NERO est typiquement ce genre de série qui intrigue autant qu’elle agace. Il y a quelque chose qui cloche. Un malaise diffus. Difficile à formuler clairement, mais bien réel.
Le premier point de friction vient du jeu d’acteurs mêlé à une narration parfois paresseuse. Des éléments spawnent littéralement à l’écran sans vraie explication. On te demande de les accepter tels quels car comme d'hab... T'as gueule c'est magique !
En faite ce n'est pas vraiment parce que c’est mystérieux. Mais parce que le scénario n’a pas pris le temps de les installer correctement. Et ça, ça casse parfois l’immersion.
Résultat : on regarde, on suit… mais on reste un peu à distance. Comme si la série refusait de se rendre totalement lisible.
Côté acteur heureusement on a un Pio Marmaï en sale type crédible, un anti-héros sans coeur qui fait le job. Et même plus que ça ! Il incarne parfaitement cette pourriture égocentrique, amorale, presque sans cœur. Un personnage qu’on essaie de te vendre comme un anti-héros à l'écran pour la bienséances lol… 😱 alors qu’il est surtout un opportuniste cynique qui survit mieux qu’il ne choisit.
Et c’est là par exemple que ça tangue un peu : la série hésite constamment entre le condamner et l’excuser. Elle le filme parfois comme une icône, parfois comme un parasite. Jamais totalement cohérente dans son regard sur lui. Et aucun autre personnage (ou presque) n'est vraiment tranché. Et en dehors du prêtre, vous constaterez vite que aucun personnage n'évolue vraiment. Ils ont les mêmes avis, positions et attitudes du début à la fin et malgré celà le scénario n'arrive même pas à leur donner qu'un seul vrai trait de personnalité marqué.
Le fond se déroule sur une ambiance western crasseuse sous l’inquisition. Là où NERO marque des points, c’est notamment sur l’ambiance : Une atmosphère poussiéreuse, sale, presque suffocante. Un western sombre transposé dans une époque où le catholicisme veut tout contrôler, tout régenter, tout écraser !
À cette époque la chasse aux sorcières n’est pas qu’un décor : c’est une mécanique de domination permanente ! Tout ce qui dépasse le cadre établis est suspect ! Tout ce qui pense autrement est une menace ! TOUT ! Sauf, évidemment, si tu es riche. 🤫😅. Là, les règles deviennent soudainement très souples. (Lol, mais pas tant que ça, faut pas abuser) 😄 Et cette oppression constante est l’un des grands points forts de la série. Elle pèse sur chaque scène, chaque dialogue, chaque silence.
Notre personnage phare de "La sorcière" est dépeint avec un visage retraçant bien son vécu et des siècles de souffrance... 8 siècles de connaissances durement acquises ! Mention spéciale donc à "la sorcière" dont le visage parle avant même qu’elle n'ouvre la bouche. On y lit Clairement ses huit siècles de survie, de combats et de pertes.
Ce n’est vraiment pas une sorcière glamour comme on en voit un peu partout. C’est une survivante usée, marquée, fatiguée et donc crédible.
Visuellement et symboliquement, c’est sans doute le personnage le plus fort de la série.
En Conclusion :
NERO est une série imparfaite mais tout de même solide. Elle a de vraies qualités d’ambiance, des idées intéressantes, des figures marquantes. Mais elle pêche par une narration parfois trop floue et une écriture qui confond mystère et facilité.
Une bonne série Netflix. Pas une claque, mais ça se laisse regarder.