Lamb of God, c’est un peu comme cette vieille connaissance qu’on admire pour sa constance, sa rigueur, sa puissance… mais qui, au fil du temps, finit par surprendre un peu moins. Avec Resolution, sorti en 2011, le groupe de Richmond ne déroge pas à sa ligne de conduite. Il continue de dérouler un groove metal ravageur, toujours aussi carré, toujours aussi brutal — mais pas forcément aussi inspiré qu’on aurait pu l’espérer.
Dès les premières secondes de l’intro “Straight for the Sun”, on sent que Lamb of God est en pleine possession de ses moyens. L’ambiance est lourde, oppressante, presque sludge, et donne le ton pour une œuvre qui, à défaut de renouveler le genre, en maîtrise toutes les ficelles.
Les morceaux s’enchaînent avec une précision chirurgicale : “Desolation”, “Ghost Walking”, ou encore “The Undertow” affichent des riffs tranchants, une batterie métronomique (merci Chris Adler) et un Randy Blythe plus abrasif que jamais. À aucun moment on ne doute du savoir-faire du groupe : c’est percutant, c’est solide, c’est professionnel.
Mais derrière cette force brute, une question persiste : où sont les risques ? Si Resolution propose quelques tentatives d’ouverture — comme sur le final “King Me”, enrichi de cordes et d’un chant clair surprenant — ces moments restent anecdotiques à l’échelle de l’album. L’impression générale, c’est celle d’un disque qui tourne un peu en rond, qui ressasse des formules déjà bien rodées sur Sacrament ou Wrath, sans vraiment chercher à se réinventer.
Plusieurs morceaux, pris individuellement, fonctionnent très bien. Mais à l’écoute de l’album dans son ensemble, une certaine linéarité s’installe. Le groove est toujours là, la rage aussi — mais l’album peine à proposer un souffle nouveau.
Pourquoi 7 ? Parce que Resolution reste un album solide. Parce qu’il envoie, parce qu’il tape là où ça fait du bien, parce qu’il est cohérent, bien produit, intense. Mais aussi parce qu’il manque d’audace, d’un grain de folie, d’un tournant inattendu qui aurait pu en faire un disque marquant dans la discographie du groupe.
Ce n’est pas un mauvais album — loin de là — mais ce n’est pas non plus celui qu’on retiendra en priorité quand on évoquera Lamb of God. C’est un album de transition, qui consolide une identité plus qu’il ne la bouscule.
Resolution est un disque pour les fidèles, les amateurs de riffs acérés et de rythmique massive. Il offre ce qu’on attend d’un album de Lamb of God — ni plus, ni moins. À la fois rassurant et frustrant, il témoigne d’un groupe qui sait encore frapper fort, mais dont on espérait peut-être un peu plus de surprise.