Ah lala c'est dommage... Ce film n'est pas réussi. Du tout. Il a des moyens, mais ils sont très mal utilisés. Par où commencer...


Les effets visuels sont brouillons, toutes les scènes sont surdécoupées, ce qui fait que ça donne la nausée. Et il y a quelque chose qui ne fonctionne pas avec la place des visages des protagonistes à l'écran. Les têtes des protagonistes prennent trop de place à l'écran dans trop de scènes. (EDIT : Je crois que ça vient du fait que ç'a été tourné sur iPhone. Hé bien, ça n'en valait pas la peine. C'est une sponso Apple ?)

Pour en revenir au surdécoupage, j'ai vraiment eu des débuts de céphalées pendant le film.


Le réal fait plein d'expérimentations ? Mais c'est pas le moment ! Les tests de montage, ça se fait avant le montage final. C'est pas des choses à partager avec le spectateur. Alors quoi, le réal en a tellement marre qu'il inflige la pénibilité de son boulot aux spectateurs ?


Les gros plans sur les grosses couillasses de l'alpha qui gigotent, on s'en passerait bien. Ça n'ajoute rien à l'histoire. C'est juste lourdingue. "Regardez, on n'est pas conventionnel, les autres films, ils montrent des chattes et des nichons, nous, on montre des bons gros zobards. Merry sausage fest ! Here, have one, on the house !"

On a compris que les zombies sont retournés à l'état sauvage, et que les meutes se sont créées, avec les alphas à leur tête.


Et les protagonistes qui font des choix bêtes, ou qui sont des quilles, ça me fait décrocher. Ça donne envie de passer à autre chose.


Premier gros problème là dessus : l'enfant qui ne sait pas viser avec sa seule arme contre les zombies, et qui sait son inexpérience, part sans prévenir personne, seul en charge d'une malade, sa mère, dans un territoire hostile, dont il est ressorti indemne quelques heures auparavant seulement, de justesse, et avec l'aide de quelqu'un d'autre, et dans lequel il y a les "alphas" très dangereux que personne ne sait neutraliser. Ça, ça s'appelle une mission-suicide. L'enfant, en fait, il voulait que sa mère devienne un zombie, et la suivre dans sa destinée ?


Ensuite, les militaires suédois qui se font dégommer les uns après les autres les bras ballants... Si le réal veut montrer à quel point un groupe de zombies est dangereux, c'est raté. Là, les militaires sont encore montrés comme des idiots totalement incapables de traiter la moindre menace. Ça pue Resident Evil, pas le jeu, les films avec Milla.


Et le militaire qui jette son téléphone, son seul contact avec l'extérieur, dès qu'il n'a plus de batterie, c'est stupide. D'autant plus que même avec des moyens tels qu'ils ont dans le film, ils peuvent le recharger, son téléphone : un aimant, une bobine, quelques fils, un cadre de vélo, ça doit se trouver en ville, même après 28 ans d'infection.


La scène d'introduction installe bien l'atmosphère du film, sauf que c'est pas de l'horreur, c'est du kitsch. Du trop, du trop mal découpé, du convenu, de l'idiot, du kitsch.


Le film souhaite aborder la relation mère-fils, pourquoi pas. C'est une excellente idée. Et d'accomoder ça à la mode zombie, pourquoi pas, ça peut donner des choses intéressantes si ça se trouve. Mais là, non. C'est trop téléporté.


L'enfant qui veut braver les dangers pour aider sa mère et l'amener à un médecin, oui, très bonne idée. Mais pas dans cette sorte de mission-suicide. Dans un contexte moins dangeurex, ou, à la rigueur avec l'aide d'autres adultes, ou d'autres enfants, pourquoi pas, si c'est bien amené. Cela permettrait d'aborder d'autres tropes et faire que le film apporte sa pierre à l'édifice. Mais pas là. Ces dangers que bravent l'enfant sont réduits à néant grâce au deus ex machina, chaque danger qui le guette sont désamorcés par quelqu'un d'autre. C'est bien obligé, car le scénariste a vu trop gros.


Et puis, c'est quoi cette soudaine déclinaison de zombies en catégories : les gros qui fondent des familles, les athlétiques/alphas qui sont à la tête d'une meute ? C'est censé être une caricature de la sursexualisation du physique des humains ? Si c'est le cas, qu'est-ce que ça vient foutre ici ? Les obèses apathiques qui bouffent des vers de terre-spaghettis...

Au contraire, le film eût gagné à être plus subtil. La série de films, avec 28 Jours, 28 Mois, 28 Ans, souhaite montrer les conséquences d'une catastrophe épidémique à ces différentes échelles de temps. Le film a totalement raté l'occasion de créer un vertige temporel et d'utiliser l'horloge évolutive pour ce faire.


D'ailleurs, le campement de survivants, il a l'air plutôt léché pour des survivants. Ça reste gentillet. Ce sont des survivants en vacances. On a plus affaire à des juillettistes musicophiles qu'à une communauté surprotectrice de gens qui ont véritablement souffert pendant 28 ans. Là dessus, le film est très mal calibré.

Et la cheffe du groupe qui n'a aucun charisme, elle a l'air d'être à côté de ses pompes.


Si des thèmes actuels sont abordés dans le film ils le sont de façon au mieux maladroite, et je reste poli.


Abordons le divorce total du film avec son univers. À la fin de 28 Mois, on devine que le virus est arrivé en France. Et si la France est infectée, il y a de grandes chances pour que le virus n'en soit pas resté là.

Mais dans 28 Ans, non, il n'en est rien. Seule l'Angleterre est infectée, et elle est délaissée, sans l'aide de quiconque.

Ou alors, le réal et le scénariste vont nous sortir une raison du chapeau pour tout expliquer, comme un retour progressif à la civilisation malgré la maladie sur le continent, et les timides efforts à se reconstruire en société. 28 ans me semblent court pour arriver à ça, vu l'infection et son evolution.

En tout cas, ce coin du scénario n'est pas clair, et a plus l'air d'une rustine que d'une véritable exploration de l'univers développé dans la trilogie.


Ensuite, la scène finale des Télétubbies-Goldorak qui massacrent les zombies, c'est nul. Ça augure mal de la suite. Parce qu'il y aura une suite, et ça pue le nanar à mille kilomètres.

Dans 28 Jours, le policier, tout bardé d'armure qu'il est, se fait infecter parce qu'une seule goutte de sang d'un cadavre de piaf tombe dans son liquide lacrymal. C'est à ce point que le virus est dangereux. Mais là, non, les zigotos s'aspergent de sang infecté dans la plus grande joie. Alors, le virus a perdu en infectivité avec le temps ? Peut-être. Mais pour tous les variants ? En tout cas cette perte de dangerosité s'inscrit dans la baisse générale de qualité de la trilogie.

Surtout, ce déguisement pour ce groupe de combattants, se déguiser en les personnages d'une série télé qu'ils regardaient pendant que leurs parents se faisaient massacrer, bouffer vifs, non. C'est le mauvais goût qui veut se faire cool. C'est kitsch.


Et la musique est inadaptée, mal amenée.


Le personnage du docteur est intéressant.

Sauf que... franchement, du mercurochrome pour tenir éloigné le virus ??? C'est tout ? Il fallait le dire plus tôt. Stupides chercheurs en biologie.


Sinon, le personnage du médecin est intéressant. Il ne peut plus soigner les humains dans ce contexte de pandémie ultraagressive, alors il soigne ce qu'il peut et crée un mémorial à tous les hommes, femmes et enfants qui sont morts. Et le charisme de Ralph Fiennes est tout approprié.

Mais, alors, le médecin est trop sain d'esprit vu les circonstances. Faire un médecin fou en apparence mais sain dans le fond, ç'aurait été un lieu ultracommun vu des milliers de fois. Mais, ç'aurait plus collé à l'histoire.


Mais, pourquoi ils n'en profitent pas pour terminer l'alpha tant qu'ils peuvent ? Et le médecin qui prétend protéger la vie, mais, il ne protège pas la vie des victimes de l'alpha, et personne ne lui oppose ces évidences.


La mère est malade d'un cancer métastasé, avec tous les symptômes qui vont avec. Bon, de ce côté, c'est fidèle à la maladie autant que j'en sache, rien ne m'a choqué. Le moment de lucidité de la mère qui la fait sauver son fils qui s'est endormi pendant qu'il faisait le guet, ça montre qu'elle est une mère bienveillante, jusque dans la maladie, qui a gardé son instinct maternel protecteur. Ça rejoint le deus ex machina de tout à l'heure. Mais, cette relation mère-fils, entre Spike et sa mère, n'est pas normale, elle n'a aucun nuage, aucun trouble, c'est juste une relation fantasmée. C'est pas comme ça dans la réalité. Résultat, quand la mère décède, on ne ressent strictement rien, aucune tristesse. Parce que cette relation est parfaite, inhumaine de perfection. Maman aime fiston, fiston aime maman, et puis c'est tout.

On eût gagné en attachement en montrant une mère faible, humainement faible, pas juste affaiblie par la maladie qui, du reste, n'est pas de son ressort.


Au final, les personnages sont édulcorés et conventionnels.


Aussi, un autre sujet, l'esthétique des jeux vidéos est utilisée à plusieurs reprises : la scène du prêtre bouffé vif, les stop-motions sur les headshot à l'arc, toute l'esthétique du docteur depuis sa couleur de skin orange jusqu'à son mausolée en os et crânes.

Il y a du bon et du mauvais dans ces choix. Ces esthétiques, je les ai vues à plusieurs reprises, et elles sont juste appliquées sur le film. C'est peu d'effort.

Créer des nouvelles esthétiques, de type jeu vidéo, oui. Ou alors développer des esthétiques jeu vidéo existantes et leur attribuer un sens pertinent dans ce contexte, oui aussi. Mais là, c'est trop superficiel.


Au final, il y avait de bons matériaux pour le scénario, mais ils ont été gâché. Pour forcer des thématiques au forceps. Et le visuel aurait pu être vraiment beaucoup mieux. Les lieux qu'ils ont utilisés dans le film auraient pu être mis bien plus en avant. Un meilleur équilibre entre montrer des personnages et leur environnement. Et arrêter ces putains de surdécoupes de merde. J'en ai encore des flashbacks.

JulienFerte
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