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Sorte de paradigme du film sur l’émancipation sexuelle à sa sortie, candidat au titre d’empereur du nanar aujourd’hui, Barbarella est paradoxalement un film relativement peu connu dans la sphère de la SF mais particulièrement fameux dans l’univers du film féminin. Pour bien marquer le coup, il a suffi d’y faire jouer Jane Fonda, parmi les plus belles femmes de son époque avec Marilyn Monroe, et de l’y faire forniquer à l’envi avec des extraterrestres à la sexualité débridée ; aux antipodes d’humains ayant abandonné le sexe, en tant qu’activité, disons-le, barbare, remplacé par l‘ingestion de pilules excitantes.
Dans un tel contexte, pourquoi y faire jouer une femme ? Pour proposer un rinçage d’œil en règle à tout le public masculin, alors que l’on aurait pu y faire triompher le « sexe fort » en mettant en valeur ses capacités séductrices en large et en travers d’une planète soumise à la dictature (risible) de la Reine noire ? Que nenni ; Roger Vadim, en « bon » libertin, nous propose une sorte d’éloge d’une liberté sexuelle féminine jusqu’alors condamnée par la bien-pensance et la bienséance d’une société sclérosée par la domination masculine (je vous assure qu’il n’y a là aucun discours féministe).
Profitant d’une atmosphère kitschissime faite de décors en carton, de costumes moches, d’un scénario incohérent au possible, même complètement ridicule (« Je vous ai dépanné ! – Chouette, comment puis-je vous remercier ? – Faisons l’amour ! » Waouh, on croirait un film pornographique), de rebondissements ahurissants de débilité et d’un doublage hilarant, le film s'ancre ainsi dans son époque, et cela semble parfaitement assumé (comparer ces effets spéciaux à ceux de 2001 L’Odyssée de l’espace, sorti la même année, serait faire preuve d’une complète mauvaise foi) ; au-delà de son évident côté nanardesque, le film s’inscrit ainsi parfaitement dans son contexte. C’est peut-être là la raison pour laquelle Barbarella est un film ayant extrêmement mal vieilli, surtout dans son esthétique SF.
Au-delà de cela, le métrage de Vadim se répète et se perd dans son propos, confondant féminisme et libertinage. Au bout de la moitié du film, après quelques quarts d’heures de franche rigolade (et d’un combat méritant d’être culte entre un ange aveugle et des vaisseaux spatiaux), plus rien ne fonctionne et le charme retombe, bien que quelques bonnes idées continuent à ponctuellement faire surface (l’orgasmotron notamment, machine d’exécution délirante). Le fond vert affreux du tout dernier plan est cependant rassurant, au regard de ce nous avons pu voir.
Créée
le 25 sept. 2016
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