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48 critiques
Classique. .
C'est un peu énervant cette propension des gens à 'kiffer' des films ou séries dès que cela apparaît un tantinet trash ou subversif ... Dès qu'on enlève la forme la série est quand même très moyenne...
le 29 juil. 2019
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Érigée en summum de l'impertinence par une certaine critique qui se gargarise d'y voir une analyse brillante de notre époque, "The Boys" est en réalité l'une des supercheries télévisuelles de ces dernières années. Derrière son vernis cynique, la série souffre de failles structurelles et morales profondes qui en font exactement ce qu'elle prétend dénoncer : un produit de consommation cynique et industriel.
L'escroquerie absolue du "produit anti-système"
L'argument 1er des défenseurs de la série est sa charge féroce contre le capitalisme dérégulé et la culture d'entreprise (incarnée par Vought)...kof… kof…. C'est oublier un détail fondamental : "The Boys" est la vitrine de l'une des entreprises les plus prédatrices au monde exerçant un monopole absolu, Amazon.
Dénoncer la récupération de toutes les luttes par le capitalisme tout en multipliant les produits dérivés, les spin-offs ("Gen V","The Boys présentent : Les Diaboliques") et les placements de produits pour engraisser la plateforme de Jeff Bezos relève d'une hypocrisie vertigineuse. La série offre à son public la sensation grisante de la rébellion, le tout depuis le confort de leur abonnement Prime. C'est de l'anti-capitalisme de supermarché, inoffensif et hautement lucratif.
Une satire écrite au burin (absence totale de sous-texte)
Pour qu'une satire fonctionne et soit considérée comme "intelligente", elle nécessite une certaine finesse ou, à minima, de faire confiance à l'intellect de son public. "The Boys" fait exactement l'inverse.
Le showrunner Eric Kripke traite ses spectateurs comme des enfants à qui il faut tout expliquer en majuscules. Homelander est un portrait de l'Amérique trumpiste ? La série nous l'assène avec la subtilité d'un marteau-piqueur, recyclant littéralement les discours politiques d'hier pour faire ses dialogues d'aujourd'hui. Il n'y a aucun sous-texte dans "The Boys" : tout est surligné au marqueur fluo. C'est du prêt-à-penser qui donne l'illusion de la profondeur à ceux qui refusent l'effort de la véritable analyse politique.
Le fétichisme de l'hémoglobine : l'immaturité déguisée en "maturité"
Les fans confondent souvent "contenu pour adultes" avec "maturité". The Boys est une série fondamentalement adolescente.
Incapable de maintenir la tension par l'écriture de ses personnages, la série s'appuie sur une surenchère mécanique de gore et de sexualité grotesque. L'explosion de têtes ou l'apparition de fluides corporels absurdes ne sont pas des audaces artistiques ; ce sont des ficelles scénaristiques destinées à créer des "mèmes" et du buzz sur les réseaux sociaux. Sous couvert d'être trash, le show cache la vacuité de ses enjeux psychologiques.
Un surplace narratif épuisant
Si l'on enlève les couches de sang et d'insultes, que reste-t-il de la structure narrative ? Un vide sidéral et une boucle infinie.
Depuis la fin de la 1ère saison, la série tourne en rond. Homelander est toujours sur le point de craquer, Butcher est toujours en colère mais fait des compromis ridicules, les 2 camps s'affrontent, font semblant de s'entretuer, puis retournent à la case départ pour justifier la saison suivante. Pour une série censée "dynamiter" les codes des super-héros, elle applique avec une paresse affligeante la recette la plus basique de la télévision industrielle : ne jamais tuer sa poule aux œufs d'or.
De grâce, cessez de considérer "The Boys" comme un chef-d'œuvre de la satire. C'est un divertissement pop-corn, vulgaire et divertissant, mais lui prêter une portée sociologique majeure est une escroquerie. La série n'est que l'idiot utile du système qu'elle prétend détruire : elle donne à des spectateurs l'illusion d'être des esprits critiques, tout en les gardant bien sagement captifs devant la machine à pognon d'Amazon.
Créée
le 25 avr. 2026
Critique lue 13 fois
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48 critiques
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