Une partition éblouissante, mais un opéra désaccordé !

  • Quand on m'a dit que François Ozon réunissait huit des plus grandes stars féminines françaises pour un huis clos policier teinté de comédie musicale, j'étais curieux. Le résultat, 8 femmes (2002), est un objet filmique unique. C'est un coup de poker formel, mais pour moi, il reste plus une curiosité bien emballée qu'un grand film.

Ce qui fonctionne clairement (Là où je salue le geste)

  • ​La Masterclass d'Actrices : Franchement, la principale attraction, c'est la performance. Voir des monuments comme Deneuve et Huppert, chacune dans son registre, se jeter littéralement l'une sur l'autre, c'est un spectacle en soi. Ozon a su exploiter leurs images publiques et leurs carrières pour en faire un feu d'artifice de divas. J'ai trouvé les joutes verbales particulièrement bien écrites, affûtées et pleines d'humour noir.
  • Une Direction Artistique Démesurée : Visuellement, on est dans l'excès contrôlé. Ce manoir isolé, le choix des couleurs vives et les costumes vintage confèrent au film un style théâtral et artificiel pleinement assumé. C'est un parti pris esthétique fort, un hommage appuyé aux mélodrames hollywoodiens des années 50, et il faut reconnaître que le tableau est réussi.
  • Le Mécanisme Policière : Le socle, qui est l'enquête "Qui a tué Marcel ?", est efficace. L'intrigue se déroule avec les révélations et les trahisons attendues du genre, gardant un bon niveau de suspense tout en jouant sur les clichés du roman policier.

Ce qui m'a laissé sur ma faim (Ce qui me fait rester à 6/10)

  • L'Aspect Comédie Musicale, le Faux Pas : Pour moi, l'intégration des chansons est l'élément le plus problématique. Bien que le concept soit audacieux, ces numéros musicaux ralentissent considérablement le rythme de l'enquête. Ils sont censés servir de monologues intérieurs, mais leur qualité est inégale. Le film perd de sa tension à chaque fois qu'il bascule dans la chanson, me faisant sortir de l'atmosphère.
  • L'Excès de Style au Détriement du Fond : Je suis resté trop souvent extérieur à l'émotion. Ozon est tellement concentré sur l'hommage, la mise en scène stylisée et le jeu avec les actrices que l'histoire elle-même, la profondeur des liens entre ces femmes, passe au second plan. C'est un magnifique exercice de style, mais l'ensemble manque d'une véritable colonne vertébrale émotionnelle.
  • Une Conclusion qui Démontre la Pirouette : Le dénouement, qui se veut ironique et ludique, m'a semblé être une simple pirouette scénaristique. Après toutes les fausses pistes, la résolution est, à mon sens, un peu trop délurée et finit par relativiser toute la tension accumulée. Le côté whodunit s'efface devant le clin d'œil.

En Conclusion

  • ​8 femmes est un film intelligent, visuellement riche et divertissant grâce à ses actrices formidables. C'est une œuvre qui ose mélanger les genres et les tons avec une certaine réussite. Cependant, son aspect comédie musicale non maîtrisé et sa tendance à privilégier l'esthétique sur l'émotion l'empêchent de s'élever au rang de véritable réussite cinématographique.
DirtyVal
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le 6 déc. 2025

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