Cette série est ce qu’on peut appeler une masterpiece. Après une première saison légèrement timide mais déjà annonciatrice d’un potentiel gigantesque, l’intrigue prendra son envol lors des deuxièmes et troisièmes saisons (avec un petit creux au début de la troisième) pour se conclure de façon magistrale. Au final, chaque saison aura une approche très différente mais cohérente des personnages, alternant tantôt dans le thriller, tantôt dans le fantastique, tantôt dans le policier classique. Néanmoins, ce qui ressort de cette série ce sont bien ses personnages principaux, et leurs relations, le tout interprété par un casting plus que brillant, au point de faire de l’ombre aux précédentes adaptations (pourtant entrées dans le panthéon du genre). On se régalera de l’ambiance instaurée, volontairement malsaine, oppressante, le tout enrobée d’une bienséance terrifiante.
Aucun des épisodes ne prendra de pinceaux avec les sentiments et la sensibilité des spectateurs, et jouera même là-dessus en exagérant sans doute un peu le côté sanglant pour lui conférer une touche poétique, presque dramaturgique. C’est ce qui distingue cette série des autres et en fait sa force, s’ajoutant à cela une mise en scène millimétrée, intente mais aussi incroyablement sobre et chirurgicale. Un pur bonheur pour ma part. Comme je le disais un peu plus haut, le casting se montrera de très haute volée tout au long des épisodes, Mads Mikkelsen et Hugh Dancy en tête, dans une relation captivante et ambiguë entre leurs personnages. À leurs côtés, on trouvera un Laurence Fishburne impérial, mais aussi des seconds rôles tout aussi prestigieux que sublimes (Gillan Anderson, Richard Armitage, Caroline Dhavernas, Kacey Rohl, Raúl Esparza, Katharine Isabelle ou encore Michael Pitt).
Bref, une très grande série avec ses petites faiblesses mais qu’on oublie vite au profit de son ambiance et son intrigue si passionnante. Un véritable pur régal du début à la fin. Le seul regret, s’il devait y en avoir un, sera celui de ne pas avoir vu Clarice.