Je ne vais pas m'étendre des pages sur cette série déjà fort commentée et qui mérite des pages d'analyse. Mais tout de même quelques lignes sur mon ressenti pour ceux qui ne l'aurait pas encore vues (un peu plus de pub ça fait pas de mal).
Déjà, j'ai mis 8, mais je comprends aisément ceux qui lui donne un 10 tellement cette série est intelligente et pertinente, j'irai même jusqu'à dire qu'elle est d'utilité public tellement on peut généraliser le propos dans chaques villes du monde et donne à rélféchir sur nos problèmes contemporains.
The Wire, c'est une réalité sans fard, sans esbrouffe, sans politiquement correct, une fenêtre sur la guerre sans fin entre la police et les cartels, un documentaire sans la manipulation.
The Wire, c'est comprendre les causes et les conséquences d'un cercle vicieux où s'entremèle le monde impitoyable des cartels de drogue, de la cynique corruption des politiques et de la manipulation de média pour faire le buzz.
The Wire, c'est un échiquier géant où chaque pièce a sa symbolique et son utilité, un biotope urbain d'une ville en perdition étudié à la loupe.
The Wire, c'est un monde non-manichéen, entre gris clair et gris foncé, où chacun tentent vainement de ne pas subir son destin, de tirer son épingle du jeu, de survivre dans cette merde inextricable où les intérèts des uns contrarient les intérèts des autres.
...et cela aboutit à ce que jamais rien ne s'arrange pour l'ensemble des habitants...
Car chaque personnage aspire à un bonheur par des moyens plus ou moins légitimes et moraux.
Car, le plus souvent, d'un côté comme de l'autre, il faut piètiner les autres pour ne pas se faire piétiner soi-même, il faut détruire pour ne pas être détruit, il faut enfreindre la loi pour arriver à plus de justice, il faut mentir pour faire éclater la vérité, il faut subir le maheur pour comprendre le bonheur.
Evolution
Si l'on juge juste sur les premiers épisodes, on peut ne pas se rendre compte de la puissance de l'oeuvre qui commence lentement et prend petit à petit de l'épaisseur.
Donc, donnez-lui une chance en finissant la saison 1. A partir de là, vous pourrez commencer à juger.
Chaque saison aborde un nouveau thème, élargi le point de vue, tout en approfondissant les thèmes permiers (drogue et corruption à tous les niveaux).
- Saison 1 : 8/10 (gang/cartel)
- Saison 2 : 7/10 (syndicat)
- Saison 3 : 7/10 (immobilier)
- Saison 4 : 9/10 (politique)
- Saison 5 : 9/10 (média)
Au milieu de tout cela, les personnages, parfois archétypaux, mais toujours complexes & ambigus, évoluent intelligemment au fil de l'histoire et même si certains sont plus mis en avant que d'autres, ils ont tous leur importance dans cette trame à "effet papillon".
Les meilleurs persos
- Bubbles, le fil rouge, maudit par le destin et personnification de l'état de Baltimore au fil des saisons.
- Omar Little, le vengeur, le samourai de la rue, le dark justicier.
Bref, bref, bref
J'aime beaucoup ce genre de fiction qui, libérée de pressions politico-judiciaires du réel, dépeignent avec plus de réalisme et de justesse une réalité que les documentaires ne font qu'éffleurer, faute d'impartialité... et de courage face à leurs commanditaires.
Si la forme est, à mon goùt, parfois perfectible et explique mon 8. (quelques situations prévisibles et/ou téléphonées et une esthétique un peu trop terne)
Le fond, quant à lui, est éblouissant d'intelligence, de crédibilité et mérite 11/10 et tous les éloges.
Mangez-en, ça vaut le coup.
Liens
Pour finir de vous convaincre de l'intéret documentaire et de la justesse de la série, quelques liens sur l'actualité récente :
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/emeutes-a-baltimore-les-raisons-de-la-colere_1675591.html
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/video-obama-et-le-createur-de-la-serie-the-wire-parlent-de-drogue_1665787.html