Une série qui utilise fort bien son long format c’est-à-dire qu’elle prend le temps d’installer ses personnages, de les cerner de l’extérieur comme intérieurement. Ainsi on les accompagne de près, ainsi on arrive à ressentir ce qu’ils traversent.
Il y a principalement : Chloé (Louise Bourgoin) ; Alyson (Alice Belaïdi) ; Arben (Karim Leklou) ; Hugo (Zacharie Chasseriaud) et, dans une moindre mesure, Muriel Wagner (Anne Consigny).
A propos des acteurs, si chacun d’entre eux est à considérer bien à sa place, je soulignerais, en particulier, la performance de Louise Bourgoin qui, ici, s’éloigne enfin de son ex figure de « Miss Météo », se sépare des schémas-type « la belle fille que voilà », vogue désormais loin du naufrage d’interprétation d’Adèle Blanc-Sec…
Plus que de les identifier ou de les cerner, on est en phase, en empathie, avec les personnages de cette série ; nous savons comme ils se déplacent, où ils vivent, quels sont leur rôle et leur place dans l’hôpital, leur caractère, leurs forces et leurs faiblesses ; à aucun moment nous ne sommes pris au dépourvu ou à contrepied par ces personnages, ce qui est le signe même d’une symbiose réussie entre spectateur et acteur, en somme, nous sommes en pleine compréhension avec chacun des personnages.
On comprend assez bien comment ce métier de médecin finit par tout dévorer, et le temps et l’esprit, faire que plus rien ne compte que sa fonction. C’est d’ailleurs un problème en soi que de ne plus séparer le privé du métier, de ne penser plus qu’à ça. Le manque de mise en distance n’est pas la meilleure façon d’être un bon médecin. Et c’est valable pour tous les métiers en relation directe avec de l’humain (enseignement, santé, protection, justice, etc.).
Mis à part un épisode qui nous montre qu’un médecin peut ne plus être en phase avec son métier (le cas de la maladie de Lyme), les épisodes croulent un peu sous le poids des bons sentiments, de l’humanisme qui habiterait unanimement médecins, infirmières, etc., tous au diapason et au service du genre humain… Attention à l’hémorragie !