David Simon frappe encore avec une nouvelle fresque maîtrisée de bout en bout.
Cette fois, c'est la Nouvelle-Orléans qui se reconstruit comme elle peut après l'ouragan Katrina. Et on suit tout le monde, les flics, les cuisiniers, les avocats, les bailleurs, les addicts et avant tout cette fois-ci : les musiciens. David Simon s'est fait kiffer et a invité ses groupes et artistes de jazz, blues, country, cajun bayou, second lines, modern jazz cats et tant d'autres que je ne connais pas à jouer pour lui et son cast. C'est non seulement un vrai kiff d'assister à un live de 2 minutes au milieu d'un épisode d'une série mais ça sert la mission d'ensemble de la série qui, à mon sens, est parfaitement accomplie : faire tomber amoureux le spectateur de cette ville si particulière.
Il y a quelques défauts : parfois les dialogues sont un peu forcés notamment pour dishdropper des plats de la cuisine sudiste ou namedropper des légendes du jazz mais je m'en fous ça donne faim et envie de se cultiver. On pourrait critiquer enfin l'absence d'une vraie intrigue avec du suspense mais ça ne fait que rendre la série encore plus impressionnante : j'aurais honnêtement pu regarder 25 saisons de plus, tellement c'est délicieux et, maintenant que c'est terminé, j'ai l'impression d'avoir perdu un ami. Si le destin de la galaxie n'est clairement pas en jeu, chacun des personnages suit un arc intéressant à sa manière et on a un grand plaisir à regarder leurs trames s'emmêler dans les dernières saisons. On rit, on pleure, on se scandalise et on a surtout envie de foutre ses affaires dans un étui à guitare et de partir fêter Mardi Gras au bord du Mississippi.
Le Simoncast est bien représenté, comme toujours avec Khandi Alexander de The Corner, Wendell Pierce (Bunk) de The Wire et Clarke Peters (Lester Freamon) d'all of the above. On y rajoute de supers trouvailles, Kim Dickens (House of Cards), Steve Zahn (Dallas Buyers Club et Scooby Doo), Michiel Huisman (l'aîné de Hill House), David Morse (The Green Mile) et l'incroyable Melissa Leo que je vais suivre. Et enfin comme d'hab des acteurs non-professionnels, la violoniste Lucia Micarelli (Annie T) et la super Desiree, nouvelle meuf d'Antoine Batiste.
C'est fin, ça donne faim et c'est fini. Où s'arrêtera-t-il?