J’ai rarement eu autant de mal à comprendre le succès quasi unanime d’une série qui me paraît aussi médiocre que "Heated Rivalry".
Certes, les deux protagonistes sont absolument charmants, bien foutus, et les scènes de sexe sont plutôt efficaces. Mais soyons honnêtes : cela constitue à peu près l’intégralité de ce que la série a à offrir. Tout le reste donne l’impression d’un simple prétexte narratif destiné à enchaîner des plans de corps impeccablement éclairés et de scènes de jambes en l’air filmées avec application.
L’esthétique est parfaitement lisse et proprette jusqu’à l'ennui. Aucun relief, aucune rugosité, rien qui dépasse. On sent un objet pensé pour les plateformes grand public, calibré pour paraître audacieux sans jamais vraiment prendre de risque.
Par ailleurs, le rythme souffre énormément de la structure sportive. Les saisons de hockey hachent le récit et installent une mécanique répétitive : match, tension, chambre d'hôtel, scène de sexe, dispute, puis recommencement. Loin d’une histoire qui avance, on tombe dans un cycle qui se répète.
Les dialogues n’aident pas. Ils oscillent la plupart du temps entre grossièreté forcée et échanges franchement paresseux. Les échanges entre les deux protagonistes semblent se résumer à une poignée de variations autour de « fuck you, Rozanov ! », « you’re such an asshole! » et « I should go. ». À vouloir suggérer l'intensité et la tension par la rudesse, la série finit surtout par donner l’impression de ne rien avoir à dire.
Le plus déroutant reste la psychologie des personnages. Hollander passe deux ans à coucher avec Rozanov sans véritable conflit intérieur, puis, soudainement, après ce qui ressemble à leur deux-centième relation sexuelle, développe des états d’âme massifs sans que rien, dans la narration, ne vienne vraiment les justifier. Les réactions paraissent artificielles, écrites pour produire du drame gratuitement.
C’est d’autant plus frustrant que le sujet portait en lui un réel potentiel. Une relation clandestine dans un univers sportif hyper viriliste aurait pu être traitée avec tension, retenue, contradiction, attente. On pouvait imaginer une exploration fine du refoulement, du désir empêché, de la violence sociale implicite. Tout cela n’est qu’esquissé avant que la série ne revienne, presque systématiquement, à son véritable moteur : la scène de sexe suivante. C'est finalement l'épisode 3 qui s'avère le plus intéressant à ce niveau là à travers la digression sur la relation entre Scott Hunter et Kip.
Au fond, "Heated Rivalry" ressemble moins à un drame romantique qu’à une succession de fantasmes élégamment produits. Agréable à regarder, parfois excitant, mais étonnamment vide une fois l’écran éteint. Si je peux comprendre l'attrait d'une partie du public gay, j'ai du mal à saisir l'engouement de la presse et des critiques pour cette romance finalement assez fadasse.