Empathie
7.9
Empathie

Série Canal+ (2025)

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Les bateaux sont en sécurité au port mais ce n’est pas pour ça qu’ils ont été inventés. Cependant, lorsque les vents que représentent les traumas soufflent dans les voiles de la vie, qu’ils nous font dériver sur l’océan de la normalité jusqu’à nous faire nous échouer sur le continent de la folie ; Ne fallait-il pas mieux rester au port ? Même si vous me direz, il est vrai, les tempêtes emportent aussi les bateaux amarrés…

Quel est le rapport avec Empathie, je ne sais pas. Il y en a un peu quand même je pense. Mais comment rédiger la critique d’une série, que retirer de plus de 7 heures de visionnage, que penser de presque 10 soirées consacrées à une seule œuvre ? Ce n’est pas simple mais comme à mon habitude, je me concentrerai sur le ressenti. D’ailleurs, je voulais rédiger la critique avant de finir cette première saison, histoire de ne pas être influencé par un final qui aurait pu être décevant mais la « vie » en a décidé autrement. Pour le mieux car la fin apporte son lot de nuances.

Empathie est un petit bonbon québécois, du sirop d’érable concentré, sucré et riche. On n’en consomme pas plein à la suite, on en perdrait la douceur, et on pourrait même être écœuré. On ne « binge watche » pas Empathie, on regarde un épisode par ci, un épisode par là et on sait qu’à chaque fois on va être ému. On sera triste c’est sûr mais on aura aussi le sourire.

En parlant de Québec, j’aimerai dire qu’en tout début de visionnage j’ai pensé que l’accent des protagonistes serait un obstacle à l’immersion mais, à ma grande surprise, il nous force à être pleinement concentrés et finalement amplifie les émotions ressenties.

Et beaucoup d’émotions se jouent justement dans cette série. Il y a l’amitié, l’amour, le deuil, la souffrance, la solitude, la peur de l’abandon, tout ça dans le contexte omniprésent de la folie. On observe avec empathie les personnages osciller entre tous ces états affectifs, et on oscille avec eux tel des pendules, dont l’équilibre vertical, la recherche de l’absence de souffrance, n’est pas la paix finalement, mais la fin de la vie. On l’oublie dans notre quête du bonheur mais le pendule ne peut rester éternellement dans la joie, il ira inexorablement à l’opposé, la tristesse, 2 faces d’une même pièce.

Mais je m’égare…, Empathie est une bien belle découverte en somme et on attend avec impatience de voguer sur une deuxième saison tant les vents pour une suite passionnante soufflent déjà avec douceur.


Créée

le 1 oct. 2025

Critique lue 61 fois

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3

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