On a rarement vu une série si lugubre : la bande-son, les éclairages renforcent le sentiment de malaise, la sensation que les mauvais instincts rodent sous une surface lisse et morose. L’atmosphère est si délétère et formellement torturée qu’elle épuise par… sa lourdeur et son racolage intempestif. Trop de morts, trop de glauque, trop d’effets. On a pas le temps de s’ancrer ni de pénétrer. Pour autant, il faut bien reconnaître à la série la capacité d’instiller une authentique ambiance, malgré cette vivacité creuse.
Une telle combinaison est rare à atteindre, stimulante et frustrante à la fois, rappelant un peu une autre production du moment, American Horror Story. Sauf que nous n’accédons qu’au squelette de cette combinaison. Au lieu de faire une série puissante, les auteurs créent un monde précis où il peuvent aligner les performances macabres. Le soin qu’ils y apportent est censé gonfler la série, mais autour il n’y a rien, sinon ce climat sinistre à tous les degrés. Le plaisir même coupable, la surprise, mais aussi la flamboyance d’un produit comme American Horror ne sont donc pas de la partie. À la rigueur, Arrow n’est pas seulement plus aimable, elle est aussi plus cohérente, chargée et même, plus excitante.
https://zogarok.wordpress.com/2013/10/08/hannibal-saison-1/