(Avertissement : l’avis porte sur les 46 tomes du manga.)


Ushijima est un manga avec lequel j’ai procédé par morceaux. Il faut dire qu’après un démarrage en trombe et glaçant à souhait, la suite des tomes ressemble souvent au même schéma : Ushijima prête de l’argent à une personne et va la presser comme un citron pour que les 50 000 yens de départ deviennent plusieurs centaines de milliers de yens à rembourser. Et si la personne n’y arrive pas, ses proches seront mis à contribution. Tous les moyens sont bons pour se faire rembourser (chantage, assurance et accident derrière…). Et je dois dire qu’après une dizaine de tomes j’avais vraiment le sentiment d’avoir fait le tour et d’être un peu lassé. Or c’est justement après une vingtaine de tomes que le récit décolle.


D’une part les récits gagnent en longueur et profondeur et dévoilent des personnages qui sont autant de pans de la société japonaise (vendeurs de méthodes miracles, esclavagistes, hosts, mari infidèle…) que l’auteur passe à la lame de son scalpel. L’image qui en ressort n’est bien souvent guère joyeuse. Ensuite certaines graines semées dans les chapitres passés germent et à côté du quotidien d’un usurier se joue la gestion des gros soucis, son passé qui se dévoile et le rattrape…


On se retrouve ainsi avec un récit qui entend ne pas prendre explicitement position : oui les usuriers sont des parasites aux yeux de certains mais ils sont souvent le seul recours des personnes qui ne peuvent emprunter nulle part ailleurs. Les taux pratiqués sont élevés mais le risque de ne pas être remboursé aussi. Et la loi n’est pas de leur côté donc il faut savoir mettre la pression pour se faire rembourser et pouvoir ainsi vivre en compagnie des lapins que l’on aime. Ou d’autres êtres humains si ce sont ceux-là que vous appréciez. En somme le métier d’usurier/yamikin se dévoile à nos yeux avec une rare profondeur. Ushijima ou le Shylock des temps modernes ?


La contrepartie est le fait que le manga ne brille pas particulièrement par son esthétique ni par son découpage. Le design des personnages est relativement homogène du début à la fin et il n’y a pas de fulgurances lors des bastons. En somme c’est un manga qui se lit pour son récit davantage que pour son graphisme à tomber par terre. Suffisant pour vous convaincre de faire le pari d’Ushijima et le laisser emprunter un peu de votre temps et argent ?

Anvil
8
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le 15 nov. 2025

Critique lue 60 fois

Anvil

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