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SuivreBonne élévation!
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Vous voulez jouer ?
Alors plongez dans l’enfer à la place de Ji-an.
Le prénom Ji-an évoque la sagesse et la paix. Dans My Mister, Ji-an écoutait pour survivre dans un monde trop dur. Dans A Shop for Killers, une autre Ji-an écoute pour décoder et affronter le danger. L’une et l’autre avancent meurtries mais debout, prêtes à se battre.
Si la construction narrative vous déstabilise, c’est normal. Vous entrez dans un jeu, et vous êtes Ji-an. Comme elle, on ne comprend pas ce qui se passe. Ce choix de mise en scène impose l’immersion : confusion, peur et vulnérabilité deviennent les nôtres. Les flashbacks et les révélations tardives ne servent donc pas seulement à combler les trous de l’intrigue. Ils racontent la méfiance qui habite Ji-an depuis l’enfance, marquée par la mort et la traque, mais aussi l’urgence de reconstituer le puzzle lorsque son foyer devient une cible et que chaque indice transmis par son oncle devient une question de survie.
Le réalisateur nous jette dans le chaos à ses côtés. Impossible de prendre de l’avance : nous subissons, comme elle, la brutalité soudaine, les zones d’ombre et les menaces invisibles. Chercher à tout comprendre d’emblée n’a pas de sens. Il faut accepter de se perdre et d’avancer à tâtons, comme dans un Escape Game où la logique n’apparaît qu’après coup, lorsque les erreurs, les pièges et les indices accumulés révèlent peu à peu le tableau d’ensemble.
C’est précisément ce que j’ai adoré. Difficile d’en dire beaucoup plus sans spoiler et gâcher cette immersion.
Ji-an est jetée dans l’arène sans ménagement, mais son oncle l’a préparée et Pashin, le Thaïlandais, l’a entraînée. C’est à elle de rassembler les codes laissés par Jin-man, comme autant de portes à ouvrir. Coincée dans cette maison, elle avance dans une incertitude totale. Entre la glaciale Min-hye, l’étrange Brother ou son compagnon Jeong-min, à qui faire confiance ? La beauté séduit parfois pour tromper et la sincérité ne se niche pas toujours derrière les visages les plus avenants.
Mais survivre à la maison ne signifie pas nécessairement échapper à ce qui l’a conduite jusque-là. Jin-man ne lui a pas seulement laissé des codes et des armes : il lui a légué les conséquences de ses propres choix et d’un monde dont elle ignorait presque tout. Ji-an peut fuir ou décider d’y faire face. Dans les deux cas, ce monde sait désormais qui elle est.
Ji-an croyait être sortie de l’enfer. Mais l’enfer ne s’est pas déplacé, Ji-an si. Sa méfiance la maintient constamment en éveil. Pour s’autoriser une nouvelle vie, encore faut-il avoir tout nettoyé derrière soi.
La saison 2 peut d’ailleurs dérouter dans ses premiers épisodes. Le huis clos et l’urgence de la première saison ont disparu, le terrain de jeu s’élargit et les enjeux avec lui. Deux organisations de mercenaires s’affrontent, se manipulent et infiltrent le camp adverse dans un jeu de dupes où personne ne semble jamais tout à fait maîtriser la partie. Mais derrière les stratégies, il y a ceux qui en paient le prix. Et la réalité est aussi brutale que glaciale. La fuite du début vient le rappeler à Ji-an. Pour que tout cela cesse, elle ne peut plus seulement se protéger : elle doit agir.
Jin-man, lui, n’abandonne pas Babylon par idéalisme. Il en a longtemps accepté les règles, jusqu’à un acte qui vient fracturer la logique implacable de l’organisation. Et dans cet univers, briser les règles a forcément un prix.
Le scénario est très bien construit et la réalisation totalement maîtrisée. On pourrait chipoter sur quelques facilités, mais elles ne m’ont en rien perturbée. Les scènes d’action sont parfois d’une grande beauté. J’ai encore en mémoire cet affrontement dans l’entrepôt où les balles éclatent le plafond, dessinant un ciel d’étoiles. Les changements de temporalité ne cassent jamais la tension et participent au contraire à ce jeu de pistes.
Parfois, vous êtes comme Ji-an : vous entendez les combats sans les voir. D’autres fois, certains éléments vous échappent. Mais les clés existent, distillées par touches. La série vous demande simplement d’être attentif.
Au « Écoute, Ji-an » qui refermait la saison 1 répond le « Écoute, Jin-man » qui clôt la saison 2. Celle qui écoutait pour survivre est désormais celle qui demande à son oncle de l’écouter.
Résultat : un récit maîtrisé, envoûtant, que j’ai littéralement dévoré.
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Créée
le 17 août 2025
Critique lue 136 fois
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le 21 févr. 2024
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