Illustration Cinéphile (2016)

Les meilleurs films de 2016 selon Toshirō

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par Toshirō est une réponse au sondage Les meilleurs films de 2016
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    Bande-annonce

    Mademoiselle (2016)

    Ah-ga-ssi

    2 h 24 min. Sortie : . Drame, thriller, romance et Érotique.

    Film de Park Chan-wook avec Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo

    Merci pour ce moment, M'sieur Park.

    Enfin j'aime vraiment un de vos film. Sur la base d'une narration et d'un montage aussi trompeur que le dernier Tarantino, le mec pousse le bouchon de la tromperie encore plus loin tout n'étant jamais artificiel et "petit malin" mais plutôt ludique et en totale empathie et "épousaille de point de vue" de ses deux superbes héroïnes bien servies par deux très convaincantes actrices à l'image d'un casting formidable.

    Park se révèle aussi un bien meilleur filmeur que le cinéaste américain. Non mais regardez moi cette mise en scène, pleine de sens, super fluide et élégante, toute en courbes sensuelles, dotée d'une photo magnifique et rarement dans l'effet pour l'effet (contrairement à ce que disent certains amateurs de cinéma bavard et mou de la caméra).

    Et, last but not least, Mademoiselle m’apparaît un peu comme l'antidote au Love de Gaspard Noé. Sur la base d'intentions semblables (filmer l'amour physique sans presque rien cacher), le Monsieur met en boîte ses scènes de sexe sans presque jamais tomber dans un voyeurisme de type "macho-porno" (même pas porno chic à mon sens) ou dans un étirement temporel devenant gênant - ça c'est pour La vie d'Adèle - , mais de façon relativement naturelle.

    Ou de moins d'une façon qui me semble parfaitement "s’emboîter" dans le reste du métrage comme un de ses composant organique, et dans la continuité du reste de la passion aimantant les deux personnages (à un ou deux plans près...). Soit une part à part entière de leur relation et non le but scabreux d'un film prétexte à pirater Cannes de l'intérieur avec le consentement hypocrite de sa faune faussement choquée.

    Bref, avec Kubo, La Tortue Rouge et Homeland, Irak année zéro (d'une toute autre façon dans ce dernier cas), c'est là un des rares films de 2016 à vraiment m'atteindre sur le plan émotionnel.
  • 2
    Bande-annonce

    The Revenant (2015)

    2 h 36 min. Sortie : . Aventure, drame et fantastique.

    Film de Alejandro González Inárritu avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Will Poulter

  • 3
    Bande-annonce

    Homeland, Irak année zéro : Partie 1 - Avant la chute (2016)

    Homeland (Iraq Year Zero)

    2 h 40 min. Sortie : . Guerre et historique.

    Documentaire de Abbas Fahdel

    La vie des mort-vivants

    C'est quoi l'Irak, à nos yeux d'occidentaux intoxiqués depuis près de quinze ans par toujours les mêmes médias ? Une suite d'images abstraites (de "jolies" lumières vertes dans le ciel de Bagdad), des villes de westerns poussiéreuses (dans le ciné US comme dans les reportages européens), des explosions, de la fumée noire, des foules qui crient leur colère face à l'injustice qui les frappe dans un arabe rarement sous-titrés et, bien sûr, des terroristes sans visages en veux-tu-en voilà (dans à peu près tous les médias).

    Autrement dit : un continium d'images finissant par semer dans notre cervelle l'idée que l'Irak serait l'incarnation du chaos moyen-oriental. Un chaos auquel on ne pourrait rien (trop complexe, trop culpabilisant, trop désespérant...), et que l'on regarderait donc de loin, plus ou moins affecté ou indifférent.

    Aussi manquait t-il jusqu'ici une pelletée de chose fondamentales à cette vision du pays meurtri. Quoi ? Rien de moins que tout ce qui fait un peuple : des visages, beaucoup de visages, divers et variés, de tout âge, confession ou origine sociale ; et des paroles, traduites pour que nous comprenions enfin leur sens, et ce qu'elles portent, c'est-à-dire des histoires, chacune d'entre elles composant une tesselle de la grande mosaïque qu'est l'histoire collective de tous.

    Bref, c'est là tout ce que redonne ici Abbas Fahdel à l'Irak : l'image oubliée par tous qui fait d'elle un peuple se regardant et se racontant lui-même. Et un peuple qui, lucide, n'a pas besoin des analyses de nos expert en géopolitique pour dresser le tableau d'une faillite : celle de la "reconstruction" de leur pays et son apprentissage de la démocratie par un Uncle Sam aussi ouvert vis-à-vis de ceux qu'il libère que des martiens ayant peur de chopper un virus à leur contact.

    "Chômage", "pillards", bavures, amateurisme,.., les mots sont dits ou on les met sur les images et récits que l'on nous fait. Ce sont les maux qui empêche le pays de se relever, et parmi eux surtout celui-ci : colère.

    Enfin bref, si la règle du jeu veut que l'Histoire soit écrite par les vainqueurs, elle n'est vraiment juste et complète que lorsque qu'elle intègre à son récit la voix de ses victimes. Ce qui fait de ce film un très précieux document historique en plus d'une illustration du concept d'André Bazin sur le cinéma comme "embaumement" des morts.

    ci-joint, un entretien avec le réalisateur : http://www.critikat.com/actualite-cine/ent
  • 4
    Bande-annonce

    Homeland, Irak année zéro : Partie 2 - Après la bataille (2016)

    2 h 54 min. Sortie : . Guerre et historique.

    Documentaire de Abbas Fahdel

  • 5
    Bande-annonce

    Tu ne tueras point (2016)

    Hacksaw Ridge

    2 h 19 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et guerre.

    Film de Mel Gibson avec Andrew Garfield, Teresa Palmer, Sam Worthington

  • 6
    Bande-annonce

    The Nice Guys (2016)

    1 h 56 min. Sortie : . Action, comédie, policier et thriller.

    Film de Shane Black avec Russell Crowe, Ryan Gosling, Angourie Rice


  • 7
    Bande-annonce

    Kubo et l'Armure magique (2016)

    Kubo and the Two Strings

    1 h 41 min. Sortie : . Animation, action, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Travis Knight avec Art Parkinson, Matthew McConaughey, Charlize Theron

    La lune lui est tombée sur la tête (mini-titre pour une micro-critique brute)

    Ce film est magnifique sur tous les plans !!!

    Au niveau esthétique et émotionnel d'abord, bien évidemment, les deux étant ici très étroitement liés - non mais regardez moi ce visage de la mère de Kubo, le plus beau visage d'un film d'animation que je connaisse, parce que sans presque pas bouger, il bouleverse, parqu'il a une âme, j'en suis sûr, chacune de ses micro-expressions le crient.

    Mais ce n'est pas tout : l'âme de Kubo est aussi dans son récit initiatique. Celui habituel, mais ici foutrement incarné, puissant et dénué de quelque trace de mièvrerie que ce soit, du dur arrachement à l'enfance, de l'aventure sur les terres sombres à la frontière de la vie et de la mort, de la réformation de soi-même durant la traversée du "royaume des Mères" et, enfin, du retour dans la société avec "l’élixir" qui la fera revivre.

    Autrement dit : Kubo et jungien et campbellien jusqu'au bout des ongles. Nouvelle preuve, après Coraline (pour le coup extrèmement jungien), que les Studios Laika, après la retraite de Miyazaki, sont peut-être les derniers dans le cinéma d'animation à mériter le titre de grands conteurs, au sens le plus traditionnel, le plus précieux aussi. Celui qui fait les grand auteurs ayant une pleine et entière conscience de ce qu'est un récit de type mythologique, et de ce qu'il représente sur le plan de la psychologie, ce qu'il dit de nous tous au plus profond de chacun.

    Ce qui m'amène au propos du film sur l'importance des histoires, leur mise en scène et leur transmission. Raconter, c'est transmettre, faire le lien par delà la mort et le temps. Raconter, c'est vaincre la mort... en l'acceptant et en contant son histoire de génération en génération. Bref, la mise en abyme (du conte, de son animation et aussi du monomythe) n'est pas qu'un clin d’œil - ça c'est pour la scène dans le ventre de la baleine, qui serait mal placée dans l'économie du récit si elle avait ici la fonction qu'on lui connait -, c'est, encore une fois, le propos.

    Et si en plus, on nous raconte ça dans un univers transpirant le plus profond amour pour la culture japonaise (de Hokusai à Gosha ou encore Misumi) et, au delà, asiatique - quelque chose me dit que Travis Knight aime Zu : les guerriers de la montagne magique -, alors là, ça finit de m'achever.

    En bref : un petit bijoux extrêmement précieux.
  • 8
    Bande-annonce

    The Strangers (2016)

    Goksung

    2 h 36 min. Sortie : . Thriller, drame, Épouvante-horreur et fantastique.

    Film de Na Hong-jin avec Kwak Do-won, Hwang Jung-min, Jun Kunimura

    A revoir pour mieux l'assimiler. Au premier visionnage, ce film n'a eu de cesse de me déstabiliser, prenant un malin plaisir à ne se laisser enfermer dans aucun genre ou registre, et bien plus que ne le fait d'habitude le ciné coréen.
  • 9
    Bande-annonce

    Premier contact (2016)

    Arrival

    1 h 56 min. Sortie : . Science-fiction, drame et thriller.

    Film de Denis Villeneuve avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker

    Craindre le pire ou espérer le meilleurs ?, voilà en somme le grand dilemme qui se pose dans le film à notre espèce dans son rapport au temps. Autant dire que Denis Villeneuve n'a pas peur de passer pour un naïf en opposant si frontalement pessimisme et optimisme.

    Cependant, là où cette ambition suintant le bon sentiment ne serait effectivement qu'un humanisme de façade façon caricature de Spielberg chez n'importe qui d'autre, la chose me paraît bénéficier de la plus grande sincérité de la part d'un cinéaste dont l'oeuvre a pour cœur une certaine conscience de la capacité de l'Homme à s'infliger les pires souffrances.

    Aussi l'aspect "géopolitique" du film ne me paraît-il pas si caricatural qu'on ne le dit (en plus d'être d'actualité). Simplement, Denis Villeneuve reprend et met à jour le message que Robert Wise adressait à l'humanité avec Le jour où la Terre s’arrêta. Et ce, sans s'excuser par une quelconque autodérision de s'adresser ainsi a l'humanité tout entière.

    Aussi, pour rendre la chose plus accessible, rien de telle que d'en passer par l'individu comme reflet du collectif. Parce qu'en rester au "message" à échelle collective serait particulièrement indigeste, le film le dilue et l'amène à notre conscience par le biais affectif.

    Le personnage d'Amy Adams assurant cette médiation, il nous amène progressivement, à mesure que des images d'un autre temps l'envahissent et les affects liés à elles la font basculer de la raison à l'instinct, à baisser notre garde, et à accepter ce qu'on nous propose. De la froideur et de la science du détail des premières rencontres aux envolés plus sentimentales, le film change de destination en cours de route, transmutant (au moins en partie) quelque chose qui a tous les airs du gros pensum philosophicothéoricomachinchose en quelque d'un peu plus digeste, parce que raconté d'une façon rendant le truc assez aimable.

    Les meilleurs mélos sont ceux des cinéastes les plus sobres dans leurs effets, ces derniers étant ici plutôt bien dosés. De quoi accepter le mindfuck, les rustines scénaristique, le gimmicks malickien mal digéré, et se laisser emporter, d'abord par cette fascination fort bien retranscrite de la rencontre avec l'Autre, et ensuite par le propos développé autour du langage comme pierre angulaire de notre rapport a tout ce qui nous entoure tout au long de notre vie.
  • 10
    Bande-annonce

    Midnight Special (2016)

    1 h 51 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Jeff Nichols avec Michael Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst

  • 11
    Bande-annonce

    Le Garçon et la Bête (2015)

    Bakemono no Ko

    1 h 58 min. Sortie : . Aventure et animation.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda avec Kumiko Asô, Lily Franky, Suzu Hirose

    D'un côté, Hosoda, pousse le stakhanovisme de ses petites mains le plus loin possible afin de repousser les limites du photoréalisme de ses décors jusqu'aux détails les plus minuscules. De l'autre, en terme de pur character design, il poursuit une ligne beaucoup plus traditionnelle, clairement redevable du manga.

    En résulte un grand contraste entre la tendance à la "3D-isation" d'une mise en scène puisant dans le cinéma live (cf. les déformations de l'image et les effets de flous simulant les effets des différentes focales) et l'irréductible "platitude" des personnages.

    En somme, on a là la sempiternelle opposition entre tradition et modernité : d'une part le monde des bêtes, très dessiné et fantasmatique ; d'autre part celui, moderne, du Tokyo le plus contemporain où Hosoda n'hésite par à user de l'imagerie numérique (pas toujours pour le meilleurs d'ailleurs).

    Dans la même logique de contraste, le film se balance aussi entre la réjouissante légèreté d'un humour à la limite du cartoon (les personnages encore une fois) et une vision du processus de passage à l'âge adulte assez mature, adultes et bien loin d'un quelconque angélisme.

    C'est donc un exercice d'équilibrisme que ce film là. Et il faut louer le formidable travail d'écriture des deux personnage principaux, leur touchante relation - clairement le meilleurs élément du film - étant le ciment garantissant la cohérence de l'ensemble. Ce qui fait tout tenir, y compris les contraires les plus inaccordables a priori.

    Ajoutez à cela un Kumatetsu dont le caractère bien trempé ne manque par de rappeler le grand Toshirô Mifune, un regard tout à fait pertinent sur ce qui peut mener de jeunes gens à se retourner contre la société qui les aura vu grandir - ou comment taper dans le zeitgeist -, la limpidité et la finesse de l'écriture, ou encore tout simplement cette impression de dynamisme qui se dégage de la mise en scène, et j'ai tôt fait de pardonner certains dialogues surexplicatifs qui mériteraient d'être sabrés, ou quelques fautes de goûts disséminées ici et là.

    En bref : du très bon boulot. Disney a beau être en forme en ce moment, la firme aux grandes oreilles et encore loin des anime japonais. Et puis merci pour les insultes. Ça fait plaisir de voir une telle spontanéité langagière dans un film d'animation (en partie) destiné aux enfants. Ce genre d'hypocrisie n'a plus lieu d'être aujourd'hui.


  • 12
    Bande-annonce

    La Tortue rouge (2016)

    1 h 20 min. Sortie : . Aventure.

    Long-métrage d'animation de Michael Dudok de Wit avec Emmanuel Garijo, Tom Hudson, Baptiste Goy

  • 13
    Bande-annonce

    The Neon Demon (2016)

    1 h 58 min. Sortie : . Thriller, drame et Épouvante-horreur.

    Film de Nicolas Winding Refn avec Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote

  • 14
    Bande-annonce

    The Witch (2016)

    The VVitch: A New-England Folktale

    1 h 32 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Robert Eggers avec Anya Taylor-Joy, Ralph Ineson, Kate Dickie

    At evil's gate, the free state : or how I learn to stop worrying about my soul and love my body

    Affaire Eggers à suivre de près. Le Monsieur maîtrise parfaitement son cadre, sait mettre en place une ambiance pesante qui, alliée à cette idée de la déliquescence d'une famille sombrant dans la folie, rappelle Shining.

    La radiographie du puritanisme américain à l'époque de son apogée est exemplaire dans ce qu'elle dit sans aucun didactisme, seulement par une mécanique infernale à l'issue fatale et une utilisation de l'espace scénique ainsi que de la symbolique (notamment des bois = inconscient d'où remonte tout ce qui est réprimé par ailleurs).

    Le discours sur l'émancipation, la sortie de ce système de pensé ayant d'emblée condamnée la vie pour placer l'espoir dans la seule mort (sensée délivrer) se révèle même très pertinent en ce sens qu'il tient là le nœud central du fanatisme : cette façon de vider la vie de tout espoir pour le reporter dans un au-delà appeler de ses vœux, quitte à vouloir souhaiter la mort (pour un exemple contemporain, cf. les attentats suicide de DAESH).

    Et puis quelle dernière image !
  • 15
    Bande-annonce

    Rogue One : A Star Wars Story (2016)

    2 h 13 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Gareth Edwards avec Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn

  • 16
    Bande-annonce

    Batman v Superman : L'Aube de la Justice (2016)

    Batman v Superman: Dawn of Justice

    2 h 33 min. Sortie : . Action, aventure, fantastique et science-fiction.

    Film de Zack Snyder avec Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams

    Rhôôô. Il a osé mettre se film ici. Quel manque de goût, oh la la.
  • 17
    Bande-annonce

    Comancheria (2016)

    Hell or High Water

    1 h 42 min. Sortie : . Policier et drame.

    Film de David Mackenzie avec Jeff Bridges, Ben Foster, Chris Pine

    Pour mettre en scène le deuxième volet, après Sicario, de sa trilogie sur, je cite, "l'exploration de la nouvelle Frontière américaine" (comprendre : les nouveaux défis du pays), le scénariste Taylor Sheridan, dernière incarnation en date d'un cinéma plus-ricain-que-ça-tu-meurt profondément enraciné dans la culture de son pays, a donc choisi le britannique David Mackenzie après le canadien Denis Villeneuve. Intéressante cette idée de faire appel à des étrangers, comme s'il s'agissait de prendre un certain recul sur des scripts du cru.

    Résultat ? Mackenzie n'est pas Villeneuve mais ne démérite pas. En témoigne la très belle fluidité de ses mouvements d'appareils lors des premiers longs plans du prologue. Ce mec sait aussi bien filmer une voiture filant dans les rues déserte d'une poussiéreuse et miséreuse ville du Texas que les conversations de deux d'ex-cow boys (souvent dans le même cadre) devenus les grands perdants du rêve américains post-2008.

    Et la mythologie alors ? Et ben elle est plutôt bien digérée, aussi bien par le réal qui se souvient des ciels fordien autant que de la dureté du western façon Anthony Mann, que par Sheridan. La plume du Monsieur est toujours aussi agile, dans les dialogues "philosophes", dans l'écriture des personnages ou encore dans la façon dont leurs backstories refont surface au cours d'un récit qui sait toujours où il en est et où il va sans que le spectateur ne l'anticipe trop. De la même façon, ses références sont très bien diluées. Aucune ne nous saute à la gueule (ce qui risquerait de nous sortir du film), mais elles sont là et le nourrissent, depuis Raisins de la colère (Ben Foster en Tom Joad foutraque ?) à Un Monde parfait (Bridges dans le rôle d'Eastwood) en passant par Bonnie & Clyde (braquer les banques pour venger les victimes de la crise), Seuls sont les indomptés (le final de Foster) ou encore Le Canardeur (l'humanisme et l'humour doux-amer) ou encore Sugarland Express (l'auto-justice des masses).

    En bref : une belle histoire qui regarde droit dans les yeux une certaine Amérique (et ce n'est pas beau à voir,comme dans le ciné des 70's mais sans tomber dans le film doudou), des personnages en or pour Chris Pine, Ben Foster et, surtout, Jeff Bridges, une mise en scène qui s'adapte parfaitement à son sujet et avec autant de maîtrise que de discrétion, et enfin un auteur-scénariste-pur-sang-texan qui poursuit son petit bonhomme de chemin dans les pas de Malick, Eastwood et Cimino.
    Vivement Wind River...
  • 18
    Bande-annonce

    Ave, César ! (2016)

    Hail, Caesar!

    1 h 46 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Ethan Coen et Joel Coen avec Josh Brolin, George Clooney, Alden Ehrenreich

    Un film qui a plus de fond qu'il n'y paraît aux yeux qui restent en surface.

    Et aussi quelques scènes aussi inutiles narrativement parlant que extrêmement plaisantes parce que justement gratuites et transpirant l'amour des genres abordés. Mention spéciale à la celle de comédie musicale ou du cow boy tuant le temps en jouant avec son lasso. Juste pour le plaisir de rendre hommage au geste de l'artiste que l'industrie oublie à force d'en faire un produit commercial.
  • 19
    Bande-annonce

    Don't Breathe - La Maison des ténèbres (2016)

    Don't Breathe

    1 h 28 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Fede Alvarez avec Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette

  • 20
    Bande-annonce

    Green Room (2016)

    1 h 35 min. Sortie : . Thriller et action.

    Film de Jeremy Saulnier avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Alia Shawkat

  • 21
    Bande-annonce

    La Loi de la jungle (2016)

    1 h 39 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Antonin Peretjatko avec Vincent Macaigne, Vimala Pons, Pascal Légitimus

    Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!! Voilà qui fait du bien ! Quel soulagement. Enfin une comédie française réellement drôle - comprendre : qui n'est le véhicule d'aucun humoriste étirant jusqu'à l'ennui un de ses sketchs -, dénué de moralisme - comprendre : qui ne tient pas un discours faussement bien-pensant et réellement hypocrite - et, surtout, absolument hilarante de bout en bout.

    Parce qu'il fait feu de tout bois, recours à tous les registres humouristiques, saute à pieds joints sur chaque occasion de produit un gag, Antonin Peretjatko produit un film qui explose dans tous les sens, fondamentalement anarchiste, même et surtout vis-à-vis des normes cinématographiques. Et ça fait un bien fou !

    Ajoutez à cela un Vincent Macaigne en mode Pierre Richard revue et corrigé dans le contexte de morosité actuelle, une Vimala Pons qui, loin d'être embarrassée par son physique de rêve, en fait au contraire l'un des ses nombreux atouts comiques, ou encore une vision de la France aussi juste que féroce, et l'on obtient une comédie française comme je n'en avais pas vu depuis..., depuis..., depuis quand déjà ? Je ne sais même plus, c'est dire l'état de délabrement du cinéma populaire français - il n'y a qu'à voir les champions français de 2016 en terme d'entrées...

    Mais c'est sans doute le cinéaste qui résume le mieux ce que lui réussit et que tous les autres ont oublié (en plus d'être tout simplement drôle) : "Je considère les gags comme un moyen d’amener une réflexion sur la société actuelle. Une comédie qui ne fait pas ça, c’est un peu comme un drame qui ne raconte rien de particulier."
  • 22
    Bande-annonce

    The Age of Shadows (2016)

    Miljung

    2 h 19 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Kim Jee-woon avec Song Kang-ho, Gong Yoo, Han Ji-min

    De ce que je connais de Kim Jee-woon, The Age of Shadows me parait être un de ses meilleurs. Les excès de sadismes de J'ai rencontré le diable sont ici canalisés dans une ou deux scènes de torture qui n'en font pas trop. On ne rigole peut-être pas comme devant le très fun Le bon, la brute et le cinglé, mais l'histoire racontée - la lutte entre une cellule de la résistance coréenne et les forces d'occupation/collaboration nipo-coréennes durant la WWII - ne s'y prête pas non plus. Ce qui a l'avantage de nous éviter les excès de coolitude un peu vide de A bittersweet life.

    Plus encore que ce dernier, The Age of Shadows m’impressionne surtout par le talent avec lequel Kim Jee-woon filme et monte ses scènes d'action. Non seulement leur lisibilité est toujours parfaite - chose rare aujourd'hui - mais elles trouvent un excellent point équilibre entre chorégraphie des mouvements de caméra et brutalité de certains effets graphiques et/ou de mise en scène. C'est bien simple, Kim Jee-woon me semble être le premier réalisateur à avoir su digérer les expérimentations formelles de Michael Mann en terme d'action. Je pense à ces plus ou moins courts plans volés au cœur de l'action par une mini-caméra en courte focale tenues à la main au plus prés des acteurs que Mann "inventait" à partir de Ali et auxquels recourt ici régulièrement Kim. L'effet de réel s'en trouve fortement renforcé et parfaitement intégré à un découpage exemplaire.

    Le déroulé de l'histoire prenant des tours un peu complexe (qui est dans quel camp ? qui se venge de qui ?), j'étais parfois à la limite de m'y perdre (manque d'attention de ma part ou de clarté du scénario, je ne sais pas) Pour autant, sur une durée un peu trop longue, l'histoire est prenante, bien grise, la tension (cf. scène du train) et sa sensation d'oppression (cf. ces décors et ambiances urbaines de nuit, sans jamais aucun horizon dégagé) sont maîtrisées et le casting est impec, Song Kang-ho en tête.

    Vraiment dommage que ce film ne soit pas sorti en salles en France.
  • 23
    Bande-annonce

    Nocturama (2016)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame et policier.

    Film de Bertrand Bonello avec Finnegan Oldfield, Vincent Rottiers, Hamza Meziani

  • 24
    Bande-annonce

    Seoul Station (2016)

    Seoulyeok

    1 h 32 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Long-métrage d'animation de Yeon Sang-ho avec Ryoo Seung-ryong, Shim Eun-kyung et Lee Joon

    Ce qu'il perd en mise en scène virtuose et pure tension en passant du live à une animation moins..., disons moins animée, Yeon Sang-ho le gagne en charge politique.

    D'une grande virulence, et encore une fois dans la droite lignée des fables anti-capitalistes de George A. Romero, Seoul Station fait le portrait d'une Corée du Sud où les invisibles, les oubliés, bref, le rebut de la société (un vieillard abandonné pour patient 0, des SDF, une prostituée...), à force d'indifférence et de mépris, fini par se transformer en une masse de zombie enragés.

    Face à l'épidémie qui se répand à partir d'un îlots de laissés pour compte, les branches "saines" de la société, elles, s'enfoncent encore d'avantage dans leurs travers : les vieux réflexes dictatoriaux et/ou l'incompétence de l'Etat refont surface tandis que, sans être encore zombifiés, certains hommes se révèlent de véritables loups pour les autres hommes, et surtout femmes.

    Au milieu du carnage, une innocente prostituée survit comme elle peu... jusqu'à retrouver son cher papa - bip zone spoiler -, en fait son maque qui a péter un câble et va lui faire passer un sale quart d'heure. Mais fort heureusement ce sera réciproque. Décidément, tout est pourris au royaume des loups et des zombies.

    Et Yeon Sang-ho, un peu comme Bong Joo-ho avec The Host, d'achever là la genèse du monstre sociale qui fera l'attraction de son Dernier train pour Busan : à la fois une véritable créature de Frankenstein issue des pires maux de la société coréenne - des maux biens réels ceux là - et leur miroir réfléchissant.
  • 25
    Bande-annonce

    Dernier train pour Busan (2016)

    Busanhaeng

    1 h 58 min. Sortie : . Action, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Yeon Sang-ho avec Gong Yoo, Jung Yu-mi, Ma Dong-seok

    La suite de Seoul Station, un peu plus mainstream et caricaturale mais aussi plus accès sur le spectacle. Et quel spectacle !
  • 26
    Bande-annonce

    Alliés (2016)

    Allied

    2 h 01 min. Sortie : . Romance, thriller, guerre, action et drame.

    Film de Robert Zemeckis avec Brad Pitt, Marion Cotillard, Lizzy Caplan

    Du cinéma comme on en fait plus, de la tension hitchcocosexuelle à faire craquer le string de Beyoncé, Cocoricotillard qui joue encore - mais fort bien, en tout cas en VF - le glamour français tel que fantasmé par les ricains, et le Badpitounet de ces dames qui parle le québecoais mais irradie toujours autant de charisme - cet acteur vieillit comme un bon vin.

    Tabernacle ! C'est que c'est pas un mauvais Zemeckis du tout, c'te film là. Bon, après, c'est pas pour tout le monde. Mais je préfère de l'anachronisme assumé à du ciné doudou. Et puis, question mise en scène pure, il n'y a pas photo, on a affaire à un grand. Et par les temps qui courent, c'est que ça deviendrait presque rare à Hollywood.
  • 27
    Bande-annonce

    The Assassin (2015)

    Nie Yinniang

    1 h 45 min. Sortie : . Arts martiaux et drame.

    Film de Hou Hsiao-hsien avec Shu Qi, Chang Chen, Nikki Hsieh Hsin-ying

    Visiblement hyper-maitrisé et, effectivement, très beau, mais il faut bien comprendre que la démarche d'Hou Hsia-Hsien est à l'opposé de celles de tous les précédents illustrateurs du genre, que ce soit King Hu, Chang Cheh, Tsui Hark ou encore Ang Lee ou Zhang Yimou.

    Hou Hsiao-Hsien n'a absoluement aucun intérêt pour l'action, ce qui, ici plus que jamais, pose la question du rythme. Les plans durent, travaillent le spectateur au corps en même temps qu'ils l'hypnotise alors que les combats se soldent en trois coups de lame. Sur ce plan là, on est plus dans la préparation et l'ultra-efficacité du ninja que dans les affrontements/envolées épiques du Wu Xia Pian traditionnel. Avec le risque de l'endormissement...

    Bon après, de ce que j'en comprend, le cœur du film n'est pas dans les combats en extérieur mais bien dans les luttes intérieures. Mais ce film, en dépit de sa beauté esthétique à tomber, pose tout de même la question de jusqu'où peut aller un auteur surconscient de ce statut d'auteur (à festival), et de ce que peut supporter le public, aussi ouvert d'esprit soi-ilt vis à vis d'une approche aussi radicael du cinoche que celle de Hou Hsiao-Hsien. Parce que si le mec est fan d'Ozu, son cinéma est loin de transpirer la même simplicité et le même humanisme, la faute à une approche de la contemplation proche de la glaciation.

    A revoir et à méditer...

  • 28
    Bande-annonce

    Les 8 Salopards (2015)

    The Hateful Eight

    2 h 47 min. Sortie : . Thriller et western.

    Film de Quentin Tarantino avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh

    Tarantino est, avec Shane Black et les Coen, un des rares mecs qui me fait supporter/aimer les piailleries. Pour le moment, je ne l'ai vu qu'en VF, qui n'est pas mal. Mais j'attend donc le DVD pour la VO.
    Pour le reste, dans le continuité de Inglorious... et Django..., Tarantino continue à politiser la violence de son ciné, ce qui me plait. Et un grand miam pour la musique de Morricone.
  • 29

    Chère anorexie (2016)

    1 h 26 min. Sortie : 2016.

    Documentaire de Judith du Pasquier

    Plus que recommandable notamment pour les parents et autres proches des malades, histoire qu'on arrête de les regarder comme des extraterrestres. Ce serait déjà ça de moins à supporter pour ces gamins/gamines et autres plus âgés ayant passé ce foutu pacte faustien avec la tés collante Madame Souffrance. Parole de vétéran !

    Un seul regret, sinon : que la documentariste n'ait pas réussi à mettre la main sur un sac d'os masculin. Mais bon, dans leur cas, il y a la honte d'avoir une "maladie de fille" et donc la quasi-impossibilité d'en parler, donc forcément...
  • 30
    Bande-annonce

    Bone Tomahawk (2015)

    2 h 13 min. Sortie : . Western et Épouvante-horreur.

    Film de S. Craig Zahler avec Kurt Russell, Patrick Wilson, Richard Jenkins

    C'est propre dans le sale, c'est carré dans le tordu, c'est sec dans la violence, c'est laconique tout en étant bavard. Bref, un film qui trouve dans son minimalisme le moyen de mettre en valeur toutes ses belles qualités.

    Dialoguiste de talent - on sent le romancier à plein nez - Zahler ne se prend pas la tète mais ce qu'il fait, il le fait bien. Peut-être prend-il un peu trop son temps durant le long voyage jusqu'aux cannibales. Mais l'authenticité des personnages s'en trouve renforcée, tout comme le choc de la violence qui les perce, les éventre et les bouffe tout cru. Piiiiirate !

    Au passage, belle idée que cette troupe d'hommes des cavernes. Le production design les caractérisant est génial, chacune de leurs apparitions tient du pur registre fantastique - il surgissent du hors-champ, comme ça, pouf - et est très soignée dans ses effets - le son notamment -, et, pour finir, ils permettent de réinvestir les codes du western tout en évitant de recourir au méchants indiens et le racisme qui l'accompagne.

    Affaire Zahler à suivre. C'est qu'il m'a mis en appétit le bougre !