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No brain, no pain
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le 2 févr. 2011
Au début, j’y croyais.
Vraiment.
Une apocalypse zombie ?
La fin du monde ?
La guerre civile instantanée.
La violence partout.
Chaque famille prête à égorger le voisin pour un pot de Nutella périmé.
Et c’était crédible.
Parce qu’on est devenus mous. Des nounours géants. Des bisounours sous anxiolytiques. Des gens incapables de supporter une file d’attente sans faire un burn-out émotionnel.
Alors oui : 98 % de l’humanité se ferait bouffer par des zombies qui marchent à 3 km/h.
Et pire encore : on inventerait probablement une association pour défendre cette minorité opprimée.
Zombies Sans Frontières.
Droits du Mort-Vivant.
Avec un hashtag.
Et puis il y a eu le COVID.
Et là, révélation inverse.
Violente.
Définitive.
En fait, on est tous des nazis en puissance.
Pas des monstres hystériques.
Des petits fonctionnaires du bien.
Des collabos sanitaires souriants.
En cas d’apocalypse zombie aujourd’hui, ce ne serait pas Mad Max.
Ce serait un fascisme sécuritaire et médicalisé.
Quarantaine extrême.
Suspicion permanente.
Exécutions préventives “pour le bien commun”.
Déshumanisation totale des infectés — puis des “suspects”.
Chaîne de commandement verticale.
Débat supprimé.
Obéissance immédiate.
Culte de la discipline.
Applaudissements à 20h.
Ce qui a frappé en 2020, ce n’est pas la brutalité de l’État.
C’est la docilité massive.
Pas besoin de chars.
Pas besoin de police omniprésente.
Les gens se surveillent eux-mêmes.
Dénoncent moralement les déviants.
Intériorisent le discours sanitaire.
Transforment la norme en vertu.
La pandémie a montré une vérité glaçante : la contrainte la plus efficace est celle que les individus désirent.
Petit rappel historique, au passage.
La peste noire :
30 à 50 % de mortalité.
Aucune compréhension des microbes.
États faibles.
Techniques dérisoires.
Et pourtant ?
Pas de chaos permanent.
Pas d’effondrement total.
Oui, il y a des violences.
Oui, des abandons.
Oui, des pogroms.
Mais la norme, c’est autre chose :
la poursuite des rites,
l’adaptation,
la reconstitution rapide d’un ordre social,
la recherche de sens — religieux, moral, communautaire.
Même dans l’horreur, l’homme veut de l’ordre.
Aujourd’hui, un pouvoir dispose de :
drones,
reconnaissance faciale,
traçage numérique,
algorithmes prédictifs,
contrôle des flux,
communication instantanée,
récit permanent.
Le chaos n’est plus seulement indésirable.
Il est gérable.
Segmentable.
Étouffable.
Même un État affaibli peut isoler, couper, identifier, moraliser, punir.
Sans brutalité visible.
Avec des slogans rassurants.
Et c’est là que The Walking Dead se trompe lourdement.
Le fantasme du chaos post-apo, c’est une illusion libérale inversée :
soit l’individu libre sans État,
soit l’État absent et la jungle.
Mais historiquement, sociologiquement, ce n’est pas ce qui arrive.
S’il y avait une apocalypse zombie aujourd’hui, il y aurait certes :
des violences,
des bavures,
des injustices monstrueuses.
Mais surtout :
un ordre sanitaire implacable,
une sélection brutale des vies “utiles”,
une moralisation totale de l’obéissance,
une criminalisation de la dissidence.
Pas Mad Max.
Pas des cow-boys post-apo.
Un Léviathan médicalisé, bardé de drones, de capteurs et de bons sentiments.
Et ça, bizarrement, The Walking Dead n’a jamais osé le raconter.
Créée
le 18 janv. 2026
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