Peaky Blinders : Gangsta’s Paradise ou l’Anti-Downton Abbey

Avis sur Peaky Blinders

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Les Peaky Blinders étaient un groupe de malfrats du début du XXe siècle sévissant dans les quartiers pauvres de Birmingham. Ils doivent leur surnom à leur botte secrète : des lames de rasoirs cachées dans leurs casquettes dont ils se servaient pour aveugler leurs opposants/victimes. Dans la série, nous suivons le quotidien de la famille Shelby, dirigée par le très ambitieux et dangereux Thomas (Cilian Murphy) bien décidé à hisser sa famille parmi le top rank des mafieux anglais. On y voit donc Thomas et ses frères mettre en place leurs petites combines tranquillou-bilou jusqu’à l’arrivée d’un nouveau sheriff chef de la police en ville. Celui-ci (Sam Neil) a été dépêché par Churchill Him-self pour remettre de l’ordre en ville mais aussi pour mettre la main sur une cargaison d’armes volées. Notre super-flic est bien décidé à mener à bien sa mission quelques en soient les moyens….

Comme le suggère assez subtilement le titre de cet article, Peaky Blinders est l’exact inverse de ce cher Downton Abbey même s’il surfe allègrement également sur l’engouement du public pour les drames historiques.

La période représentée est la même : l’Angleterre du tout début des années 1920 et l’on y retrouve, contexte oblige, des problématiques similaires comme la retour des hommes de la Guerre, la diffusion du Communisme et du concept de lutte des classes, la place de la femme dans la société…

Sans aller jusqu’à dire que les deux séries se complètent, elles offrent deux visages de la société anglaise du début du XXe siècle : l’un corseté, feutré et confiné dans des intérieurs luxueux, bloqué par des traditions ancestrales, l’autre violent, sale, déterminé à progresser et à exister.

Les résonances s’arrêtant là.

DA est un drame riche, beau, bien interprété mais reste fondamentalement un soap. Peaky Blinders a, lui, d’autres ambitions narratives comme artistiques. On est d’ailleurs plus proche de The Knick dans l’esprit.

En effet, loin d’être un prétexte la trame historique est en fait source d’une véritable réflexion sur les conditions de vie des habitants des villes et des quartiers ouvriers, sur les luttes d’influences et la reconstruction morale et psychologique de l’après-guerre. La question féminine y est très souvent abordée et de façon juste : quelle place avoir après la guerre etc… Problématiques magnifiquement incarnées par des actrices fortes comme Helen McCrory. On a également un aperçu très intéressant sur la vie des Anglais de la lower class mais pas façon Oliver Twist plutôt façon réaliste sans misérabilisme.La narration y est donc très riche et s’appuie sur différents ressorts comme ceux du thriller, du film de mafia (impossible de ne pas penser à Gangs of NY) mais aussi de la tragédie classique. L’ensemble est loin d’être artificiel car très cohérent et réaliste.

Les acteurs sont particulièrement bons et beaux ou du moins très charismatiques. (ce sont des vraies gueules cabossées parfaites à l’emploi.)

Il faut dire qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens alloués au casting, la plupart viennent du cinéma. On retrouve donc un Sam Neil (maaais si l’aventurier de Jurassic Parc !), un Tom Hardy méconnaissable et bluffant, et least but not last :Tommy Shelby, le héros principal, est incarné par Cilian Murphy. A la base j’étais méga sceptique sur ce choix d’acteur car je le trouvais assez fadasse.

J’ai depuis changé d’avis. Il est juste parfait. Voilà. Il dégage la puissance animale, carnassière et dangereuse nécessaire à ce rôle. Il est aussi terriblement sexy même avec sa coupe de cheveux de glandu.

Après, ils sont vraiment bien aidés par des dialogues soignés, percutants et très sassy. (J’ai ri plusieurs fois sisisi). C’est là qu’on sent la touche un peu des mafia movies : des catch phrases dites l’air de rien (“already broken” tmtc) mais très justement drôles ou marquantes. Par ailleurs, un vrai sens du détail est apporté jusque dans le phrasé et leur accent : on sent vraiment les différences entre niveaux sociaux.

De plus, la réalisation est vraiment soignée : la photographie est sublime et sublime des lieux que l’on pourrait considérer comme laids (usines, docks…) grâce à l’usage de rouges chauds, de dorés… même le fog est beau et participe à une ambiance mystérieuse. La plus belle scène étant sans doute l’arrivée de Grace sous une pluie de cendres et dont l’habit vert n’est que symbolisme à la fois espoir, Irlande et zizanie. Autre élément que j’apprécie vraiment même si cela devient de moins en moins original : la bande son anachronique. Ici pas de musique électro mais les sons de Nick Cave (mon dieu ce générique) et des White Stripes. ça dépote et souligne particulièrement bien l’action !

Conclusion : Je n’étais absolument pas décidée à me lancer dans l’aventure Peaky Blinders, cette histoire de mafieux me laissaient assez de marbre j’dois dire.. Mais. Pierre Langlais (mon critique chouchou et qui travaille en plus pour Télérama.) a dit que c’était cool. Et si Pierre a dit que c’était cool ben… je me dois de suivre ses préceptes. Ainsi a débuté mon histoire avec PB.

Hé bé je regrette pas quoi..

C’est super bien joué, c’est efficace, c’est beau, y a les White Stripes dedans, de l’accent du nord de l’Angleterre. (Bon c’est parfois un poil violent…)

Je kiffe.

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