Le doggystyle, il n'y a que ça de vrai!
On m'avait vendu la série comme le 'The Wire' du moyen age. j'avais alors peur de trouver des menestrels dealers de shit pendant que les chevaliers écoutent au travers des murs avec un gobelet en bois. Fort heureusement, la similitude avec cette superbe série HBO est toute autre: une multitude de personnages et d'intrigues qui se mélangent et dont la construction est plutôt complexe.
Ce qu'il y a de bien, c'est le ton plutôt cru de la série, même si l'on perçoit tout de même un certain enchantement à la place du réalisme par moment. Les personnages ont chacun leurs problèmes, il n'y a donc aucun problème pour le spectateur de s'attacher à quelqu'un. Mais là où ça devient intéressant c'est que deux personnages peuvent nous plaire et pourtant être ennemis... sachant qu'à cette époque là, deux ennemis ne se contentaient pas d'injures pour démolir l'autre.
Malgré ma note, on peut tout de même faire des reproches à la série: à part Sean Bean qui a une sale gueule (et quelques autres), la plupart des acteurs sont trop beaux, trop propres... Il y a par exemple ces barbares aux super muscles brillants de mille feu tant ils ont été imbibés d'huile. Les femmes aussi sont également trop belles. A part l'une ou l'autre figurante, elles ont toutes un corps à faire palir des top models. Le plus frappant restera la blancheur des dents et les cheveux juste assez gras pour dire que, quand même, au moyen age, la compagnie 'head and shoulder' n'avait pas encore finalisé son produit.
Je reprocherai aussi l'emploi toujours trop facile et gratuit du cliffhanger; je ne comprends pas pourquoi il est si présent dans les séries en général. Logiquement, si un récit est bien construit, le spectateur veut connaitre la suite après interruption. Pas besoin donc d'insister en plaçant à la dernière minute le personnage en plein conflit. Un peu comme dans un livre, quand le lecteur arrête la lecture, il reprendra plus tard... pas besoin de tels artifices (sauf peut être pour Dan Brown). Game of Thrones aurait donc pu facilement se passer de ces vils procédés vu le nombre d'intrigues qui se mélangent et qui intéressent (le jeu de pouvoir provoque toujours l'envie de regarder, tel un voyeur).
Certains sont aussi irrités qu'il n'y ait pas plus de monstres et que les white walkers disparaissent presque du récit. Disons qu'il s'agit d'une série construite sur la longueur, comme dans 'The Wire', et qui installe les choses lentement, mais sûrement. Je n'ai pas lu les bouquins, mais il semblerait que les producteurs sont plutôt restés fidèles, il suffit donc aux plus curieux de les lire pour savoir quand les monstres reviendront.
Bref, une série bien fichue, et qui en plus emmène le spectateur dans un tout autre univers que ce qu'il a l'habitude de voir dans ce médium (des campus ou des banlieues). Vivement les saisons 2 et 3!