On prend les mêmes et on recommence.
Enfin, pas exactement.
Parce que le premier volume était écrit au vitriol. Ici, il semblerait qu'on ait plutôt utilisé l'encre sympathique.
Non pas que tout ça soit transparent.
Mais de manière surprenante, ce deuxième volume est moins acerbe.
Vernon est toujours à la rue, mais ça va, il le prend bien. Sauf que y a un groupe de tarés qui le cherche, personne sait trop pourquoi, les tarés en question non plus.
Ah oui, le prétexte des cassettes.
Mais il ne fonctionne pas pour tout le monde, ce prétexte.
La vérité, c'est que Vernon Subutexvolume 1 présentait des personnages paumés, et qu'ils sentent qu'il y a autour du type Vernon moyen de se rassembler, genre en marge de la société.
Alors allons-y. Et tant pis pour les apparences. Et tant pis aussi si le Vernon, il sent pas la rose, au moins il sait programmer de la zik.
Ce tome 2 est toujours le roman d'une génération, au point que, plus tard, des références paraîtront sans doute obscures au lecteur du futur, qui aura besoin de notes en fin de volume pour faire le point.
C'est aussi le roman de la recherche d'une harmonie, ou comment vivre en étant soi même. C'est ce que trouvent les personnages auprès de Vernon. Une parenthèse dans une vie qu'est pas rose tous les jours. Ce serait même plutôt l'inverse.
La plume de Despentes, en revanche, ne s'assagit pas tant. Un peu plus calme peut-être, mais en colère toujours. Cela pourra rebuter ceux qui pensent y voir de la vulgarité gratuite. Ils pourront aller relire Rabelais tranquillement.
Et pourtant, il y a même des pages émouvantes.
Si, je vous assure.
Et de la complexité aussi. Parce que les personnages sont... des personnages. Ils ont leurs défauts, c'est rien de le dire. Mais ils ont aussi leurs qualités. On les déteste, pour certains, mais on les aime bien quand même.
Comme quoi, des fois, le premier roman se suffit à lui-même, mais une suite, c'est bien quand même.