- 2 titres alternatifs à cette critique :
- The Slagheap
- Ghazipur
- Contextualisation express :
- J'aime vraiment bien les singles de Blur, mais je trouve leurs albums indigestes.
- Gorillaz m'a toujours ennuyé, et les albums solo de Albarn... "sans commentaire", comme on dit en garde à vue.
- Damon Albarn m'intrigue et me parle depuis qu'il collabore avec des musicien.ne.s malien.ne.s : il a touché directement mon coeur de gauchiste.
- Pour moi son meilleur groupe est The Good, The Bad & The Queen (avis insignifiant mais totalement gratuit, prenez).
À sa sortie, The Mountain m'a à peine plus concaincu que Humanz (j'aime pas), et maladivement je me suis mis à l'écouter en boucle, pour me convaincre qu'il est super parce que au fond c'est la collaboration et valorisation de musicien.ne.s indien.ne.s que je trouve super et louable.
Je ne suis pas d'accord avec les critiques reprochant au groupe de ne pas se renouveler, je trouve au contraire que leur musique réussit à varier agréablement, dans les mélodies comme les orchestrations, grâce surtout à tous les featurings.
- La scène, la scène, la scène :
M'étant ainsi auto-convaincu que l'album est extra, j'ai bondi comme un chaton sur les places pour leur (seule ?) date française.
Et j'ai ressenti le temps nécessaire au lait pour tourner. Un concert comme un film, quand j'aime pas, ça m'est interminable - et ce soir-là, impossible de partir avant la fin tellement y avait de monde.
Damon Albarn, pour commencer, manque d'énergie - euphémisme. Il est incapable d'entraîner le public (le dernier rappeur l'a affiché méchant). Si j'étais mauvaise langue, je dirais même qu'il tirait la gueule, en plus de chanter avec l'élocution et l'approximation rythmique d'une personne beurrée (ou d'une tartine avinée ?).
Avec une setlist best-of qui pulvérise absolument toute possibilité de cohérence de ce projet ! Incompréhensible, pour moi.
Du coup je m'interroge sur la valeur de ses "engagements", à ce chanteur-leader.
Pour l'anecdote, il avait un pin's Che Guevera sur son bob. Eh oui, ce genre de personnes qui dépensent leur argent dans des accessoires inscrits "Fuck le capitalisme" sans voir où se trouve la contradiction. Un engagement de coin de vitrine, quoi.
Et je pense que Damon Albarn, au final, est un narcissiste compulsif, et alors je m'en désintéresse tout à fait.
Compulsif parce qu'il a l'air de passer son temps à jouer de la musique et à sortir des nouveaux morceaux, souvent au détriment de la qualité. Il cumule, cumule... cumule.
Et narcissiste parce que ce concert m'a convaincu que ce qui motive ce monsieur, c'est l'idée du bien que les personnes vont pouvoir penser de lui. Il semble ainsi beaucoup apprécier l'idée que le public le voit comme engagé.
Donc au final je ne comprends pas le pourquoi de cette collaboration avec des musicien.ne.s indien.ne.s.Est-ce que c'est pour investir ce marché ? Ou juste un kiff, une "expérience" qui lui manquait dans sa MONTAGNE (clin d'oeil) de cumuls musicaux ? À l'image de cette pochette à la naïveté confondante, résumant l'Inde à un cliché de carte postale hippie (le point Barjavel ?) de "retour à la nature", niant totalement la population indienne et tous les enjeux vertigineux qui la chahutent depuis des années. Je trouve ça sincèrement dommage, d'autant que ça fait même perdre de sa valeur à mes yeux à l'hommage à l'immensissime Tony Allen.
Alors l'album est charmant, oui, grâce aux feats, mais si ça bide, il l'éclipsera comme The Fall - tout le monde ne peut pas être Jack White, pardon pour le poncif.