Les meilleurs films de 2026 selon takeshi29
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Il faut bien arbitrer, alors jusqu'à 6/10 les films seront là, dans mon Top.
Et par voie de conséquence, en-dessous, ils se retrouveront dans le Flop : https://www.senscritique.com/liste/Mon_Flop_2026/4295830
Mon Top France 2026 : https://www.senscritique.com/top/les_meilleurs_films_francais_de_2026/4318339
Mes films les plus attendus de 2026 : https://www.senscritique.com/top/les_films_les_plus_attendus_de_2026/4157261
NB : Rien de plus subjectif qu'une note, en tout cas dans mon esprit, alors il y aura systématiquement un petit commentaire associé.
Les Échos du passé (2025)
In die Sonne schauen
2 h 34 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Drame
Film de Mascha Schilinski
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'ai mis plus d'un mois à noter ces "Échos du passé", j'ai voulu vérifier si mon ressenti n'était pas dû à quelque chose qui ressemblerait à de l'esbroufe esthétique, au côté objectivement impressionnant, voire monumental de l'objet. Il n'est pas si rare que quelques jours à peine après avoir s'être confronté à ce genre de proposition les frissons se soient totalement dissipés, et qu'on ne comprenne plus vraiment ce qui les a provoqués. Mais là ce n'est pas du tout le cas, je me souviens parfaitement de ces 2h34, du visage de ces femmes, de ces photographies, de ces fantômes, de ces corps abimés, de cette rivière, de cette caméra qui poursuit une enfant, de ces plans qui vous arrêtent comme quelques rares tableaux, de cette souffrance palpable, de cette chronologie qui vous chahute... J'ai pas mal entendu comparer Mascha Schilinski à Michael Haneke, et s'il est indéniable qu'il y a un cousinage, une immense différence est à noter : la cinéaste allemande regarde ses personnages, ces femmes, avec beaucoup d'amour.
Morlaix (2025)
2 h 04 min. Sortie : 15 avril 2026. Drame
Film de Jaime Rosales
takeshi29 a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Jaime aime Morlaix et j'aime Morlaix... (cf critique)
Romería (2025)
1 h 52 min. Sortie : 8 avril 2026 (France). Drame
Film de Carla Simón
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Comme dans ses précédents films, "Été 93" et "Nos soleils", Carla Simón travaille la matière autobiographique avec autant de pudeur que de clairvoyance, son alter ego adolescent se confronte à la douleur sans jamais baisser la tête ni pleurer sur elle-même, la drogue, le sida, la façon dont on a caché les mourants, tout ça est évoqué dans une lumière presque aveuglante. "Romería" c'est donc ça, un film d'une beauté renversante qui charrie des hectolitre de larmes, qui met la bourgeoisie face à un miroir autant qu'un pays tout entier obligé de regarder la défaite après la fête, la mort qui a succédé à la movida tant glorifiée. Le film est multiple, il se permet même de ressusciter des fantômes, il est déchirant autant que stimulant, et l'émotion est venue chez moi certes du fond mais aussi de la forme, avec cette photo qui convoque une nostalgie instantanée, ces archives fictionnelles qui sonnent comme des souvenirs heureux et douloureux.
En résumé "Romería" est un un immense film et une nouvelle preuve de la cécité des jurys cannois.
NB : La nouvelle venue Llúcia Garcia est incroyable, elle est de quasiment tous les plans, joue deux rôles, autre élément très émouvant, qui nécessite une gymnastique de jeu dingue.
EPiC: Elvis Presley in Concert (2025)
1 h 36 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Musique
Documentaire de Baz Luhrmann
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le meilleur film de Baz Luhrmann pourrait bien être celui qui sera de loin le moins vu, en partie parce que sa propension à en rajouter en terme de show est ici comme annihilé par Elvis lui-même, qui a en la matière quelque chose d'inégalable. On pourra d'ailleurs remarquer que les seuls terrains de jeu qui appartiennent en quelque sorte ici au cinéaste australien, générique d'ouverture et de fin, sont là où se niche le mauvais goût, en particulier dans une version "soupe" d'un morceau du King. Le vrai Elvis est tellement plus charismatique, même bouffi, qu'Austin Butler, tellement plus souriant, drôle que le personnage que préfère nous servir la fiction, et ce que fait Luhrmann de cette période Las Vegas est remarquable, son montage a beau être frénétique il laisse vivre la musique, la bête de scène, celui qui s'offre entièrement à un public qui le lui rend bien. "EPiC" fait donc revivre la star (Le terme n'était à l'époque pas galvaudé), l'immense artiste mais aussi l'homme à travers des archives étonnantes, et la restauration effectuée, image et son, donne à l'ensemble quelque chose de quasiment unique dans le documentaire, l'impression de toucher du doigt ce qui aurait été capté hier, et donc de vivre 96 minutes durant dans un monde contemporain à Elvis. Troublant, vraiment très troublant, et délicieux comme le serait l'assouvissement (temporaire) d'un fantasme.
Autofiction (2025)
Amarga Navidad
1 h 51 min. Sortie : 20 mai 2026 (France). Drame
Film de Pedro Almodóvar
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je ne pensais plus dire ça un jour mais j'ai à nouveau été totalement emporté par un film de Pedro Almodóvar. Un film sur le cinéma (Passionnant à voir en miroir de "L’Être aimé" du compatriote mais bien plus jeune Sorogoyen) mais surtout un film sur Almodóvar. Un Almodóvar tellement malin, qui fait son mea culpa en mode « Ben ouais nous les artistes on est des raclures, on vole vos vies et vos âmes », qui dit qu'il est fini, qu'on ne peut être et avoir été, tout en montrant quel génie il est, qui dit qu'il n'est pas dupe du mélo qu'il nous sert mais qui nous le sert quand même au premier degré en le faisant ressembler trait pour trait à ce qu'il a fait selon moi de meilleur, ces films où l'on pleure en regardant des femmes qui pleurent en écoutant "La Llorona". Bref si j'en crois sa moyenne ici-même c'est du cinéma de vieux cinéastes pour vieux spectateurs, les mêmes qui avaient adoré un exercice pas si éloigné, celui de Nanni Moretti dans "Vers un avenir radieux", et donc plus aucun doute j'en fais partie, je suis has been, largué. La preuve : moi aussi là je fais le malin car j'ai croisé deux-trois personnes moins proches de la tombe que moi qui ont adoré cet "Autofiction", son intelligence, sa lucidité, sa beauté esthétique qui se niche jusque dans les motifs des robes, et qui te donne envie de partir à Lanzarote à peine le générique de fin achevé.
En attendant de prendre l'avion direction les Canaries je vais aller voir l'âge moyen du jury cannois, on ne sait jamais la septième tentative sera peut-être la bonne. (En vrai je le vois bien repartir avec un truc du genre prix du scénario, il va faire une de ces tronches le Pedro...)
Collapse (2026)
1 h 19 min. Sortie : 6 mai 2026. Politique, Société
Documentaire de Anat Even
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je suis sorti de là chamboulé, bouleversé par le courage de cette cinéaste, de cette femme, de cet être humain, par son honnêteté morale et intellectuelle, par sa façon d'avouer ce qui ne fait plus recette aujourd'hui, le doute, l'impossibilité d'avoir un avis tranché sur ce qui pourtant l'a touché et la touche encore au premier chef. En dévoilant ses pensées, ses réflexions mais aussi ses échanges avec son ami Ariel Cypel, elle s'expose et ce faisant accouche d'un geste artistique majeur. Assurément l'un des grands documentaires de ces dernières années...
La Vie après Siham (2025)
1 h 20 min. Sortie : 28 janvier 2026. Portrait
Documentaire de Namir Abdel Messeeh
takeshi29 a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Le cinéma peut tout, même ressusciter les gens qu'on aime... (cf critique)
Pillion (2025)
1 h 46 min. Sortie : 4 mars 2026 (France). Drame, Comédie, Romance
Film de Harry Lighton
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Dans cette période de sorties bien morose "Pillion" est le genre de film qui fait du bien, qui donne à voir et ressentir autre chose qu'un robinet d'eau tiède, qui assume son propos sans s'en gargariser, qui montre quelque chose de peu banal en osant plaquer dessus une forme de banalité de l'amour. Un pote m'a dit quelque chose que je trouve extrêmement pertinent, que le récit aurait été encore plus fort si les rôles avaient été inversés, mais ce léger manque d'audace mis à part, "Pillion" nous sort en permanence de la convention, y compris artistique, et rien que pour ça je remercie Harry Lighton, ses deux formidables interprètes, qui prouvent qu'on peut faire du cinéma gay sans que cette inclination sexuelle ne soit jamais le propos.
Marty Supreme (2025)
2 h 29 min. Sortie : 18 février 2026 (France). Drame, Biopic, Sport
Film de Josh Safdie
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ah ben mince j'avais oublié de le noter celui-ci, et pourtant je l'ai beaucoup beaucoup aimé, probablement parce que Josh y a assumé d'être la part exaltée du duo, parce que contrairement à son frère il n'a pas tenté le truc décalé et finalement aussi plat que prétentieux. "Marty Supreme" est donc un train lancé à très très grande vitesse, une sorte de "Raging Bull" où même le mauvais goût aurait droit au chapitre dans une scène de miel qui m'a secoué. Et puis franchement passer 2h30 avec un sale c.. sans jamais avoir envie de quitter la salle, c'est en soi quelque chose de peu commun. Je n'ai volontairement pas fait référence à Timothée Chalamet car c'est selon moi le talon d’Achille du film, non pas parce qu'il joue mal, au contraire il est excellent, mais seulement parce que j'ai constamment eu la sensation de le voir jubiler d'enfin tenir son grand rôle.
Mes amis indésirables - Partie 1 : Dernière diffusion à Moscou (2024)
My Undesirable Friends: Part I - Last Air in Moscow
5 h 24 min. Sortie : 3 avril 2026 (France). Société, Politique
Documentaire de Julia Loktev
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un film comme on dit nécessaire car il documente la résistance en Russie, la difficulté d'être journaliste et opposant sous de tels régimes, les jours où tout a basculé et où nombre de personnes ont dû fuir le pays, mais dont la réussite indéniable se trouve certainement dans la proximité que la réalisatrice Julia Loktev est parvenue à créer avec ces Superwomen. En les filmant au long cours, aussi bien au sein des studios de TV Rain que chez elles, elle nous permet de les connaitre, de nous attacher à elles, et donc d'être tristes de devoir les laisser partir au bout de ces 5h24 intenses. (Pour mieux les retrouver puisque leur exil devrait donner lieu à un autre film.)
La Vénus électrique (2026)
2 h 03 min. Sortie : 12 mai 2026. Comédie romantique
Film de Pierre Salvadori
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Après un passage réussi par le film jeune public Pierre Salvadori revient à la comédie peuplée d'êtres fragiles, et la raison pour laquelle je me sens si bien chez lui m'a cette fois sauté aux yeux et aux oreilles : je m'y sens respecté en tant que spectateur car ce fan absolu de Lubitsch ne se contente pas de quiproquos ou de deux-trois gags faciles, il écrit patiemment des personnages qu'il aime, leur donne de l'épaisseur, de la profondeur, des fêlures, il parle de deuil, d'un « nouvel amour qui n’en efface pas un autre », du sentiment qui modifie le regard, il parle de l'art qui ne se voit pas mais se ressent, des « peintres qui s’appliquent à ne pas s’appliquer. ».
En réalité il nous dit ceci : un cinéaste est un illusionniste, il faut croire aux histoires qu’il nous raconte, du moins s'il prend plaisir à nous les raconter. Charge à lui de nous faire oublier que Gilles Lellouche n'et pas forcément un acteur qu'on aime, qu'on a eu peur au début d'être dans une rencontre entre Jeunet et Klapisch, de nous faire devenir Suzanne, formidable Anaïs Demoustier, incapable de refermer le journal d'Irène. Bref charge à lui de faire de la comédie un genre noble dans un pays où chaque semaine sort un "Cocorico 2", un "Maison de retraite 26" ou un "Chasse gardée 42", oui charge à lui , et des gens comme Amélie Bonnin qui avait fait l'ouverture cannoise l'an dernier avec "Partir un jour", de montrer que le rire n'est pas forcément gras, qu'il ne doit pas être une barrière à la réflexion.
Dao (2025)
3 h 04 min. Sortie : 29 avril 2026. Drame
Film de Alain Gomis
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
« Dao est un mouvement perpétuel et circulaire qui coule en toute chose et unit le monde. »
Cette définition pourrait être celle du cinéma d'Alain Gomis, celle d'un cinéma où le rythme semble être l'élément premier. Son dernier film, objet hybride et indéfinissable, ressemble un peu à une impro de jazz *, qu'on entend d'ailleurs parfois dans la BO, ici le temps n'a pas d'importance, il pourrait se réduire ou se dilater puisqu'on est libre de s'y promener, de l'interrompre, le reprendre. Parfois la liberté au cinéma est un concept fumeux, ici elle est LA trame du film, un principe qui ne se dément jamais jusque dans cette durée qui s'avère selon moi la seule réelle limite du projet.
* Il y a quelques années Gomis avait consacré un doc étourdissant à Thelonious Monk, "Rewind & Play", si vous ne l'avez pas encore vu je ne peux que vous y encourager.
La Gradiva (2026)
2 h 25 min. Sortie : 4 novembre 2026. Comédie dramatique
Film de Marine Atlan
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Possédant deux spécimens d'adolescentes à la maison je regrette souvent de les voir si mal représentées au cinéma, croquées comme des caricatures sur pattes et en tout cas bien loin de la complexité qui habite ces êtres étranges au-delà du téléphone qui semble greffé à leur main et de leur langage plus proche de celui de Jul que de Baudelaire. Ce qu'est parvenue à saisir Marine Atlan est assez saisissant au point qu'on se sent parfois aussi gênés qu'heureux de se glisser dans les conversations, de partager des moments qu'on pourrait croire volés. En tout cas "La Gradiva" possède dès ses premières images la grâce, on comprend immédiatement qu'on a affaire à une cinéaste qui va imposer un point de vue, qui ne va pas faire dans le faux documentaire mais dans le récit qui va oser glorifier la vie sans nous épargner de rencontrer la mort, qui va marier le réalisme au romanesque, nous faire passer par tous les sentiments, bref qui va faire de ces 2h25 quelque chose de très intense, à l'image du jeu d'acteurs à 99% non professionnels. On est souvent déçu par les films qui font le buzz dans les festivals mais celui-ci a mérité tout le bien qu'on en a dit à Cannes et son Grand Prix à la Semaine de la critique.
Silent Friend (2025)
Stille Freundin
2 h 27 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Drame
Film de Ildikó Enyedi
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'attendais ce "Silent Friend" avec grande impatience tant les trois films d'Ildikó Enyedi que j'avais vus ("Mon XXe siècle", "Corps et Âme" et "L'Histoire de ma femme") m'avaient paru stimulants, exigeants sans être élitistes. Et la réalisatrice hongroise nous refait le coup avec ce récit qui réclame au spectateur de lui faire confiance *, de franchir avec lui les portes de la science, de la philosophie, mais aussi du temps car l'ami silencieux, du haut de son âge respectable, a pu observer l'émancipation de Grete en 1908, l'éveil aux passions du jeune Hannes dans les années 70, et est toujours là aujourd'hui pour "converser" avec Tony. Comme toujours chez la cinéaste hongroise le fond très riche va avec une forme qui l'est tout autant, alors elle ne se contente pas d'alterner noir et blanc et couleur, non elle travaille chaque récit dans un format d'image différent, argentique 16 et 35mm, numérique. L'objet est donc d'une beauté saisissante, ce récit parfois onirique sur le sentir et le ressentir, sur la communion du vivant, est accompagné par tout ce que le septième art permet, sans oublier le bonheur d'y retrouver Tony Leung, et le tout donne 2h27 de vrai cinéma.
* Visiblement ce fut le cas des spectateurs du festival où je me trouvais car "Silent Friend" est reparti avec le Prix du public.
Blue Heron (2025)
1 h 30 min. Sortie : 24 juin 2026 (France). Drame
Film de Sophy Romvari
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
La cinéaste canado-hongroise Sophy Romvari a pris son temps pour réaliser son premier long, faisant ses classes avec plusieurs courts, et il semblerait qu'elle ait eu raison à voir la maitrise dont elle fait preuve avec ce "Blue Heron". Film de famille, réflexion presque terre à terre sur la santé mentale, ce film est tout à la fois concret et très décalé, à l'image de ce travail sur la temporalité et la mémoire qui permet sans qu'il s'en rende vraiment compte au spectateur de rejoindre les protagonistes dans leur perte de repères, dans ce monde qu'ils tentent d'attraper alors que celui-ci s'échappe inévitablement. "Blue Heron" n'est certainement pas un objet facile à apprivoiser, pas plus qu'un morceau de Daniel Johnston qui vient vous sécher à la fin, mais rares sont les instants où on a ainsi l'impression de rencontrer une vraie proposition de cinéma, un geste très profond qui donne envie de suivre de très près celle qui l'a effectué.
Hayat (La Vie) (2023)
Hayat
2 h 40 min. Sortie : 15 avril 2026 (France). Drame
Film de Zeki Demirkubuz
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le cinéma turc actuel est logiquement très influencé par celui de Nuri Bilge Ceylan, et l'un des nombreux mérites de ce film de de Zeki Demirkubuz est de s'en dissocier, volontairement ou non. "Hayat" est surprenant à tous les endroits, il s'empare d'un sujet très très commun aujourd'hui mais évite toute facilité, part sur des chemins, au propre comme au figuré, aptes à perdre le spectateur. Cette sensation de perte de repères, y compris dans l'amplitude de la durée, fait un bien fou, je dirais même qu'elle flatte le spectateur dont la réflexion est ici sollicitée.
Une disparition (2026)
Yesterday The Eye Didn't Sleep
1 h 41 min. Drame
Film de Rakan Mayasi
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Pour un premier film cette "Disparition" s'avère très mature dans sa retenue scénaristique et très impressionnante dans sa mise en scène, dans son sens du cadrage qui est parfois allé jusqu'à me rappeler Serguei Paradjanov. La séquence de danse est l'une des choses les plus marquantes que j'aie pu découvrir depuis très longtemps, et je n'ai qu'une hâte : pouvoir la revoir encore et encore.
Plus fort que moi (2025)
I Swear
2 h. Sortie : 1 avril 2026 (France). Comédie dramatique, Biopic
Film de Kirk Jones
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Alors là quelle belle surprise ! J'y suis allé un peu à reculons craignant un truc attendu et bien tire-larmes, et j'en suis ressorti le sourire aux lèvres... et le cœur un peu serré. "Plus fort que moi" c'est vraiment la recette que seuls les rosbifs réussissent ainsi, un mélange quasiment parfait entre humour et émotion, avec certes des passages obligés mais qu'on ne voudrait voir pour rien au monde exclus du cocktail. Trois choses sont pour beaucoup dans cette alchimie : la présence de Robert Aramayo qui réussit l'exploit d'être à fond sans être performatif, les dialogues d'une drôlerie absolue et enfin l'utilisation de l'environnement, les rues, les maisons, par Kirk Jones qui semble dire : « Ok cette histoire aurait pu se passer n'importe où mais non, elle s'est passée ici, dans ces lieux où toute bonne comédie sociale se déroule. ».
Le Mage du Kremlin (2025)
The Wizard Of The Kremlin
2 h 25 min. Sortie : 21 janvier 2026. Drame, Historique, Thriller
Film de Olivier Assayas
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je parlais tout à l'heure à propos de "Nino dans la nuit" d'adaptation ratée à force de rester l’œil à ras de la page, en voici le contre-exemple avec un film qui ose s'éloigner de son matériau d'origine, qui va chercher le romanesque là où Giuliano da Empoli avait selon moi commis un ouvrage très journalistique. Assayas a ça, il passe du geste très intello à du trépidant plus grand public avec une même réussite, et ici tout comme dans "Cuban Network" il cherche l'efficacité, une forme de plaisir assez basique dans le mouvement, le jeu sur la chronologie. Bien entendu il y a le propos politico-historique, passionnant car d'une brûlante actualité, l'explication d'une "méthode" qui a fait des petits tout aussi monstrueux, mais il y a selon moi avant tout un film d'action qui n'a pas besoin de l'agitation pour exister.
NB : J'ai entendu ça et là que le jeu de Paul Dano était plat, monocorde, lisez le roman et vous comprendrez qu'il est juste parfait dans l'incarnation d'un être aussi glaçant que doux dans son éloquence.
Sainte-Marie-aux-Mines (2025)
1 h 26 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Comédie, Policier
Film de Claude Schmitz
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le Belge Claude Schmitz est décidément insaisissable et crée cette fois un duo d'inspecteurs aussi farfelu que celui du "P'tit Quinquin" de Bruno Dumont. Fidèle à Francis Soetens qu'il associe à Rodolphe Burger, moins connu comme acteur que musicien mais absolument formidable, il crée un film irrésistible de drôlerie mais aussi poétique, avec à la clé un message pas désagréable à entendre : un amour de vacances n'a pas d'âge et aller conter fleurette à sa bien-aimée est tellement plus important qu'enquêter sur la disparition d'une bague. En espérant retrouver ces si touchants bras cassés dans de prochaines aventures...
Les Dimanches (2025)
Los domingos
1 h 57 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Drame
Film de Alauda Ruíz de Azúa
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Je dois dire que ce film m'a rassuré car dans une époque où la mesure et le doute semblent des délits il existe encore des Alauda Ruíz de Azúa qui ne ricanent pas avec leurs sujets, qui n'imposent rien aux autres et ne jugent pas leurs personnages, qui montrent qu'à force de vouloir le bien des autres on leur fait du mal. Bref c'est un film qui réfléchit quasiment en direct, ne force jamais le passage mais préfère proposer une réflexion complexe qui ne pourra que se poursuivre après le générique de fin.
Christy and His Brother (2025)
Christy
1 h 35 min. Sortie : 21 janvier 2026 (France). Drame
Film de Brendan Canty
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ce film a selon moi une qualité essentielle : sa sincérité, ou du moins celle qui s'en dégage. Il ne fait jamais semblant d'être autre chose qu'une œuvre s'inscrivant dans l'héritage de Ken Loach ou Mike Leigh. Jamais frimeur Brendan Canty raconte une histoire simple, touchante tout en refusant le misérabilisme et préférant même la lumière au bout du tunnel, une rédemption certes chaotique mais pas forcément vouée à l'échec. Et puis il y a cette impression de vivre réellement dans ce quartier de Cork, avec ses (formidables) acteurs qui n'en sont pas et renforcent ainsi le sentiment d'authenticité, d'être immergé dans un lieu où le collectif a un sens, où la galère semble inexorable mais pas synonyme de malheur. Tiens encore un film où ceux qui aiment quitter la salle à la première ligne du générique de fin rateront quelque chose d'essentiel...
L’Être aimé (2025)
El ser querido
2 h 15 min. Sortie : 16 mai 2026 (France). Drame
Film de Rodrigo Sorogoyen
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le cinéma a ceci de merveilleux qu'il permet d'effacer une expérience pénible en quelques minutes, en un franchissement de porte. C'est ainsi qu'en une scène d'ouverture redoutable Sorogoyen m'a lavé les yeux et le cerveau de ce que venait de me faire subir Asghar Farhadi. Et pourtant le cinéaste espagnol n'est pas le dernier pour en faire des tonnes, lui aussi est adepte d'une certaine démonstration de force. Oui mais voilà chez lui c'est au service d'un propos, sur la société, sur les réalisateurs, les acteurs (Coucou Depardieu dont le sort est réglé en quelques mots) d'un autre temps, sur le cinéma qui contamine la vie et inversement. Le cinéaste espagnol semble avoir appris de son excellente série "Los años nuevos" le sens du mélo, la force des scènes de repas d'où comme chez un Pialat la vérité qui fait mal surgit, et j'ai eu le sentiment de le voir faire sa "Valeur sentimentale" à lui, à la différence près que lui a le sang chaud là où Joachim Trier est un Nordique, un Bergmanien qu'il le veuille ou non.
NB : Je ne suis habituellement pas très client de Javier Bardem mais là je ne serais pas scandalisé s'il repartait avec un prix d'interprétation cannois.
Les Roches rouges (2026)
1 h 31 min. Sortie : 23 septembre 2026. Drame, Romance
Film de Bruno Dumont
takeshi29 a mis 7/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Géo trouve l'amour… (cf critique)
Adieu monde cruel (2026)
1 h 33 min. Sortie : 9 septembre 2026. Drame, Romance
Film de Félix de Givry
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un immense merci à Félix de Givry, qui signe son premier long après avoir joué chez Olivier Assayas et produit ce dernier, pour m'avoir lavé les yeux et le cœur de l'horrible épreuve "Histoires de la nuit". Chez lui la photo est aussi belle qu'intemporelle, son évocation de l'adolescence est profonde et romanesque, son choix de faire appel à Françoise Lebrun pour raconter en voix off l'histoire d'Otto et Léna démontre une approche quasiment littéraire mais jamais prétentieuse du cinéma qui n'est pas sans rappeler Truffaut. Avec des gens comme ça le septième art français a de beaux jours devant lui, loin des grosses productions sans âme et souvent malheureusement sans talent.
NB : J'ai passé la séance à me demander où j'avais vu ce remarquable jeune acteur, pour m'apercevoir finalement qu'il s'agissait de Milo Machado-Graner, le petit Daniel de "Anatomie d'une chute".
Le Dernier Souffle d'un Yakuza (2025)
Housenka
1 h 30 min. Sortie : 27 mai 2026 (France). Animation, Drame
Long-métrage d'animation de Baku Kinoshita
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Étant très critique depuis quelques années envers l'animation japonaise qui semble à bout de souffle et ne plus s'adresser qu'à un public adolescent, j'ai été pour le moins surpris en découvrant ce film qui non seulement repart une bonne trentaine d'années en arrière en terme d'esthétique, tout en usant de la modernité pour des détails précieux, mais surtout va chercher ses inspirations dans ce qui a fait la place à part du cinéma japonais : comment ne pas penser à Ozu dans ces scènes d'intérieur familiales, mais aussi à Kitano qui a redessiné en son temps la vision du yakuza et exploré son intimité. L'importance des feux d'artifice n'est selon moi d'ailleurs pas du tout innocente.
"Le Dernier souffle d'un yakuza" est donc un film très singulier à plus d'un titre, très éloigné de notre culture quand il fait parler une plante mais totalement universel quand il dit que notre ultime souvenir pourrait s'incarner dans un bonheur fugace au son de "Stand by Me"...
La Couleuvre noire (2025)
1 h 25 min. Sortie : 25 mars 2026. Drame
Film de Aurélien Vernhes-Lermusiaux
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'attendais avec une certaine impatience le nouveau bébé d'Aurélien Vernhes-Lermusiaux, Prix Louis-Delluc du meilleur premier film pour le déjà subjuguant “Vers la bataille” en 2021, et je n'ai pas été déçu. Son cinéma est probablement le moins français qui soit, totalement porté sur l'atmosphère, la mise en scène, la beauté presque virginale du plan. C'est donc fatalement très excluant, mais quand on adhère on vit un moment assez dingue dans ces paysages désertiques qu'on croirait ceux d'une autre planète, dans un ce conte ancestral peu bavard.
Nuestra Tierra (2025)
2 h 02 min. Sortie : 1 avril 2026 (France). Historique, Société
Documentaire de Lucrecia Martel
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Contre-exemple parfait de ce que je disais juste avant à propos de "Au-delà de Katmandou", voici le premier long documentaire de Lucrecia Martel, grande cinéaste argentine qui n'oublie jamais pourquoi elle est là, ou plutôt pour qui. Le résultat est un geste politique très pur, qui n'est jamais l'occasion pour la réalisatrice de se faire plaisir. C'est probablement ce qu'on appelle l'intégrité morale.
Promis le ciel (2025)
1 h 33 min. Sortie : 28 janvier 2026. Drame
Film de Erige Sehiri
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Erige Sehiri avait fait naitre des promesses avec son précédent film, "Sous les figues", même si celui-ci pâtissait d'une forme de surplace dans son récit. L'inverse de ce très très beau "Promis le ciel" qui est perpétuellement en mouvement, dans les pas de ces femmes magnifiquement interprétées par Aïssa Maïga, Laetitia Ky et Debora Lobe Naney, impressionnante débutante qui joue presque son propre rôle. Le film évite d'être démonstratif, refuse le misérabilisme alors même qu'il s'intéresse au douloureux sort des immigrés subsahariens en Tunisie. Sujet dont je n'avais jamais entendu parler et qui est ici traité avec intelligence.
Father Mother Sister Brother (2025)
1 h 50 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Comédie dramatique, Sketches
Film de Jim Jarmusch
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Si mes infos sont bonnes ce "Father Mother Sister Brother" a été refusé par le comité de sélection cannois, du moins pour une présence éventuelle en compétition, avant, jolie revanche, de se voir couronné d'un Lion d'or à Venise. Et à vrai dire je n'en serais pas étonné car le film n'était certainement pas assez clinquant, "impressionnant" pour un festival qui veut des paillettes ou des objets qui envoient du lourd en matière de mise en scène, quitte à être quelque peu démonstratifs. Ici c'est d'apparence modeste, un peu fragile même, mais le retour à une forme qu'il affectionnait, celle du film à sketches, réussit selon moi très bien à Jarmusch qui déroule un programme où le faux-semblant est roi, en forme de "Famille je vous hais" tout en prenant soin de clore l'affaire sur une note bien plus tendre et positive.
Si ce que j'ai entendu à la sortie de la séance s'avère représentatif d'une audience plus large ce film déconcertant, malin, au casting royal (Tom Waits est fantastique), qui s'amuse des motifs, de la récurrence à la fois dans le fond et dans la forme, devrait séduire les pro-Jarmusch et laisser plus perplexes les autres.
« Le roi n'est pas mon cousin. »

































