Sur écoute par ihatethekids
Sans être un grand spécialiste de la chose, j'ai le sentiment que le monde des séries télévisées progresse par à-coups.
Un premier grand pas avait été franchi fin des années 1990, début des années 2000 par HBO avec Oz, Sopranos et autres Six Feet Under, augurant d'un "âge d'or" des séries télévisées.
Quelques années plus tard à peine, The Wire déboule donc sur la même chaîne cablée. La première saison force déjà le respect : il s'agit là d'une de ses si fameuses, précieuses et rares expériences "next level".
Tout est parfaitement soigné : dialogue, scénario, mise en scène... le jeu d'acteurs est parfois en retrait, mais cela contribue à, finalement, rendre le tout plus humain. Et si The Wire est souvent décrite comme une fiction documentaire sur Baltimore et ses jeux de pouvoirs du plus bas niveau (le "corner") au plus haut, il s'agit avant tout de la faire vivre par ses hommes. Et c'est sans oeillères ni lunettes que Simon et Burns nous livrent la vie de chacun, dealer, flic, politique, homme d'affaires, docker, etc. sans a priori, peut-être même avec philanthropie.
Les personnages, tous attachants à leur manière, constituent donc l'une des grandes forces de la série. Au sommet, Omar, le plus fantastique protagoniste de série télévisée depuis Simon Adebisi dans Oz.
Bref, un tour de force ahurissant, une oeuvre fouillée, qui donne l'occasion aux yuppies blancs de connaître la vie du ghetto, la vraie, et d'en être. Cela pourrait aussi être l'une des grandes raisons de son sucès d'estime.