1 coma et 3 canettes de Pepsi plus tard

Avis sur 28 jours plus tard

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Souvent, lorsqu’un film écope d’une note moyenne (5 ou 6), c’est justement parce que l’adjectif « moyen » est le terme qui le qualifie le mieux. Rien de remarquable, mais rien de catastrophique non plus ; une œuvre lambda, pas désagréable à voir mais que l’on oublie aussi sec. Ce n’est toutefois pas le cas de 28 jours plus tard, qui cumule à la fois de vraies bonnes idées et des défauts difficilement pardonnables.

Lorgnant délibérément du côté des traditionnels films de zombies, sans totalement en être un, 28 jours plus tard réussit au moins à ne pas se vautrer dans l’écueil du thriller épileptique (chose que fera World War Z, par exemple) et à installer une atmosphère bien à lui, tout d’abandon vêtue.
La chose n’était pourtant pas acquise étant donné la belle collection d’artifices dont Danny Boyle nous accable pour tenter de nous faire peur : silhouettes floues passant vivement devant la caméra (une fois ça va, après ça devient plus agaçant qu’autre chose), plans rapprochés confus et saccadés durant les scènes d’affrontement, geysers de sang, usage répété du « jump scare »… Les grosses ficelles du métier y passent presque toutes, à croire que Boyle a réalisé son film avec « L’épouvante pour les Nuls » posé sur ses genoux.

Quand bien même, la sauce prend aisément, notamment grâce à Cillian Murphy qui s’il n’est pas un de mes acteurs favoris reste très bon dans le rôle de Jim, le protagoniste. Hébété, efflanqué, ses yeux bleus grands ouverts sur un monde qu’il ne reconnaît plus, il est assez touchant de sincérité et offre un vecteur d’identification bienvenu au spectateur. Il est soutenu par une distribution correcte incarnant des personnages allant du stéréotype (le Major et ses soldats) au plus nuancé (ce bon vieux Frank). Ces gens perdus, qui essaient tant bien que mal de recréer ce qui se rapproche le plus d’une famille en ces temps troublés, suscitent un certain attachement.
La musique composée par John Murphy (ne manque plus qu’Eddie et on se fait un grand chelem de Murphies) remplit très bien son office et contribue grandement à l’ambiance amère et mélancolique du long-métrage, alternant violence et plate solitude. La bande-son sait rester tantôt minimaliste, tantôt agressive, toujours relativement originale.
Parmi les bons points qui peuvent relever du détail mais sont tout de même appréciables, 28 jours plus tard est honnête dans sa démarche : il emprunte les codes du film de zombies mais ne prétend jamais en être un, et on notera le respect de la sémantique qui est de rigueur ici ; point de morts-vivants dans les parages, seulement des « contaminés ». On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Oui World War Z, c’est encore à toi que je fais référence.

Au final, les qualités de 28 jours plus tard auraient pu en faire un authentique bon film, au point qu’on lui pardonne quelques facilités telles que la sempiternelle scène de pillage de supermarché, vue et revue depuis Dawn of the Dead jusqu’à Zombieland. Cependant, la fin du long-métrage ternit considérablement l’ensemble, ce qui est vraiment dommage puisque c’est la dernière impression qu’a le spectateur avant de quitter son écran. Dénouement téléphoné et violence gratuite sont au rendez-vous, ainsi qu’une fin alternative dénuée d’intérêt, dont le seul but semble de nous montrer que si les choses avaient été différentes, eh bien ça n’aurait pas été pareil. Merci Captain Obvious.
Pourquoi avoir craqué sur la fin, Boyle & Co ? Il ne manquait pourtant pas grand-chose pour transformer l’essai et nous livrer un classique du genre.

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