Désenchantées fait plutôt bonne impression d’emblée. Belle tenue visuelle, décors soignés, un sens du cadre qui laisse respirer les visages et la côte en arrière‑plan. Et surtout un casting qui joue juste : Constance Labbé et Marie Denarnaud tiennent la ligne sans cabotiner, les seconds rôles s’installent sans bruit et l’adolescente pivot ajoute une présence qui aimante les scènes. Bref, côté direction d’acteurs, c’est carré, ça déroule.
Là où ça patine, c’est l’écriture. Le récit adore ses allers‑retours, ses non‑dits, ses silences éloquents. Très “maniéré français” : élégant, oui, mais parfois aux dépens de l’élan. On voit l’intention, on goûte l’atmosphère, et pourtant on reste souvent à un pas de l’émotion franche. L’intrigue, correcte, s’étire en pointillés quand elle gagnerait à planter quelques jalons plus nets.
Heureusement, la série sait atterrir. Le dernier épisode dévoile un twist qui ne révolutionne rien mais recadre joliment les enjeux et donne un vrai sens au chemin parcouru. On referme l’ensemble en se disant que le dispositif n’était pas vain, que le jeu a porté, et que le final rehausse l’affaire d’une tête.
Beau casting, belle facture, dramaturgie mitigée, mais une fin qui fait le job.