Greatest TV there is. Troisième rewatch et c'est toujours aussi brillant. Comme une immense fresque ou chaque détail est décrit avec un souci du réel constant, et participe d'un propos d'ensemble puissant et incroyablement nuancé.
C'est le quotidien des flics et des dealos de West Baltimore, des juges et des avocats, des profs et des élèves, des journalistes et des junkies. Chacun parle sa langue et celle-ci est capitale dans le rendu du réalisme, des obscénités lyriques des flics mêlées à leur police lingo, au double langage des politiques tout en sous-entendus plus ou moins appuyés, et bien sûr à la langue riche du hood, tellement belle, musicale et singulière. Toutes ces langues, on finit par les parler avec eux et plus d'une fois des phrases restent dans la tête et dans le corps : que celui qui n'a jamais imité Avon Barksdale devant son miroir me jette la première pierre. Bien écrit mais jamais trop, les dialogues tout comme les scènes. Les coïncidences lorsqu'elles arrivent, ne sont pas la flemmardise d'un scénariste de TV mais paraissent le fruit du hasard, de la vie elle-même.
Chaque personnage peint une touche du tableau mais pour quelle vue d'ensemble? Celle d'une ville condamnée à rejouer sans fin la comédie des flics qui chassent les truands, la tragédie des vrais affreux qui s'en sortent toujours et le cirque des promotions qui lui donne son sens individualiste. Baltimore condamnée mais avec elle une bonne partie de l'Amérique, de l'Occident, du monde qui rejoue la même farce du pouvoir et des biftons. Tragédies vieille comme le monde, les couronnes changent juste de tête. Tellement macro que ça n'épargne personne, pas de raisons ni de torts, pas de doigts pointés mais simplement la mise à nu d'un système qui tourne à l'envers. 5 saisons avec un scope large mais un focus particulier.
1. The Game/The Wire
2. The Supply/The Docks
3. The Politics/The Project
4. The Kids/The Schools
5. The Cover/The Media
Derrière ce diamant, David Simon & Ed Burns, un journaliste et un flic qui, dans le décor de leur ville qu'ils connaissent jusqu'à sa dernière allée sombre, font évoluer des personnages qu'ils connaissent réellement et les font rejouer des histoires vraies et raconter des anecdotes véridiques. Un cinéma minimaliste sur les effets de caméra, de lumière, de direction ou de manche en général. La musique n'existe qu'au générique, au end of season montage ou bien dans un speaker présent dans la scène. Les flics avancent dans un flot d'information et non avec des indices à la Experts Miami, on construit des personnages avec leurs expressions, leurs motivations, leurs faiblesses et BAM! on leur met une balle dans la tronche sans sourciller et sans gratos à la Game of Thrones. Game be the game is all.
Pour conclure, je pourrais lister tous les acteurs et les personnages qui sont comme des copains mantenant, mais je vais me contenter des meilleures quotes qui démarrent chaque épisode à lire et relire, à voir et revoir. Quand est-ce qu'on refera de la télé comme ça ptn..
"World going one way, people another" - Malik "Poot" Carr
"I love the first day, everybody all friendly and shit" - Namond Bryce
"Deserve got nuthin' to do wit it" - Felicia "Snoop" Pearson
"How come they don't fly away?" - Chester "Ziggy" Sobotka
"Come at the king? Best not miss" - Omar Little
"It's a thin line 'tween heaven and here" - Reginald "Bubbles" Cousins
"The king stay the king" - D’Angelo Barksdale
"They used to make steel there no?" - Spiros Vondopoulos
"No one wins. One side just loses more slowly" - Roland Pryzbylewski
"They’re dead where it doesn’t count" - Michael Fletcher
"Why you gotta go and fuck with the program" - Fruit
"There you went and gave a fuck when it weren't your turn to give a fuck" - Jimmy McNulty
"A little slow, a little late" - Avon Barksdale
"Maybe we won" - Thomas "Herc" Hauk
"This is me yo, right here" - Justin Wallace
"If I hear music I'm gonna dance" - Kima Greggs
"Shiiiiiiiiiit" - Clay Davis