Synthèse miraculeuse
Peu de musiques de films peuvent s'enorgueillir de transcender et de servir à la fois un film de cette manière. Par sa diversité, son électisme mais aussi sa marque de fabrique propre, la musique de Blade Runner est totalement à part. Usage de nappes de synthé, de rythmes blues, souvent calmes, voire extrêmement planants ou au contraire de sonorités dérangeantes et expérimentales et pesantes ; autant de procédés miraculeux.
Coller à l'image
La musique ici sert si bien le cinéma ! Elle parvient à donner des sens nouveaux aux scènes ou au contraire en renforce l'atmosphère. Ainsi les évocations et allusions à la musique classique n'ont rien du hasard dans un film qui est passéiste bien que dans le futur, toujours tourné vers un autrefois qui était beau et lumineux et engoncé dans un futur poisseux et enténébré.De plus, les sonorités orientales viennent nimber de mystères tout le film. Les sonorités sombres et dérangeantes insistent sur ce monde glauque de Blade Runner et totalement artificiel. À cela, il faut ajouter l'émotion, la constante nostalgie, la douceur qui viennent s'inscrire en porte-à-faux par rapport au film, très noir et pessimiste . Je retiens the love theme, sublime, doux, tendre. Je retiens aussi le blues, thème récurrent dans le film et la musique finale, totalement planante. Vangélis, copié depuis, ici, transcende totalement le film. Si bien que la musique est à la fois un écrin magnifique mais dépasse aussi totalement son sujet.