Dans une petite ville perdue entre les collines et les souvenirs, les morts se relèvent, mais hélas, ce ne sont ni les vivants ni la narration qui trouvent ici une seconde vie. L'idée, aussi noble qu'ancienne, jouer avec le retour de l'irréversible, aurait pu ouvrir un gouffre métaphysique, une fresque sur le deuil, le temps, et la mémoire. Mais ce gouffre reste une flaque.
L'image est léchée, les regards sont lourds de silence, les plans s'étirent comme pour compenser le vide. Tout semble vouloir signifier, mais rien ne dit vraiment. On attend la secousse, le frisson, l'épiphanie, et l'on reçoit des murmures sans écho, des tensions sans relief. Le mystère s'installe comme un locataire indélicat : il promet, il occupe, il n'explique rien, et quand il s'en va, il laisse plus de poussière que de traces.
Les personnages, quant à eux, déambulent tels des marionnettes conscientes de leurs ficelles, ballotées par une main scénaristique hésitante. Certains ont des histoires à raconter, on les sent presque vibrer sous la surface, mais leurs récits se délitent dans une écriture paresseuse, comme si l'on avait préféré l'énigme au cœur battant. Les dialogues sont souvent plats, traversés de banalités qui se veulent profondes, comme si le simple fait de parler à voix basse suffisait à donner du sens.
Et pourtant, tout cela n'est pas entièrement vain. Il y a des fragments de beauté, des élans sincères, des instants suspendus où l'on croit, brièvement, que tout va décoller. Mais à peine le souffle prend t-il forme qu'il retombe, épuisé, sur des rails trop convenus, trop lents, trop indécis.
C'est une œuvre qui regarde l'abîme mais n'y plonge jamais. Qui entame des chemins, mais revient toujours au même carrefour brumeux, en espérant que le spectateur, par lassitude ou par foi, trouvera lui-même la sortie. Une série qui veut jouer de la harpe sur les cordes de l'au-delà, mais qui finit par gratter timidement un ukulélé désaccordé.