Tel Malick, je m'exclame : " Ah la merveille ! "
A l'issue de l'écoute du très réussi "Sweep me away" (1), une question me taraudait : Fredrika Stahl allait-elle confirmer ? Trois ans plus tard, la réponse est là, éclatante, avec ces dix morceaux. Au Royaume de Suède, il y a dorénavant une nouvelle reine, une reine de la musique mondiale. Et elle trône désormais haut, très haut, aux côtés d'une Kate Bush ou d'une Fiona Apple.
Définitivement décomplexée, débarrassée du label "chanteuse de jazz", Fredrika se permet tout et à l'écoute de ce "Off to dance", on se dit que "Sweep me away" n'était en fait qu'un galop d'essai. Pour son quatrième album, elle a vu les choses en grand, s'entourant du producteur Rob Ellis (Marianne Faithfull, Anna Calvi, PJ Harvey…) et de musiciens pas manchots : Ben Christophers de Bat For Lashes, Tom Havelock de Cold Specks et Adrian Utley de Portishead.
Ballades mélancoliques belles à couper le souffle ( "Willow" : http://youtu.be/qDQxrVhPWOA ou "Midday Moon" ), morceaux de pop guillerette ( "Little Muse" ), instants de bravoure mélodique ( "Glory" ), retour vers ses racines scandinaves ( "Off to dance" : http://youtu.be/A7GsLlsYw7c ), hommages de plus en plus assumés à la papesse Bush ( "Trivial needs" ou le flamboyant "Trip me up" )...
Du haut de ses 28 ans, la parisienne d'adoption passe d'un genre à l'autre avec une facilité déconcertante et pond des morceaux plus excitants les uns que les autres. Comment résister par exemple à la folie de son "We are whole" ?
Arrivé au terme de ce "Off to dance", on a une envie, appuyer sur Repeat encore et encore, en attendant les prochaines aventures de cette jeune fille décidément très très douée.
C'est à Fredrika elle-même que je vais laisser le soin de conclure cette critique car elle résume parfaitement les choses : "J’ai appris à lâcher prise sur ce disque, à être moins dans le contrôle. Longtemps, j’avais été entourée de musiciens de jazz, beaucoup plus âgés que moi, très à cheval sur la technique. Pour paraître crédible à leurs yeux, j’avais beaucoup travaillé ma technique. Cette fois, c’était le contraire, il fallait apprendre à laisser place aux imperfections, à faire les choses en pensant moins, en oubliant un peu la rigueur."
(1) http://www.senscritique.com/album/Sweep_Me_Away/critique/21684641
Et hop, une petite liste pour Fredrika : http://www.senscritique.com/liste/Tu_es_blonde_je_ne_sais_pas_si_tu_as_une_forte_poitrine_sued/231844
http://www.senscritique.com/album/Tributaries/critique/22148155
http://www.senscritique.com/album/A_Fraction_of_You/critique/21694537