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EDIT : Je l'avais dis. Saison 1 terminée et c'est de la frappe, vivement la deuxième.


Ça fait l'affaire cette petite addition à l'univers de Ça que cette série préquelle HBO d'Andy et Barbara Muschietti. On explore les origines de Pennywise jusqu'aux années 60, parce que oui évidemment qu'on est face à une énième adaptation de Stephen King, Ça revient et Ça repart comme dirait l'autre, et franchement quand on regarde les autres c'est du cinquante-cinquante niveau qualité entre les chefs-d'œuvre absolus comme The Shining ou The Shawshank Redemption ou The Green Mile et les navets sans parler des adaptations séries qui ne parviennent jamais à trouver le ton juste et se font simplement cancel, Ça me dépasse. (The Mist, Castle Rock etc.) King est littéralement l'auteur le plus adapté au monde avec plus de cent projets films et séries confondus depuis Carrie et le résultat est toujours une loterie, mais ce qui rend Welcome to Derry différent c'est que pour une fois on s'attaque à l'univers étendu de Ça qui mérite vraiment d'être exploré en profondeur parce que le roman de King ne se limite pas à sept gamins qui combattent un clown dans les égouts, c'est toute cette mythologie du cycle de vingt-sept ans où Pennywise se réveille pour terroriser Derry encore et encore depuis des siècles, c'est l'histoire des communautés autochtones qui ont affronté cette entité avant même que la ville existe, c'est cette dimension cosmique où Ça n'est pas juste un monstre qui fait peur aux enfants mais une force qui se nourrit littéralement de la peur et du traumatisme (idée de génie), et jusqu'à maintenant aucune adaptation n'avait vraiment pris le temps d'explorer ça en mode course de fond, Ça tombe bien. Les films de Muschietti en 2017 et 2019 étaient solides mais très focalisés sur le Losers Club, la mini-série de 1990 avec Tim Curry était iconique mais limitée par les contraintes de la télévision, Ça ne mange pas de pain, mais l'idée d'une série HBO qui peut prendre son temps et creuser dans la mythologie sans censure c'est ce que cet univers méritait et franchement jusque-là, Ça roule.


La série suit Leroy Hanlon ce pilote militaire doué qui s'installe à Derry en 1962 avec sa femme Charlotte leur fils Will, et Leroy à pour mission de rejoindre Dick Hallorann (oui, celui de The Shining, magnifique) joué par Chris Chalk dans un effort pour localiser et contenir Pennywise. En parallèle on a les enfants Lilly, Ronnie et les boys qui se frottent à l'entité après la mort d'un gamin local, et cette double approche adultes-enfants fonctionne plutôt bien parce qu'elle donne de la profondeur à l'univers au lieu de juste recycler la formule les enfants contre le grand méchant clown qu'on a déjà vue même si, on le sent, on le sait, Ça va barder. Ce qui frappe immédiatement c'est la production value qui est absolument au top, on est clairement dans du niveau cinématographique (HBO quoi) on capture l'esthétique sixties vibrante et légèrement artificielle sans forcer, les scènes d'horreur sont viscérales et personnelles comme Pennywise sait le faire avec ces transformations qui exploitent les traumas et phobies spécifiques de chaque personnage, et la série n'a pas peur d'aller loin dans la violence et dans le dérangeant ce qui était promis dès l'annonce du projet. Cette scène d'ouverture avec le gamin qui se fait terroriser pendant un trajet en voiture avant de finir empalé avec sa tototte en slow motion donne le ton direct et on a d'autres idées vraiment bien foutu (les dents de Venom sur le bidon de la femme enceinte etc). Le cast est excellent, les enfants jouent très bien, l'actrice qui joue Lilly est particulièrement remarquable, cette jeune fille traumatisée par la perte de son père mais déterminée à sauver ses amis de la même angoisse, et la série prend le temps de construire ces personnages au lieu de juste les utiliser comme chair à canon pour Pennywise et ça, Ça me parle. (même si on a un début de série profondément choquant avec le bébé démoniaque dans le ciné... Ça casse l'ambiance.).


Maintenant, parlons des critiques négatives parce qu'elles existent, Ça pique un peu, et certaines sont légitimes même si personnellement je trouve que la plupart ratent un peu le point : le rythme déjà. Beaucoup disent que c'est trop lent avec trop de dialogues qui ralentissent le plot et pas assez de moments vraiment investis dans l'horreur, que ça ressemble plus à un drame triste sur des gamins traumatisés qu'à une série d'horreur, que les personnages sont des clichés Kingesque recyclés (le gamin harcelé, le parent abusif, la mère déprimée, le trauma familial comme si on cochait une checklist) que le CGI est parfois raté (la scène dans la forêt, Ça pique les yeux. Sinon grosso-modo Ça passe crème.) et que certaines scènes d'horreur tombent à plat parce que tout est tellement poli qu'on ne sent jamais vraiment le danger, et vu que Ça me regarde, oui il y a du vrai là-dedans surtout dans les deux premiers épisodes qui sont effectivement un peu poussifs et qui prennent leur temps pour mettre en place l'univers. Personnellement ce que je voulais d'une série sur l'univers de Ça, c'est Ça (I joke, I kid). Parce que si on voulait juste du jumpscare et du Pennywise qui danse toutes les cinq minutes on aurait pu avoir un film, et on les à déjà, et sincèrement, ils sont perfectibles mais je ne pense pas que quelqu'un d'autre fera mieux. Le format série permet justement de construire cette atmosphère oppressive où le danger est omniprésent mais insaisissable, où Derry elle-même devient ce personnage maléfique qui normalise l'horreur au point que les adultes refusent de voir ce qui se passe sous leurs yeux, et oui, Ça demande de la patience, et du build-up mais c'est exactement comme Ça que King écrit ses meilleurs livres, c'est pas du dans ta gueule constant c'est du burnout psychologique où l'horreur vient autant des humains que du monstre. Les gens qui se plaignent que les enfants sont des sosies mal écrits des Losers originaux du film 2017 ratent complètement le fait que c'est intentionnel, Pennywise cible toujours le même type de victimes les outsiders les traumatisés les gamins que personne ne croit, car ils vivent constamment dans un environnement ou la peur est reine, donc évidemment qu'il y a des parallèles mais la série fait l'effort de différencier ces personnages et de leur donner leurs propres arcs plutôt que de juste copier-coller, et Ça, c'est beau. (le petit obsédé par les tétés sérieux il est gloden.)


Et puis il y a cette dimension thématique que certains critiques ont soulignée et que je trouve vraiment intéressante : la série se déroule en pleine période de Guerre Froide et utilise la paranoïa de l'époque comme miroir pour les horreurs de Pennywise, les résidents noirs et autochtones de Derry sont à peine tolérés pendant que les horreurs de l'arc Jim Crow passent à la télé en background, la série prend le trope du Reunoi Magique et le twist sur lui-même pour prouver que les noirs sont pas obligés de réparer les systèmes cassés qu'ils ont pas créés notamment à travers le personnage de Dick Hallorann qui a son propre agenda et ses propres traumas plutôt que d'être juste le sage qui aide les blancs, et il y a toute cette exploration de comment les adultes sont trop étroits d'esprit pour comprendre et réparer les fractures des enfants jusqu'à ce qu'ils soient forcés de confronter les choses qu'ils ont ignorées. La série illustre brillamment aussi cette idée que l'horreur surnaturelle de Pennywise est moins terrifiante que l'horreur humaine du racisme, de l'abus, de la négligence, et c'est très King dans son approche parce que ses meilleurs livres ont toujours été autant sur les monstres humains que sur les monstres littéraux. Le fait que la série explore les origines autochtones de l'entité (un peu basée sur les idées du film de 2019) et comment les ancêtres ont combattu ce mal avant l'arrivée des colons européens donne une profondeur historique et une résonance thématique que les films avaient commencés à poser, et ces flashbacks sont bien intégrés à l'action présente plutôt que d'être juste de l'exposition lourde, Ça rafraîchit. L'épisode quatre notamment marque un vrai tournant en mettant l'accent sur les adultes et en relançant la dynamique après un épisode trois plus centré sur les enfants qui était effectivement un peu mou, et les scènes impliquant Leroy et Hallorann ainsi que l'enquête de Charlotte sur les disparitions en tenant tête aux blancs en position nde pouvoir apportent un vrai souffle à la série en montrant des personnages actifs qui font des choix difficiles plutôt que de juste réagir passivement à la peur.


Welcome to Derry reste une série avec des défauts évidents, certains diront même : Ça casse pas trois pattes à un canard : le rythme est inégal surtout au début, certains dialogues tombent à plat et sonnent faux surtout dans la bouche des gamins qui parlent parfois comme des adultes, le CGI est pas toujours au niveau qu'on attendrait d'une production HBO même si les scènes pratiques sont excellentes, et effectivement si on arrive en s'attendant à de l'hémoglobine constante et à Pennywise à chaque coin de rue on va être déçu parce que la série privilégie l'atmosphère et le développement de personnage plutôt que sur les frissons gratuits. Mais franchement pour moi c'est largement un point positif parce qu'on a déjà eu tellement d'adaptations King qui se contentent de recycler les mêmes beats encore et encore, et Welcome to Derry essaie au moins de faire quelque chose de différent en explorant cet univers étendu avec sérieux et ambition, en connectant Derry à l'univers de King avec ces références à The Shining, Shawshank et potentiellement d'autres œuvres, en donnant de la profondeur aux cycles de vingt-sept ans qui étaient juste mentionnés dans le roman sans jamais être vraiment explorés, et en créant cette mythologie riche qui peut supporter plusieurs saisons si HBO décide de continuer et Ça en dit long! Andy Muschietti prouve qu'il comprend cet univers et qu'il peut l'étendre au-delà de ce qu'il a fait avec les films même si Barbara, sa sœur et co-showrunner, mérite autant de crédit pour avoir développé ce projet pendant des années. C'est pas parfait c'est pas aussi effrayant que certains voudraient mais c'est une exploration honnête et ambitieuse d'un univers qui mérite vraiment ce genre de deep dive, et pour les fans de King qui veulent plus que juste du Pennywise qui fait coucou c'est exactement ce qu'il fallait, une série qui prend son temps qui construit sa mythologie qui donne de la profondeur à Derry comme ville possédée par une entité maléfique et qui n'a pas peur de mélanger horreur surnaturelle et horreur sociale d'une manière qui résonne avec le moment présent, une note évolutive du coup qui pourrait monter ou dégringolé mais vraiment, si les épisodes restants continuent sur cette lancée, la monte un peu en tension, la série viendrait prouver que l'univers de Ça peut supporter bien plus qu'on pensait si on lui donne l'espace et les moyens de respirer. en bref, Ça va bien, tant qu'HBO nous fasse pas du House of les Dragons ou du Last of Us S2.

bloodborne
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le 19 nov. 2025

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bloodborne

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