Snoop : "C'est pas une question de mérite man, c'est juste son heure..."

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J'avais vaguement entendu parler de cette série avant de m'inscrire sur le site.

Faut dire que les séries et moi, on n'a pas été potes pendant très longtemps.
Oh je ne parle évidemment pas de mes animés d'enfance que je n'aurais loupés pour rien au monde, ou encore des séries humoristiques autorisant le ratage d'épisode. Sinon c'étaient des séries évènements, genre X-Files et compagnie, que je matais sans réelle passion.
Faut dire aussi qu'à l'époque ça demandait d'être fidèle une bonne série, ce que je n'ai jamais été. Ouais, on pouvait toujours les enregistrer sur VHS ou acheter la collec', mais à quel prix ?
Et puis bon quoi, avant les années 2000, c'était quand même pas la fête côté qualité, à 2-3 exceptions près. Surtout que j'étais passé à côté de Twin Peaks...

En gros, dans ma p'tite tête de tricard, les séries c'était pas pour moi, alors il aura fallu que le déclic se fasse en quatre temps. Cette dernière remarque n'ayant aucun sens...
1 - Doctor House : le côté pas obligé de mater dans l'ordre (même si c'est mieux évidemment) et le ton du personnage principal, intelligent et très particulier, m'a un peu fait changer de regard sur le petit monde de la série télévisée. Une prise de conscience en quelque sorte.
2 - Dexter (auquel The Wire fera un petit clin d'oeil) et le streaming : première claque ! Après avoir maté des redifs de la saison 1 sur l'une des chaînes du groupe tf1, et après avoir loupé une série d'épisodes, le streaming me permit enfin de réaliser mon rêve de liberté ! ^^
3 - Game of Thrones : Un nouveau cap est franchi. Chaque année je trépigne d'impatience dans l'attente de la nouvelle saison. La qualité. Le kiffe.
4 - Senscritique et OCS : avec Senscritique c'est tellement plus pratique d'orienter ses priorités (ça ferait pas un mauvais slogan). Impossible donc de passer outre The Wire, avec sa moyenne démentielle. En plus, grâce au replay OCS (y a tout HBO dedans) auquel je peux désormais accéder régulièrement, j'ai de quoi niquer ma vie sociale (ou du moins ce qu'il en reste !) ad vitam eternam ! :D

Cette intro, qui met trois plombes à nous parler de la série qui nous intéresse, c'est un peu comme sa première saison : une mise en place un peu longue et pas forcément passionnante.
Pas facile de s'y retrouver au début, avec tous ces personnages, son approche intellectuelle et sa relative froideur empêchant de créer d'emblée quelque chose de fort avec eux. Peu de véritables rebondissements durant les 8 premiers épisodes, la toile se tisse certes, et on en apprend de très intéressantes sur le fonctionnement de la police de Baltimore (les écoutes en particulier, cqfd) et des coins de rue de la lointaine banlieue portuaire de Washington, mais il manque un truc...
Le rythme particulièrement lent n'y est évidemment pas étranger. C'est mon ressenti en tout cas.

La saison 2, qui nous vaut un changement de décor salutaire en priorisant les docks du port de Baltimore et son système syndical, amène un petit quelque chose avec ses nouveaux personnages et sa sordide enquête criminelle. Le jeune et paumé Ziggy par exemple, qui m'a un peu saoulé au début, finira par émouvoir quant à sa destinée. La deuxième moitié de cette deuxième saison lancera enfin mon véritable intérêt pour la série - jusque-là je la regardais en attendant mieux, en attendant ce que les moyennes par saison me promettaient à partir de la troisième... Merci donc à SC et à ses membres. :)

Parce que là c'est la claque ! La saison 3. La meilleure selon moi. L'aspect politique prend ses quartiers et permet enfin aux scénaristes de briller par le machiavélisme, la justesse et l'intelligence des situations et des réponses apportées. Tout s'enchevêtre à la perfection, les retournements de situations deviennent plus nombreux et surprenants, les personnalités s'étoffent, et le montage qui a tellement plus de choses à proposer rend l'ensemble plus rythmé, plus nerveux. C'est juste dommage que l'on y perde le personnage le plus charismatique de la série d'après moi, but that's life ! ;)
Oh et puis il y a des petits détails très amusants comme la présence de l'un des personnages les plus sévèrement burnés... accoudé à un bar gay ! :o

La saison 4 intégrant le système éducatif confirme les qualités de ce qu'avait apporté la troisième. Passionnante à plus d'un titre, et pour les mêmes raisons, je n'ai pas eu le temps de parler précédemment du personnage de Colvin, sorte d'expérimentateur idéaliste sur le départ permettant à la série de poser d'excellentes questions sur le plan philosophico-politique, ou inversement.
Big up à lui en tout cas ! Mon perso préféré. (Omar, Snoop et Stringer s'avèrent inoubliables également, mais il y en a tellement...)

Enfin, la saison 5. Celle où McNulty, que l'on avait très peu vu dans la précédente, fera des siennes pour un rendu comico-tragique des plus jubilatoires. Mais c'est le monde du journalisme qui sera ici introduit, avec pas mal de succès vu le nombre limité d'épisodes -seulement 10- et tout ce qu'il y a à raconter autour.
Une très bonne saison encore, même si j'aurais préféré un dénouement plus épique. Un choix logique cependant, puisque la vie, au final, n'est qu'un éternel recommencement...

The Wire c'est donc une grande enquête sur le trafic de drogue agrémentée en parallèle d'une enquête criminelle par saison, grosso modo. Une réalisation de qualité, sobre et réaliste, avec pour seule musique les morceaux écoutés "irl" par ses protagonistes - en dehors d'un morceau unique concluant le dernier épisode des trois dernières saisons. Une mise en place longue et lente mais très certainement nécessaire. Un scénario complexe où tu n'as jamais rien à redire dans le genre "c'est pas crédible ce truc !", même s'il arrive de passer à côté de quelques infos de temps en temps tellement ça va chercher loin et vite. De la violence. Beaucoup de violence. Beaucoup de jurons aussi, de bibine, et même un peu de cul.

David Simon nous propose une série exigeante et sans concession. Le détricotage édifiant et passionnant d'un système américain fracturé en deux ; d'un système individualiste aux habitudes tellement bien ancrées qu'elles sont ancrées dans les habitudes autistiques de chacun.
L'ascenseur social est en panne disait l'autre, celui du pognon lui ne l'est pas.

Pour les plus sceptiques, The Wire reste, au pire, à voir pour tout comprendre des rouages du système et de la rue, gros !

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