Après la sitcom au café, au pub, au commissariat ou à la ferme, voici la sitcom dans l’au-delà. The Good Place démarre avec un concept à la fois simple et fort : une jeune femme se réveille au paradis, alors que tous les voyants sont au rouge pour elle. Ce qui surprend avec la série, c’est avant tout l’ingéniosité de son scénario. Oubliez tout de suite la perspective d’un sympathique mais pantouflard Friends meet God ! The Good Place ne tombe jamais dans le travers de ces œuvres qui partent sur un postulat audacieux pour l’abandonner en cours de route faute de savoir quoi en faire (un exemple récent de ce type d’aveu d’échec se trouve dans Living With Myself, dont je me demande encore si les scénaristes n’ont pas tout simplement oublié qu’il y avait d’une histoire de clonage dans le lot).
La proposition de départ est explorée dans ses moindres recoins, et parvient constamment à se renouveler grâce à des situations bien amenées et des retournements de situation savoureux. L’intelligence de la narration permet ainsi à la série de nous faire ressentir ses implications philosophiques fortes sans jamais forcer sur les dialogues (ce qui en soi tient du miracle quand on sait que de nombreuses scènes racontent justement un cours de philo !). Sans perdre de leur humour, les scénaristes abordent des sujets comme la difficulté à s’améliorer avec plus de profondeur qu’on pourrait le croire.
Les trois premières saisons sont de grandes réussites en cela. Malheureusement je dois reconnaître une légère baisse de qualité dans la dernière. La faute à mon avis à un certain manque d’inspiration sur la trame principale.
Le but est de montrer que d'autres humains peuvent s'améliorer, mais bon, Simone a toujours été présentée comme n'ayant aucun défauts, à tel point qu'on est obligé d'avoir un dialogue pour nous expliquer qu'en fait elle juge trop les autres (ce qui est tout l'inverse de ce que je vantais dans le scénario de la série). Autre souci, le personnage de Tahani, qui insiste elle même sur le fait qu'elle ne sert à rien dans cette saison...
L’autre souci est dû à la volonté, pourtant louable, de donner une conclusion à la série. Néanmoins, on sent que les showrunners ont si peur de faire la saison de trop que cela les poussent à une certaine précipitation, là où quelques épisodes de plus n’auraient pas nui à l’intrigue.
En UN SEUL épisode, nos compagnons arrivent au paradis, se rendent compte qu'il y a un problème grave, et le résolvent...
Malgré cela, je n’ai pu m’empêcher de ressentir un pincement au cœur à la fin de l’ultime épisode, au moment de dire au revoir à ces personnages. La marque d’une série réussie !