Namir Abdel Messeeh ne pouvait probablement pas rendre plus bel hommage à sa mère Siham que ce documentaire qui refuse de pleurer, ou presque en se cachant, qui montre l'importance mais aussi la complexité du souvenir, le récit familial qui se heurte à des mémoires qui consciemment ou non n'ont que rarement la même version des évènements.
En voulant offrir à Siham une dernière "collaboration" le fils-cinéaste (L'un ne semble pas pouvoir être dissocié de l'autre, ce qui donne des scènes drôlatiques) a dû trier une matière très dense, entre ses propres films, des photos, des correspondances, se créant ainsi une troisième fonction, celle d'enquêteur qui tel un Columbo ne lâchera jamais sa proie, en l'occurrence son père, créant par la même une proximité apparemment assez nouvelle avec celui-ci. Pour mieux s'arrimer au présent, mais aussi préparer le terrain du futur, Namir Abdel Messeeh repart dans son passé, celui de ses parents, il le fait avec malice mais surtout amour, ce qui donne un objet miraculeux parce que d'une sincérité absolue, aussi amusant qu'émouvant.
Le terme "miraculeux" a ici toute sa place car mine de rien un fils a ramené sa mère à la vie, allant dans une scène bouleversante jusqu'à lui donner la possibilité d'en modifier l'issue.