Avec Blind, j’ai cru à un grand thriller… et j’ai finalement trouvé une série efficace, mais parfois un peu convenue.
L’idée de départ est solide : des orphelins numérotés, victimes d’un système cruel, et un passé qui ressurgit sous la forme d’une vengeance. Le placard, utilisé à deux reprises pour enfermer des victimes, aurait pu devenir un symbole fort de ces enfants réduits au silence. Mais la mise en scène n’exploite pas pleinement cette dimension et l’impact reste limité.
Derrière son intrigue, Blind fait écho à des scandales bien réels liés aux violences institutionnelles envers les enfants. Cette dimension donne au récit une gravité certaine, même si la série choisit la voie du thriller plutôt que celle d’une véritable exploration sociale.
Je suis restée un peu à distance du récit. Un scénario parfois prévisible, un rythme inégal et une réalisation assez classique donnent à l’ensemble un côté scolaire. La série s’appuie sur les codes du thriller, musiques appuyées, ralentis attendus et cette lumière (trop) chaude, qui donnait à Taecyeon un aspect presque trop lisse pour un policier. Plutôt que de créer une véritable atmosphère, ces choix esthétiques m’ont parfois sortie de l’histoire.
Le twist final se veut spectaculaire, mais il m’a semblé un peu forcé, accentué par des effets visuels insistants qui nuisent à la subtilité. Le traitement des victimes manque également de cohérence : certaines sont directement liées au passé, d’autres semblent sacrifiées au profit du suspense, comme si l’intrigue cherchait avant tout à manipuler le spectateur.
Pourtant, Blind trouve sa force dans sa réflexion morale. Comme le souligne Seong-jun, si ces enfants avaient bénéficié de la protection d’une personne comme Cho Eun-gi, leur destin aurait pu être différent. À travers le parcours de Seong-hun, la série explore cette question essentielle : à quel moment la violence subie devient-elle violence transmise ?
J’aurais aimé que la série s’éloigne de ce contraste un peu attendu, la femme protectrice face au juge autoritaire. C’est un choix facile, mais il donne malgré tout au récit une dimension plus humaine, qui dépasse le simple mécanisme du thriller.
Au final, malgré ses facilités et son manque de surprise, Blind reste un thriller solide, porté par un casting convaincant et un thème fort sur les blessures de l’enfance et leurs conséquences. Pas un incontournable, mais une série qui se suit avec intérêt.