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le 5 août 2014
SuivreGangs of Birmingham
Peaky Blinders narre l'histoire d'une famille de malfrats, les Shelby, qui règne sur la ville de Birmingham. Très frères qui font la loi, Arthur l’aîné de la famille, John le benjamin, Thomas la...
La série "Peaky Blinders", c’est un peu comme si quelqu’un avait décidé de mélanger des gangsters, des traumatismes de guerre, du whisky, des chevaux, des casquettes à lames de rasoir et Nick Cave, puis avait laissé le tout mijoter dans le brouillard de Birmingham. Et curieusement, ça fonctionne plutôt très bien, à merveille même.
Je me suis retrouvé plongé dans le Birmingham de 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale, où la famille Shelby règne sur un petit empire criminel construit autour des paris et de diverses activités criminelles. Au centre de tout ça, Thomas Shelby, incarné par un Cillian Murphy absolument magnétique, tente de faire passer les "Peaky Blinders" du statut de gang local à celui de véritable puissance nationale. Autour de lui, je retrouve notamment Helen McCrory, Paul Anderson, Sam Neill, Natasha O’Keeffe et Sophie Rundle, dans une galerie de personnages aussi attachants que peu fréquentables par la police.
Ce qui m'a frappé, c’est l’identité visuelle. Je ne regarde pas simplement une reconstitution historique : j’ai parfois l’impression de me promener dans une ville industrielle poisseuse et crado. La photographie est sombre, élégante, enfumée, les décors sont particulièrement soignés et les costumes participent énormément à cette impression d’immersion. Même les fameux costumes trois-pièces sont terriblement classe.
Mais la véritable arme et âme de la série reste Cillian Murphy. Thomas Shelby est froid, calculateur, traumatisé, ambitieux et capable de regarder quelqu’un comme s’il venait de lui annoncer que son pub préféré allait fermer. Murphy lui donne une présence incroyable, ce coté gitan d'après guerre, avec cette façon de parler calmement alors que, généralement, quelqu’un s’apprête à finir dans une situation très compliquée. Helen McCrory apporte également énormément à la série avec Polly, personnage qui possède suffisamment de caractère pour vous mettre à genoux.
J’aime aussi beaucoup la manière dont la série mélange la petite histoire familiale et les grands bouleversements politiques et sociaux. Les traumatismes laissés par la guerre, les luttes sociales, les rivalités politiques, la montée des extrémismes et les transformations économiques nourrissent progressivement l'intrigue. Je sens que la série veut raconter davantage que l'ascension d'une bande de bookmakers coiffés comme des néo-punks avant l'heure.
Et puis il y a la musique. Là, je dois reconnaître que Steven Knight et son équipe ont sorti l’artillerie lourde. Utiliser du rock contemporain, notamment Nick Cave, pour accompagner une histoire située dans les années 1920 pourrait sembler complètement anachronique, et bizarre. Pourtant, je trouve que cela donne justement à la série une identité formidable. « Red Right Hand » devient presque une carte de visite officielle de Tommy Shelby. Dès que la musique démarre, je sais que quelqu’un va probablement prendre une mauvaise décision, ou plusieurs, ou alors, passer un mauvais quart d'heure.
Le rythme est efficace, même si je trouve que la série peut parfois se perdre dans ses propres ambitions. À force d'ajouter des alliances, des trahisons, des personnages, des ennemis et des enjeux politiques, certaines intrigues deviennent inutilement complexes, très complexes... Il faut vraiment ne jamais louper un épisode. Je peux parfois avoir l’impression d’assister à une réunion de famille où tout le monde complote contre tout le monde et où personne n’a pensé à imprimer l’ordre du jour. Les dernières saisons ont également pu donner une impression de longueurs, même si l’ensemble conserve une vraie puissance.
Ce que j’apprécie surtout, c’est que les Shelby ne sont jamais présentés comme de simples gangsters cools. La violence a des conséquences, les traumatismes restent présents et derrière les costumes impeccables se cachent des personnages profondément abîmés. Tommy, en particulier, porte constamment le poids de ce qu’il a vécu pendant la guerre. Cette dimension psychologique donne beaucoup plus d’épaisseur à une histoire qui aurait pu se contenter de faire « mafia britannique + bastons + whisky » pendant six saisons.
Je comprends donc parfaitement pourquoi "Peaky Blinders" a fini par devenir une série culte. Elle possède une esthétique immédiatement reconnaissable, une distribution remarquable, une bande originale qui pourrait réveiller un macabé et surtout un personnage principal devenu emblématique. Je lui reproche néanmoins quelques intrigues parfois trop chargées et certaines longueurs, particulièrement vers la fin. D'ailleurs, je me suis posé si la saison 6 était vraiment nécessaire, car c'est celle-ci que je trouve la moins intéressante. Mais même lorsque la série ralentit, elle conserve cette atmosphère qui me donne envie de continuer, sans hésitation.
"Peaky Blinders" est une série extrêmement stylée, ambitieuse et addictive, portée par un Cillian Murphy exceptionnel. Et la série restera dans les anales des séries britanniques cultes... Même si je n'ai pas aimé le passage de la transmission du pouvoir au fils qui reste, pour moi, un moment assez délicat de la série. Mais sinon, il n'y a évidemment rien à reprocher à cette série devenue inoubliable.
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il y a 4 jours
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