C'est fini.
"Tant mieux !" diront certains.
"Encore !" souhaiteront d'autres.
Pour ma part, ça va, je suis rassasié. Les 3 saisons sont passées comme un bon diner en compagnie agréable. On a débattu, ressassé mais rarement on a été déçu. C'est suffisamment rare pour être souligné.
Saison 1 : une entrée subtile
Will Graham (Hugh Dancy) est recruté par l'agent Crawford (Laurence Fishburne) du FBI pour enquêter sur différents meurtres. Le problème est que Will est une "éponge", comprenez par là qu'il est capable de reconstituer l'ensemble de l'action qui s'est déroulée durant le meurtre... au détriment de sa propre santé mentale. S'il est efficace, Will ne cesse de perdre pied par rapport à sa nature douce et a de plus en plus de mal à ne pas s'identifier à ceux qu'il traque. Sous les conseils d'une collègue, Will est placé sous le contrôle du docteur Hannibal Lecter, éminent psychologue, afin d'entamer une thérapie. Si Will est réticent au départ, Lecter le fascinera bien vite et la thérapie l'aidera à ne pas perdre pied. Mais est-ce vraiment le cas ?
Cette première saison est monstrueuse à tant de niveaux : l'esthétique tout d'abord.
Chaque scène de découverte des meurtres, toutes plus stylisées les unes que les autres, se voit comme une peinture. Des longs plans hyper-rapprochés (à tel point qu'on ne sait pas parfois ce que l'on regarde) avant d'assister à la figure d'ensemble... Que c'est beau et suffisamment rare pour être apprécié. Le tout sur une musique aussi insidieuse que malsaine (sans rien y connaitre en musique, quelque chose me dit que l'harmonie n'était pas le mot d'ordre pour le compositeur de la série).
"C'est lent !" diront certains. Certes... mais ça se déguste. C'est lent mais ça vous pénètre lentement et à l'instar de Will, vous perdez profondément pied avec tout ce qu'il se passe.
Mais pas de panique : Lecter est là pour vous guider. Tout au long des épisodes, certains meurtres ne colleront pas pour Will, il a même l'impression que quelqu'un en particulier veut lui envoyer des messages. Mais en plein doute vis-à-vis de ce qu'il ressent, il en parle...
à son principal bourreau ! Les scènes de cuisines d'Hannibal s'enchainent avec celles de découvertes de meurtres particulièrement violentes. Et pour cause : c'est suggéré, jamais vraiment montré, mais Hannibal chasse sa propre viande et se fait un plaisir de déguster/de faire déguster ses plats. Le cannibale n'affectionne rien tant que les esprits torturés d'autant plus qu'il est dans le contrôle total de ses propres actions et qu'il en est conscient. Will se révélera une mine d'or pour Lecter qui n'aura de cesse de le tourmenter sous couvert de l'aider vraiment.
Beaucoup ont pesté contre le jeu d'acteur de Hugh Dancy, qui semble amorphe, presque apathique dans beaucoup de situations. Pourtant, c'est le principe même de Will Graham que d'être un