hommes qui avaient perdu leurs épouses.
Le deuil les engloutissait, et ils se mirent à pêcher pour éviter de se noyer.
Mais les eaux profondes avaient un dessein pour ces hommes.
Il y avait des rivières, des mers et des étangs, il y avait de la pluie.
Mais surtout, il y avait des créatures marines, bien décidées à fonder un pacte.
Il y avait des leurres pour pêcher mais celui qui croyait pêcher était peut-être aussi le poisson.
***
La pêche, loin d'être une simple activité de loisir, devient pour ces hommes un moyen de se raccrocher à la vie, de tenter de sortir de leur spirale de douleur et de solitude. Et pour The Fisherman, cette quête de réconfort va passer par la pêche d'un gros gros poisson mais pas celui de Moby Dick…
Si la référence à Lovecraft ne fait aucun doute, j'ai pensé parfois au Hollandais Volant. Ce vaisseau fantôme condamné à errer sans fin sur les océans. Là où l'eau est source de vie, il devient son contraire : une éternité sans repos dans les brumes marines. Dans The Fisherman, les hommes sont entre la terre ferme et la dérive. Reste à savoir quel genre de poisson, ils veulent ramener.
J'ai beaucoup aimé ce roman, je me suis sentie immergée jusqu'au cou. Je me suis noyée dans cet univers de tristesse et d'effroi, dans ses descriptions de créatures horribles et inimaginables. Ce n'est pas seulement un roman d'horreur avec des monstres, c'est un roman sur le deuil.
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Créée
le 20 oct. 2025
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9
le 7 août 2025
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