Pre-project of the best fuckin TV there is avec un focus beaucoup plus micro et terre à terre sur le sale du sale : la drogue et ses effets sur un quartier pauvre de Baltimore. Sur ceux qui la prennent, sur ceux qui la vendent, sur ceux qui la vendent et la prennent au fond tous en dépendent (cc. Kery James). On quitte rarement Fayette & McHenry, tout se passe quasiment dans les mêmes rues peuplées par un ramassis de truands de la galère aux abcès et lymphomes à vomir, aux regards dans le vague, à la langue fleurie prêts à se faire les pires crasses cause ain't no rules to this game any more. On les aime, on les prend en pitié : on nous donne à les comprendre surtout. Politiquement nuancé, critiqué par les wingcucks de droite et de gauche : boy must be doing something right. Hallu de la part d'HBO d'avoir produit un truc comme ça démontrant une fois de plus à quel point ils sont vraiment au-dessus. Important et inspirant.
Il y a des défauts : la main a tendance à être un peu lourde sur la métaphore (les bulbes qu'on plante en hiver pour qu'ils poussent en été, le panier de crabes par exemple), Gary a l'air un peu mythifié en eternal good guy, mais c'est un premier jet pour le duo de créateurs et c'est quasi un double 6 d'office. Car la puissance vient surtout du fait que c'est une histoire vraie et le dernier épisode, conclu par l'interview des vrais survivants de cette sale et salement banale affaire est d'une puissance comme j'ai quasiment jamais vu à la téloche.
Sur la forme, c'est surtout le montage visuel et sonore et le casting qui sont exceptionnels. La narration progresse de manière fluide dans un univers qui fait réel avec ses sirènes, ces "Spiders & Black Tops" qui fusent constamment. Réalisme renforcé par un recours à des acteurs non professionnels au milieu du cast de the Wire dont on retrouve pas mal de têtes. Hâte de voir la suite de l'oeuvre de ces gadjos.