Les téléfilms réunions, c'est pas vraiment mon truc, mais les prémisses de celle sur Malcolm m'avait plu : Malcolm a la quarantaine, il a eu une enfant, ne l'a jamais dit à ses parents et fait croire à sa fille que ses grands parents étaient morts. Le secret éclate, il est obligé d'aller les voir. Franchement à quelques lignes prêt, on a un prémisse similaire à la série Arrested Development, ce qui est loin d'être un mauvais signe.
Au final, on a droit à une mini-série bancale, même si, au final, j'ai "plutôt" bien aimé avec des réserves. On sent en regardant celle-ci qu'elle s'est imposée un cahier des charges ultra-chargé avec des demandes contradictoire et qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu.
Ainsi, la série doit :
- Ramener les personnages de l'ancienne série avec leur personnalité et leur défaut
- Montrer que ces personnages ont évolués
- Amener des nouveaux personnages
- Offrir des caméos des personnages secondaires marquants de la série
- Offrir du temps à Bryan Cranston qui reste l'acteur le plus célèbre du lot
- Ne pas trahir les événements du dernier épisodes, qui se terminait sur Loïs réalisant qu'elle était enceinte d'un sixième enfant, et montrer qui est cet enfant
- Trouvez un remplaçant pour l'acteur qui joue Dewey
- Faire quelque chose de Jamie (ou pas, en fait.)
- Faire en sorte que ça soit drôle
- Que ça soit émouvant et sonner sur la fibre nostalgique des fans
Ça amène forcément un certain nombre de redites avec la série d'origine, ainsi Malcolm a beau avoir quarante ans, il est toujours aussi con socialement que le Malcolm d'avant, à s'énerver pour rien ou à se tirer des balles dans le pied avant de s'enfoncer bêtement. A certains moments on est à la limite de la comédie cringe. Alors que d'un autre côté faut montrer qu'il se veut comme un père aimant qui ne veut pas reproduire les erreurs de ses parents... mais tout en montrant qu'au fond, il se trompe (parce qu'on va pas dire que Loïs et Hal sont de mauvais parents dans une mini-série censée les célébrer.) Au final, j'ai pas très bien compris ce qu'ils voulaient dire et je crois qu'eux non plus.
Après ça a du faire plaisir aux acteurs de rejouer des personnages qu'ils connaissent par coeur et c'était sympa de les revoir. Par contre, voir Reese encore agir comme un ado, c'est un peu frustrant d'autant plus que le duo qu'il joue avec Kelly rappelle un peu ces épisodes où Dewey se montrait plus intelligent que lui. Idem avec Francis qui nous rejoue le coup du conflit avec Loïs... même si ils trouvent une justification pour ce retour en arrière.
L'histoire de la grossesse de Piama est un peu ellipsé au milieu de toutes les intrigues de la série au passage. Comme pas mal de trucs.
Je ne comprends pas trop trop l'intérêt de l'importance qu'à la storyline de Hal dans l'épisode 3. C'est sympa au début lorsqu'il pète un cable, mais voir une introspection du personnage bouffer la moitié de l'épisode alors que c'était ni vraiment utile pour la suite de la mini-série, ni pour le personnage, ça m'a un peu gonflé. Je pense, comme dit plus haut, que ça part d'une volonté de donner du temps d'antenne à Bryan Cranston. Et c'est méga frustrant.
D'ailleurs a vouloir en faire trop, la série a parfois du mal à être drôle, notamment dans les premiers épisodes, et ça fait mal quand tu es la suite d'une série culte pour son humour. Surtout que les créateurs originaux étaient dans les rangs.
Pour continuer dans les trucs frustrants : Kelly. Sur le papier c'est un chouette personnage : c'est celui qui est le plus jeune, le plus en phase avec son temps, iel fait bouger des lignes... mais iel est plus là pour s'insérer dans la storyline des autres (notamment celle de Reese) et a peu de moment vraiment comique. J'aime bien l'idée qu'ils en ai fait un personnage non-binaire : si c'est un plus pour la représentation LGBT, c'est un bon gag mythologique. Les fans, qui, avaient mis une inter-saison entière avant de savoir si Jamie était un garçon ou une fille, s'étaient déchirés pendant 20 ans sur les forums pour savoir si le dernier enfant allait continuer ou non la malédiction de Loïs de ne pas avoir de fille. Et il s'avère que c'est : ni l'un ni l'autre.
Cette volonté de surprise justifie que le personnage ne soit pas sur les affiches malgré sa présence à l'écran alors que Dewey y est alors que celui-ci a une présence complètement anecdotique, en plus d'être relayé à un personnage qu'on ne voit que par écran interposé, sans doute pour qu'on ne voit pas trop le changement d'acteur.
Pourtant dans la fille de Malcolm est bien écrite et pour le coup, son temps de présence est assez équilibré dans le bazar : elle s'insère très bien dans la série, elle en phase avec son époque et son histoire trouve une conclusion intéressante,. (Et elle a hérité de pouvoir de son père de s'adresser au spectateur.) La nouvelle compagne de Malcolm aussi est chouette pour le peu de temps de présence qu'elle a l'écran. Et on s'aperçoit qu'ils ont du mal à raconter quelque chose de nouveau avec leurs anciens personnages, soit par habitude, soit par peur que le public réagisse mal.
Ce qui est marrant, c'est qu'à côté de ça, les caméos et retours des personnages de la série originale sont plutôt bien gérés et s'intègrent assez bien au bazar ambiant. Il y a même des personnages que j'espérais jamais revoir qui poppent d'un coup (le copain délinquant de Francis lorsqu'il était au lycée, par exemple.) Ils savaient que le public était demandeur et pour le coup, c'est souvent eux qui ont droit aux moments les plus drôle de la mini-série. Ils justifient même assez bien la disparition de certains personnages dont les acteurs sont décédés.
J'ai hurlé en voyant Gretchen débarquer. D'autant plus que les 30 secondes à l'écran de son personnages sont à mourir de rire.
Il faut leur reconnaitre une honnêteté, c'est a de ne pas faire comme si le dernier épisode de la série n'avait pas existé et ils ont réussi à trouver une bonne justification à certains dingueries écrites il y a vingt ans. (J'avais parlé de Kelly plus haut par exemple.)
Mais aussi, a vouloir vibrer sur la corde nostalgique des fans ou sur le côté gentil, ils en perdent ce qui faisait le sel de la série. Et j'avoue avoir été gêné dans une séquence bien trop longue et bien trop premier degré du dernier épisode lorsque j'ai eu l'impression d'être au milieu de la fête d'anniversaire de quelqu'un qui m'est étranger.
Et à côté de ça, le final se termine par un gag énorme, qui m'a fait pleurer de rire et qui est totalement dans l'esprit "sale gosse" de la série Malcolm.
Et rien que pour ça, même si vous êtes hésitant, je vous conseille de voir cette mini-série. C'est juste 4 épisodes, ça fait plaisir de revoir ces personnages et au fond, j'en garderai quand même un bon souvenir.